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Le 17 août, je ressentis une vive douleur dans la nuque et je dus limiter ma méditation à quinze minutes seulement. Mais la douleur, au lieu de s'atténuer comme je l'espérais, empira. Elle fut à son combe le 19. J'étais incapable de penser, de faire quoi que ce soit, et des amis d'ici me forcèrent à me coucher. J perdis alors presque entièrement conscience, tout en continuant de percevoir ce qui se passait autour de moi. Chaque jour, je revenais à moi vers midi.

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Le premier jour, alors que j'étais dans cet état et toujours conscient de ce qui m'entourait, j'eus une première expérience extraordinaire. Un homme réparait la route : c'était moi ; j'étais aussi la pioche dont il se servait, et même la pierre qu'il concassait faisait partie de moi, tout comme l'herbe tendre qui l'entourait et l'arbre qui se dressait près de lui. J'éprouvais toutes les pensées et les sensations de ce cantonnier, je sentais le vent qui soufflait dans l'arbre, j'étais la petite fourmi sur le brin d'herbe.

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Les oiseaux, la poussière, le bruit même, faisaient partie de moi. A ce moment, une voiture passa non loin ; j'étais le chauffeur, le moteur, les pneus. Lorsque la voiture s'éloigna, je m'éloignai aussi de moi-même. J'étais en toute chose, ou plutôt tout était en moi, objets inanimés, être animés, la montagne et le vermisseau, tout ce qui respirait. Je restai tout le jour dans cet état de bonheur. Je ne pouvais rien avaler, puis, de nouveau, vers 18 heures, je recommençai à perdre mon corps physique et, bien sûr, l'élément physique fit ce qu'il voulait : je n'étais plus qu'à demi conscient...

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Calme, paisible... Je voyais toujours mon corps, je planais et en moi était une paix pareille à celle qui règne au fond d'un lac profond. Mon corps physique me semblait un lac insondable. Et comme le lac, il me semblait que la surface de mon corps physique, avec son esprit et ses émotions, pouvait être agitée, mais que rien, vraiment rien, ne pouvait troubler le calme de mon âme. Les Grands Êtres restèrent près de moi un moment puis ils disparurent.

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Ce que j'avais vu m'avait donné un bonheur sans limites. Plus rien ne serait comme avant. J'avais bu l'eau claire et pure de la source de toute vie et mon âme était apaisée. Jamais plus je n'aurais soif, jamais plus je ne serais dans l'obscurité totale. J'ai vu la Lumière.J'ai touché la compassion qui guérit toute peine et toute souffrance : non pas pour moi, mais pour le monde. Je me suis tenu au sommet de la montagne et j'ai contemplé les Êtres tout-puissants. La source de la vérité m'a été révélée et l'obscurité s'est dissipée. L'amour dans toute sa gloire a enivré mon cœur ; ce cœur ne pourra plus jamais se refermer. J'ai bu à la fontaine de la joie et de la bonté éternelle. Je suis ivre de Dieu...

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"Chacun devrait, au cours de sa vie, se laisser guider par la lumière qui est en lui."

Krishnamurti