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13 août 2013

Il y avait à Alexandrie, une femme nommée Hypatie, fille du philosophe Théon, qui a devancé tous les philosophes de l'époque...

Hypatie d’Alexandrie est une mathématicienne, astronome, et une philosophe grecque.

Son père, Théon d’Alexandrie, dernier directeur du Musée d’Alexandrie, est éditeur et commentateur de textes mathématiques. Il éduque sa fille en l’initiant aux mathématiques et à la philosophie. Elle a peut-être dirigé l’école néo-Platonicienne d’Alexandrie (Source Wikipédia).

 

«IVème siècle après Jésus-Christ. L'Egypte est sous domination romaine. A Alexandrie, la révolte des Chrétiens gronde. Réfugiée dans la grande bibliothèque, désormais menacée par la colère des insurgés, la brillante astronome Hypatie tente de préserver les connaissances accumulées depuis des siècles, avec l'aide de ses disciples. Parmi eux, deux hommes se disputent l'amour d'Hypatie : Oreste et le jeune esclave Davus, déchiré entre ses sentiments et la perspective d'être affranchi s'il accepte de rejoindre les Chrétiens, de plus en plus puissants… »

Agora n’est pas seulement, une leçon de tolérance, il est surtout un avertissement contre le renoncement aux principes de la Raison devant la menace de ceux qui veulent gouverner par la parole de Dieu, la domination, des femmes et la lapidation, quelle que soit leur religion.

 

Agora, est un péplum philosophique hispano maltais, réalisé par Alejandro Amenàbar et sorti en 2009. Il a pour thème le conflit entre science et religion et pour décor l’Alexandrie de l’époque romaine. Le scénario reprend les événements réels de la vie d’Hypatie d’Alexandrie, (philosophe, astronome, mathématicienne), du préfet Oreste et du patriarche Cyrille, tout en relevant de la fiction historique.

                                                                                                

La mort d’Hypatie

 

1885

 

Charles William Mitchell

 

1854-1903

 

 Socrate, lui même, chanta ses louanges :

"Il y avait à Alexandrie, une femme nommée Hypatie, fille du philosophe Théon, qui a si bien mené ses études qu'elle a devancé tous les philosophes de son époque ; elle a entrepris l'étude de la pensée de Platon telle que comprise par Plotin ; et elle pouvait expliquer à n'importe qui voulait l'entendre toute la science de la Philosophie. Ceux qui voulait apprendre la philosophie accouraient de partout dans le monde. A cause de son aplomb et de sa grâce, provenant de son esprit cultivé, elle pouvait se présenter avec sang-froid, devant les principaux citoyens. Elle  n'éprouvait aucune gêne à s'aventurer au milieu des hommes : à cause de sa vertu extraordinaire, tous l'admiraient et l'estimaient encore plus."

 

"Une exécution aussi inhumaine que celle-là couvrit d’infamie non seulement Cyrille, mais toute l’Eglise d’Alexandrie, étant certain qu’il n’y a rien si éloigné de l’esprit du Christianisme que le meurtre et les combats" (Socrate le Scolastique, Histoire ecclésiastique, VII, 15).

   

Hypathie d’Alexandrie : la beauté torturée, l’intelligence assassinée…

Certains être humains ont un destin exemplaire (et parfois tragique) qui les positionne au-delà de la condition humaine. Leurs actions, leur idéaux, leurs prises de position, symbolisent alors la précellence absolue de la pensée sur la lie du quotidien.

La belle Hypathie d’Alexandrie se situe au Panthéon de ces êtres d’exception qui redonnent un peu de fierté à une espèce qui -en quelques décennies- s’obstine à détruire notre planète.

Née en 370 et fille du philosophe et mathématicien Théon d’Alexandrie, Hypathie reçue une éducation brillante dont elle fit le meilleur usage.

Nous signalons immédiatement ici le livre de notre ami Jean-Pierre Luminet :  Le bâton d’Euclide qui décrit avec élégance la vie

d’Hypathie et son funeste trépas.

Il est toujours déroutant, lorsque l’on examine la situation précaire de centaines de millions de femmes vivant continûment sous la contrainte dans notre société dite moderne, de constater que, pendant l’Antiquité et le Moyen-âge, les femmes de l’aristocratie bénéficièrent très souvent d’un accès direct à la culture dans sa définition la plus noble et la plus ambitieuse.

Accès presque illimité par ailleurs, puisque certaines jeunes femmes particulièrement douées purent occuper des postes importants et enseigner des matières réputées difficiles, telles que l’astronomie, les mathématiques ou la philosophie.

Hypathie d’Alexandrie symbolise presque idéalement l’archétype de la femme comblée par les Dieux et dont les capacités intellectuelles peuvent légitimement faire rougir de honte tous les machistes.

Faisant rapidement preuve d’une très grande agilité d’esprit, Hypathie d’Alexandrie combina tout naturellement l’élégance de l’âme et l’élégance physique. Sa beauté subjugua ses contemporains et sa renommée s’accrue au rythme des démonstrations éloquentes de ses capacités à analyser et à enseigner.

Férue de mathématiques et d’astronomie, elle rédigea de nombreux ouvrages avec son père, dont un commentaire relatif à l’Almageste de Ptolémée et une critique des Eléments d’Euclide. Elle focalisa ses recherches sur les travaux d’Appollonius relatifs à la géométrie des sections de cône. Ces études, a priori confidentielles et quelque peu hermétiques, permirent d’importants progrès quant aux définitions des hyperboles, paraboles et ellipses, qui constituent encore le menu favori de nombreux lycéens et étudiants à notre époque.

Mais, indépendamment de ses nombreuses recherches scientifiques, elle se soucia aussi de philosophie et enseigna au Muséum. Elle put ainsi enrichir et commenter les textes de Platon, Héraclite, Plotin ou Aristote.

En 400 elle se retrouva à la tête de la prestigieuse école néoplatonicienne d’Alexandrie, démontrant ainsi l’excellence de ses analyses philosophiques et la finesse de son jugement.

Aucun de ses travaux n’ayant pu nous parvenir en raison de l’incendie de la Bibliothèque d’Alexandrie, nous pouvons toutefois glaner quelques anecdotes et détails éclairant sa vie.

Selon le philosophe Synésios de Cyrène, elle était louée pour sa grâce naturelle, sa disponibilité d’esprit et sa gentillesse. C’est ainsi qu’elle conseilla Synésios dans la construction d’un hydroscope (un instrument ressemblant à une clepsydre mais mesurant le poids de l’eau et non son volume), d’un astrolabe, ou pour l’élaboration de cartes géographiques fiables.

Dans le domaine philosophique, ses qualités pédagogiques et la profondeur de ses synthèses impressionnaient ses élèves. Rappelant régulièrement que l’Amour symbolise toujours notre recherche effrénée de l’archétype du Beau, Hypathie d’Alexandrie demeure très étrangement notre contemporaine, notre amie.

Notre sœur de cœur…

Hélas, sa vie s’acheva tragiquement en 415.

Néoplatonicienne, la fille de Théon était non chrétienne. Bien que ses relations avec les chrétiens d’Alexandrie fussent généralement amicales et sans ambiguïtés, cette particularité posa progressivement problème. Le fait qu’elle soit simultanément universellement appréciée et païenne, irrita profondément certains intégristes locaux qui préfigurèrent sinistrement ainsi les sombres heures de l’Inquisition qui déshonora l’Histoire du Monde à partir du pape Grégoire IX.

Cyrille, patriarche d’Alexandrie, excita la haine de certains de ses moines. Fanatisés, ceux-ci décidèrent de lyncher Hypathie, éradiquant ainsi le capital de sympathie que son enseignement véhiculait.

Après l’odieux massacre, le corps de la malheureuse fut traîné dans la ville et mis en morceaux à l’aide de fragments de tuiles.

La raison invoquée était que l’existence même d’Hypathie, brillante mathématicienne et philosophe enseignant le néoplatonisme,  constituait un réel danger pour le christianisme et un frein notoire à sa diffusion.

On peut aisément imaginer que le fait qu’elle soit une femme, et très belle d’après les échos de ses contemporains, ajouta encore à la haine de ces moines inféodés à des conceptions religieuses étroites et obtuses.

En guise de récompense, Cyrille fut canonisé ; puis promu Docteur de l’Eglise en 1882…

La mort révoltante d’Hypathie généra une kyrielle de séquelles inattendues et très lourdes de conséquences pour l’avenir de la région.

Inquiets après cette tragédie ressemblant étrangement à une exécution en règle, de nombreux mathématiciens et philosophes s’exilèrent et partirent pour la Perse ou pour l’Inde. C’est ainsi qu’Alexandrie cessa rapidement d’être le centre unanimement reconnu de l’enseignement de la Philosophie et de la Science, laissant progressivement la place à des cités et à des civilisations plus accueillantes, plus ouvertes à l’imagination créatrice et à la rigueur intellectuelle.

On peut citer ici les civilisations byzantine, sassanide, indienne ou chinoise.

Inéluctable désormais, le lent déclin de l’Occident s’affirmait un peu plus ainsi et, dans les domaines scientifiques en tout cas, il fallut attendre le début de l’ère industrielle pour assister à la résurrection de l’innovation scientifique et technique.

Indirectement, l’horrible trépas d’Hypathie d’Alexandrie occasionna un bouleversement colossal dont les ondes de choc se firent encore sentir 1000 ans plus tard.

Etrange destinée…

Mais, au-delà de la mathématicienne géniale et de la philosophe païenne, il faut prendre en compte la femme et ses richesses intimes. Cultivée, radieuse et adulée par ses proches, Hypathie demeura un symbole d’humilité et manifesta très tôt son attachement à des valeurs humanistes simples qui trouvent fort peu d’échos chez nos contemporains.

Soucieuse d’un enseignement de qualité et responsable de ses actes comme de ses pensées, elle assuma sa vie de femme, de scientifique et de philosophe, sans jamais souiller son âme au contact impur des compromissions, des faux aveux et des repentirs hypocrites.

Comme l’écrit magnifiquement Charles Marie Lecomte de Lisle dans ses Poèmes antiques lorsqu’il évoque la vie d’Hypathie et son tragique destin :

« Elle seule survit, immuable, éternelle,

La mort peut disperser les univers tremblants,

Mais la beauté flamboie et tout renaît en elle,

Et les mondes encore roulent sous ses pieds blancs ! »

Quelle femme, quel homme aussi par ailleurs, dédaignerait une semblable épitaphe : la mort peut disperser les univers tremblants, mais la beauté flamboie et tout renaît en elle…

Bien au-delà du tombeau, bien au-delà des convenances et bien au-delà des stéréotypes faciles, cette appréciation du poète a valeur d’exemple. Elle confirme définitivement l’exceptionnelle stature de cette femme inspirée qui sut sublimer en elle les plus hautes valeurs morales et culturelles de son époque.

Et qui paya pour ce faire un prix exorbitant. Le prix de la honte.

Mais cette honte qui doit logiquement nous étreindre lorsque l’on songe à ce funeste épisode, se métamorphose lentement et nous conduit à une forme inattendue et radieuse de rédemption.

Hypathie fut injustement tuée. Hypathie fut atrocement mutilée par des hommes qui singeaient alors un combat divin aux motivations obscènes.

Hypathie nous force à réfléchir sur nous-même, car chaque jour qui passe réitère odieusement la sinistre besogne. Toutes les femmes martyrisées et méprisées en 2009 ne sont pas toutes des mathématiciennes.

Elles ne sont pas toutes des philosophes ou des astronomes de talent.

Elles ne ressemblent pas toutes à la sublime Hypathie d’Alexandrie qui conjuguait idéalement beauté, générosité et intelligence.

Mais aujourd’hui elles sont toutes sa sœur cadette.

Et il est vraiment temps que notre honte se transforme enfin en rédemption salvatrice.

Il faut faire vite. Très vite…

Source : oksanaetgil

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Commentaires
B
Une bonne série (même si elle s'éloigne parfois de la réalité d'après les connaisseurs de cette période) que j'ai vu en 2012 : "Inquisitio", <br /> <br /> <br /> <br /> "Inquisitio" raconte la période de l'inquisition en France, au moment du Grand Schisme d'Occident, en 1370, avec deux papes à la tête de l'Eglise catholique qui s'affrontent : Clément VII à Avignon et Urbain VI à Rome. <br /> <br /> <br /> <br /> Le pouvoir politique, l'action militaire, la trahison, l'injustice et la torture sont au coeur de l'histoire. Sur fond de guerre papale, deux hommes s'affrontent lorsque la peste surgit en plein hiver et décime la population de Carpentras. <br /> <br /> <br /> <br /> Le pape d'Avignon persuadé qu'il s'agit d'une punition divine, fait appel à Barnal, le Grand Inquisiteur afin de rassurer la population. <br /> <br /> <br /> <br /> Face à lui, Nicolas, un médecin juif, idéaliste, convaincu que cette maladie peut être combattue et n'a rien de mystique. <br /> <br /> <br /> <br /> Aucun des deux n'a pourtant imaginé le terrible complot fomenté par Rome pour en finir avec Clément VII. <br /> <br /> <br /> <br /> "Inquisitio" est un thriller romanesque où les croyances religieuses rivalisent avec les avidités politiques, dans un Moyen-Age où se joue le destin de deux hommes que tout oppose... <br /> <br /> <br /> <br /> "La série montre Catherine de Sienne à Avignon en 1378, or le pape Grégoire XI est revenu à Rome depuis 1375 (il n’y a alors ni schisme ni plusieurs papes). A la mort de ce dernier, un nouveau pape est élu : Urbain VI. Il est alors très vite contesté par des cardinaux dont une partie se réunie pour en élire un autre : Clément VII. Ceci donne naissance au Grand Schisme de l’Occident qui dure près de 40 ans. Clément VII arrive à Avignon en 1379, alors que Catherine arrive alors à Rome en 1378 (elle était auparavant à Sienne) afin de soutenir le pape Urbain VI".<br /> <br /> <br /> <br /> J'ai vécu longtemps près de Carpentras, et connais ce Palais des papes magnifique, ainsi que le mur de la peste...
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O
PS (oui, encore): Chère Bichau,<br /> <br /> <br /> <br /> merci de m'orienter dans vos arcanes vaticanesques, je ne manquerai pas d'y avoir recours!
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O
Chère Bichau, je crois bien que nos derniers messages se sont croisés en route;<br /> <br /> <br /> <br /> à propos d'Alexandre Borgia, d'après une jolie série télévisée déjà assez ancienne mais qui n'a pas trop vieilli, en bonne parie grâce au charme envoûtant de l'actrice Maureen Kerwin qui incarne sa fille Lucrèce qu'un amour incestueux unit à son frère l'ambitieux César (je crois que cela s'appelle "Les Borgia ou le sang doré", mais je n'en suis plus tout à fait sûr), <br /> <br /> <br /> <br /> ce pape donc était surtout un bon vivant et un luxurieux, assasin à l'occasion comme c'était hélas la coutume à cette époque en Italie comme ailleurs et surtout dès que des intérêts politiques s'en mêlaient -mais cela aussi a-t-il tellement changé...-<br /> <br /> <br /> <br /> Toujours "moins pire" à mon avis, ce pape, drôle de paroissien je vous l'accorde, que des serial killers de sang froid comme le bien nommé Innocent, saint Dominique, saint Louis et bien d'autres, qu'ils fussent convaincus ou non de leur bonne FOI, bref des cons ou des salauds ou les deux en même temps: une telle foule de saints que je préférerais de loin aller un jour aller en enfer plutôt qu'au paradis, où m'attendraient de trop mauvaises fréquentations à mon goût... à commencer, car comme on dit, A TOUT SEIGNEUR TOUT HONNEUR", celle de "Dieu" lui-même, qui comme l'a estimé un internaute je ne sais plus où, a intérêt à se trouver un avocat du talent au moins de Maître Vergès le jour du "Jugement Dernier"!!<br /> <br /> <br /> <br /> Amitiés sataniques!
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O
Pourquoi s'arrêter en si bon chemin de correction et de repentance: lisez "est-il besoin de préciser qu'EN MENTIONNANT le péché, je vise", etc...<br /> <br /> <br /> <br /> (Juste pour une compréhension un peu moins difficile d'un texte aussi obscur que mécréant...)<br /> <br /> <br /> <br /> Dernère touche, allez: "une liste DEJA bien assez longue"... car le jeu de mots "largement assez longue" était aussi involontaire que d'un humour douteux...
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B
Suis-je bête, j'ai trouvé les stupidités de la religion catholique ailleurs, si cela vous intéresse, toutes mes pages qui lui sont consacrées, sont à gauche du blog dans cette catégorie là : "Vatican"... Et il n'y a pas que les Borgias !
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