Le plus beau cadeau qu'on puisse faire à un enfant, c'est de répondre à sa curiosité, lui donner le goût des belles choses.
Ma fille Marie a raconté à ses camarades d'école qu'elle avait deux frères handicapés. Elles n'ont pas voulu la croire. Elles lui ont dit que ce n'était pas vrai, qu'elle se vantait.
On entend certaines mères, devant le berceau de leur enfant dire : " On ne voudrait pas qu'il grandisse, on voudrait qu'il reste toujours comme ça. " Les mères d'enfants handicapés ont beaucoup de chance, elles joueront à la poupée plus longtemps.
Mais un jour, la poupée pèsera trente kilos et elle ne sera pas toujours docile.

Les pères s'intéressent aux enfants quand ils sont plus grands, quand ils sont curieux, quand ils commencent à poser des questions.
J'ai attendu vainement ce moment-là. Il n'y a jamais eu qu'une seule question : " Où on va, Papa ? "
Le plus beau cadeau qu'on puisse faire à un enfant, c'est de répondre à sa curiosité, lui donner le goût des belles choses. Avec Mathieu et Thomas, je n'ai pas eu cette chance.
J'aurais bien aimé être instituteur, apprendre des choses aux enfants sans les ennuyer. j'ai fait pour les enfants des dessins animés que les miens n'ont pas vus, des livres qu'ils n'ont pas lus.
J'aurais aimé qu'ils soient fières de moi. Qu'ils disent à leurs camarades: " Mon père, il est mieux que le tien. "
Si les enfants ont besoin d'être fiers de leur père, peut-être que les pères, pour se rassurer, ont besoin de l'admiration de leurs enfants.
Jean-Louis Fournier ( Où on va papa ? )


