Quelques pensées de Tolstoï.
la vraie vie n'a rien à faire avec le passé ni avec l'avenir ; c'est une vie du moment présent, qui consiste à ce que chacun fasse maintenant ce qui se présente précisément à lui comme devant être fait. Aussi ne faut-il jamais faiblir dans l'accomplissement de la vraie vie. (Les Evangiles.)
Tout ce que nous faisons pour assurer notre existence ressemble absolument à ce que fait l'autruche quand elle s'arrête et cache sa tête pour ne pas voir comment on va la tuer. Nous faisons pis que l'autruche ; pour établir les garanties douteuses (dont nous-même ne profiterons pas) d'une vie incertaine dans un avenir qui est incertain, nous compromettons sûrement une vie certaine, dans le présent qui est certain. L'illusion consiste dans la ferme persuasion que notre existence pourrait être garantie par la lutte avec les autres. Nous sommes tellement habitués à cette chimère des soi-disant garanties de notre existence et de notre propriété que nous ne remarquons pas tout ce que nous perdons pour les établir. Nous perdons tout -toute la vie. Toute la vie est engloutie par le souci des garanties de la vie, par les préparations pour la vie.(Le salut est en vous.)
L'hypocrisie générale a tellement pénétré, corps et âme, toutes les classes de la société, que rien ne peut indigner personne. (Le salut est en vous.)
Plus les hommes croiront qu'il ne dépend que d'eux seuls de modifier leur vie, plus cela deviendra possible. (Le non-agir.)
Par suite de l'ivresse du pouvoir, les hommes qui y sont ont perdu à tel point la notion de ce qui est le christianisme, que tut ce qui s'y trouve de réellement chrétien leur apparaît comme hérétique, tandis que tout ce qui, dans les Saintes Écritures, peut-être dans le sens anti-chrétienanti-chrétien et païen leur apparaît comme le principe même du christianisme. (En quoi consiste ma foi.)
Pour avoir la foi, il ne faut compter sur aucune promesse de récompense. (Ma confession.)
Connaître Dieu, vivre et aimer, c'est la même chose. (Ma confession.)
Dieu, c'est la Vie. Dieu, c'est l'Amour. (Ma confession.)
L'ivresse que ressentent les hommes sous l'influence de ces excitants : revues, promenade militaire, solennités religieuses, couronnements, est un état aigu et provisoire, mais il y a d'autres états d'enivrement chroniques : celui des hommes qui détiennent une parcelle quelconque du pouvoir, depuis le souverain jusqu'au plus humble policier, et celui des hommes qui se soumettent au pouvoir, deviennent abrutis de servilité et qui, pour justifier cet état, attribuent toujours, comme des esclaves, la plus grande importance et la plus haute dignité à ceux auxquels ils obéissent. (En quoi consiste ma foi.)
Pour acquérir le pouvoir et le conserver, il faut aimer le pouvoir. Et l'ambition ne s'accorde pas avec la bonté, mais au contraire, avec l'orgueil, la ruse, la cruauté. (En quoi consiste ma foi.)
Ce ne sont pas les meilleurs, mais les pires qui ont toujours été au pouvoir et qui y sont encore. (En quoi consiste ma foi.)
Pour l'homme qui vit en esprit, il ne saurait y avoir de patrie. Une des premières conditions de bonheur généralement admises par tout le monde est une existence qui ne rompe pas le lien de l'homme avec la nature, c'est-à-dire une vie où l'on jouit du ciel, du soleil, de l'air pur, de la terre couverte de végétaux et peuplée d'animaux. De tout temps les hommes ont considéré comme un grand malheur d'être privés de tout cela. Voyez donc ce qu'est l'existence des hommes qui vivent selon la doctrine du monde. Plus ils ont réussi, suivant cette doctrine, plus ils sont privés de ces conditions de bonheur. Plus leur succès mondain est grand, moins ils jouissent de la lumière du soleil, des champs, des bois, de la vue d'animaux domestiques. Une autre condition indubitable du bonheur, c'est le travail ; premièrement le travail qu'on a librement choisi et qu'on aime, secondement le travail physique qui procure l'appétit et le sommeil tranquille et profond. Ici encore, plus est grande la part de ce prétendu bonheur qui échoit aux hommes du monde, plus ces hommes sont privés de cette condition du bonheur. (En quoi consiste ma foi.)
La troisième condition indubitable du bonheur est la famille. Et bien, plus les hommes sont esclaves des succès mondains et moins ce bonheur est leur partage. (En quoi consiste ma foi.)
La quatrième condition du bonheur, c'est le commerce libre et affectueux avec les hommes dont le monde est rempli. Or, plus on est haut placé sur l'échelle sociale, plus on est privé de cette condition essentielle du bonheur. Plus on monte et plus le cercle des hommes avec lesquels il est permis d'entretenir des relations se resserre et se rétrécit ; plus on monte et plus le niveau social et intellectuel des hommes qui forment ce cercle s'abaisse. (En quoi consiste ma foi.)
Le bonheur, c'est de vivre avec la nature, de la voir, de la sentir, de lui parler. (l'amour du travail et le triomphe du laboureur.)
En matière de sentiment le manque de logique est la meilleure preuve de sincérité. (L'amour du travail et le triomphe du laboureur.)















