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24 août 2010

Amour de l'humanité, compassion, hommes sages...

0at1 " J'ai constaté que toute ma longue vie se divise en quatre périodes : la première, merveilleuse, surtout si on la compare à celle qui devait lui succéder, innocente, joyeuse et poétique période de mon enfance, allant jusqu'à quatorze ans (1828-1842).

" Puis l'horrible deuxième période, s'étendant sur vingt années, de la dépravation la plus grossière, de l'asservissement à l'ambition, à la vanité et, surtout, à la concupiscence (1842-1862) ; ensuite, la troisième période, allant de mon mariage à ce que j'appelle ma naissance spirituelle, période qui, du point de vue du monde, peut-être appelée morale.

" Pendant ces dix-huit ans, j'ai, en effet, vécu une vie régulière, honnête, familiale, exempte de tous les vices qui encourent la réprobation publique. Mais, durant tout ce temps, je ne me préoccupais égoïstement que de ma famille, de l'accroissement de ma fortune, de mes succès littéraires et de divers autres plaisirs et distractions (1872-1880).

" Enfin, vint la quatrième période dans laquelle je vis maintenant, dans laquelle j'espère mourir et et du sein de laquelle je vois toute la signification de ma vie passée... Je voudrais pouvoir raconter l'histoire de ma vie durant ces quatre périodes successives, si Dieu m'en donne les forces et le temps. Je pense qu'une telle biographie, écrite par moi, serait plus utile aux hommes que tout ce bavardage artistique qui remplit les douze volumes de mes oeuvres et auxquels les hommes de notre temps attribuent une signification imméritée. "

Tolstoï (notes autobiographiques, rédigées par Tolstoï en 1903 et envoyées à son fidèle biographe, Paul Birioukov)

La clef de la doctrine de Tolstoï, c'est la parole de saint Matthieu : " il a été dit : oeil pour oeil et dent pour dent, et moi je vous dis de ne point résister au mal qu'on veut vous faire. " Ne pas résister aux méchants, telle est la base de l'enseignement de Jésus, le " centre " de sa doctrine. Tendre l'autre joue, voilà le précepte essentiel, la règle positive prescrite par le Maître.

Après cela, est-il possible de se dire chrétien et d'avoir une police et des prisons ?

Est-il possible de confesser Jésus-Christ et, en même temps, de travailler, selon la formule de Tolstoï, " avec préméditation " à l'organisation de la propreté, des tribunaux, de l'Etat, des armées ? D'organiser en un mot une existence co,traire à la doctrine de Jésus ,

Jésus a dit : " Ne jurez pas ", et Tolstoï, " appuyé sur le texte grec, prouve que cette prohibition ne peut avoir qu'un sens : " N'ayez pas de tribunaux. "

jésus a dit : " Ne tuez pas ", et selon Tolstoï cela ne peut s'entendre que d'une manière : " N'ayez pas d'armée, ne faites point la guerre. "

Jésus a dit : " Ne jurez pas ", et pour Tolstoï cela signifie : " Ne prêtez serment ni aux tribunaux ni au tsar. "...

L'évangile ainsi entendu, est la négation de l'Etat. Tolstoï n'en a cure. Il ne porte guère plus d'intérêt à l'Etat que les vieux croyants russes qui voit dans l'Etat le royaume de l'Enfer.

Tolstoï ne recule devant aucune conséquences de sa doctrine. Pour l'auteur de Ma religion, Eglise, Etat, culture, science, ne sont que des idoles creuses, condamnées par Jésus, par les prophètes et tous les vrais sages, " comme le mal, comme la source de perdition. "

Il veut, lui aussi, détruire cette nouvelle société maudite et renouveler la face de la terre.

Tolstoï, ce n'est guère que l'accent de tendresse de sa charité. Et cet esprit se retrouve chez nombre de ses émules du peuple.

Si les hommes vivaient en frères, ils n'auraient besoin ni de gendarmes, ni de soldats, ni de tribunaux.

Dans sa confiance en la discipline intérieure, Tolstoï ne tolère de contrainte d'aucune sorte. Ce que les croyants n'attendent que de la grâce, il semble l'attendre de la nature, que toute sa doctrine violente.

Comme Rousseau, Tolstoï croit que, pour être heureux, les hommes n'ont qu'à s'émanciper des besoins factices de la civilisation. Ne lui objectez pas le progrès, l'industrie, la science, l'art : autant de grands mots vides.

Il ne puise pas dans les perceptions de son amour-propre, mais dans sa compassion pour la souffrance humaine. Avec nombres de réformateurs populaires, il se persuade que la pauvreté des uns provient de l'opulence des autres ; qu'accorder à ceux-ci le superflu, c'est enlever à ceux-là le nécessaire...

Vladimir Fédorovski ( Le Roman de Tolstoï )

Adepte de la libération des esclavages physiques et mentaux,
végétarien, anarchiste-mystique-chrétien, espérantiste convaincu
sa pensée transpire dans ses livres
qui décrivent l'absurdité de la vie
mais avec une morale personnelle imprégnée d'un profond humanisme.

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