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Répétition générale.

Les témoignages des citoyens désemparés affluent : c’est le chaos. Les gendarmes impuissants et trop peu nombreux conseillent aux habitants de se défendre eux-mêmes. De tirer à vue sur les bandes de pillards qui écument l’île, munis d’armes dérobées aux douanes, de leur lancer des cocktails molotovs à défaut d’autre chose. Saint-Martin s’est enfoncé du jour au lendemain dans une ambiance de guerre civile post-apocalyptique dans laquelle le crime et la violence se déchaînent sans que rien ne puisse venir l’endiguer. Dès que le fouet ne peut plus claquer, la racaille locale sûre de son impunité passe à l’attaque, distillant un cocktail de violence criminelle et de racisme anti-blanc que même les États-Unis ne semblent pas connaître – les pillards s’y contentant de venir en famille avec de grosses voitures rutilantes pour sauver de la tempête baskets, écrans plats et autres produits de première nécessité. L’État a failli à ses missions les plus élémentaires.

Le cyclone était annoncé, on en connaissait la force, contre laquelle on ne pouvait rien, et la trajectoire, dont on ne pouvait écarter tout le monde. Mais on pouvait en anticiper les conséquences tant humaines que matérielles. Les seuls qui l’ont fait semble être quelques commerçants locaux et Air France, en augmentant scandaleusement leurs prix à l’approche de la catastrophe. Là où les compagnies américaines faisaient ce qu’elles pouvaient pour proposer une évacuation à leurs compatriotes, Air France rackettait ignoblement les Français désireux de quitter l’île pour échapper à la destruction et peut-être à la mort. Une belle bande de salopes à la mentalité tristement, trop tristement française, qui a traité la chose comme un réveillon du nouvel an. L’État, dont je signale au passage qu’il est actionnaire de Air France, ne semble pas s’être préoccupé beaucoup plus de la chose. Y a-t-il eu seulement un début d’anticipation ? Une prévision de l’après ? On en doute tant la réaction a mis du temps à venir. Là ou les Néerlandais avaient déjà instauré un couvre-feu au lendemain du cataclysme, les Français ont mis cinq jours à mettre en oeuvre un début de solution, à la grande joie des criminels qui ont eu les mains libres une semaine durant.

Il était pourtant simple d’envoyer  le 3ème REI basé en Guyane à moins de 2 heures d’avion pour commencer à sécuriser l’île en urgence sitôt les premiers échos calamiteux de la situation reçus. Ces gens savent y faire et la situation aurait été considérablement améliorée pour ce qui est de la sécurité. On aurait pu imaginer de prévoir quelques engins de chantiers, des pompes à eau, des groupes électrogènes et autres matériels basiques et de les acheminer à proximité pour parer au plus pressé une fois le cyclone passé. Mais non, il semble que rien n’ait été fait. Qu’on donc tous ces administrateurs, hauts fonctionnaires et autres rond-de-cuir d’élite dans le cerveau ? Ce sont des nuls qui nous font honte. Si les Néerlandais ont pu réagir, comment la France, autrement plus riche, puissante et habituée des interventions hors de ses frontières, a-t-elle pu rester amorphe ? Serait-ce en raison de la caste de fonctionnaires incapables qui nous gouvernent ou de l’absence totale de ce qui ressemble de prêt ou de loin à un chef à la tête du pays ? Probablement un peu beaucoup des deux.

Tout cet épisode me laisse amer et épouvanté. Je suis un fervent partisan de la présence française dans les îles et autres territoires ultramarins car je tiens à la possession du deuxième plus grand domaine maritime mondial, qui devrait être source de puissance plutôt que de ridicule, et je sais qu’on ne peut entretenir un tel domaine sans une implication sérieuse qui me semble ici faire cruellement défaut. Mais pire encore, les quelques doutes que je pouvais avoir quant à l’impuissance de l’État en cas de catastrophe sérieuse se sont définitivement envolés. Si par malheur le chaos devait s’abattre en métropole pour une raison ou une autre, nous savons désormais ce que feraient préfets, politiciens et forces de l’ordre : pas grand-chose, sinon que les premiers et les seconds solliciterait les dernières pour sauver leur peau, et  c’est tout. Pour le reste, il semble que les citoyens devraient se débrouiller seul, et c’est une perspective effrayante pour tous ceux qui habitent dans les parages de zones dites « sensibles ». Et cela fait du monde…

S’il y a une seule leçon à retenir de tout ça, c’est : achetez-vous un douze et faites des stocks de chevrotine. Avec ce genre d’argument, tout le reste se négociera.

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