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L'impasse.

Jacques Attali représente à peu près tout ce que je déteste mais son arrogance qui le rend cynique presque malgré lui touche parfois juste. Son "anecdote"  à propos de Whirlpool est une lourde erreur de communication mais révèle tout de la situation dans une candeur effrayante. La vérité brute c'est que toute une partie de la population devient progressivement inutile.

Le monde de Macron est fait de cadres habitant les centres-ville et de la myriade de larbins qui leurs fournissent les services dont ils ont besoin ou envie, depuis la nounou africaine jusqu'au chauffeur uber en passant par le livreur de chez Foodora et le fameux plombier polonais, payé si possible au black. C'est un monde de services qui ressemble fort à un hôtel, selon une autre formule attalienne pleine de morgue, dans lequel les femmes de chambres risquent parfois de faire une mauvaise rencontre en la personne d'un politicien lubrique pendant que des hordes de cadres supérieurs s'absorbent dans la contemplation de diaporamas au sein des salles de meeting pourvues en bouteilles d'eau et en machine à café Nespresso. What else ?

Dans tout cela, l'industrie et les produits manufacturés comptent pour pas grand-chose, et ce n'est pas nouveau. Whirlpool n'est que le dernier avatar en date d'une longue série qui remonte peut-être à Manufrance et à la sidérurgie lorraine. Les ouvriers deviennent inutiles car d'autres peuvent faire au moins aussi bien et pour beaucoup, beaucoup moins cher dans un pays lointain. C'est tout le drame du prolétaire français : il coûte trop cher mais n'est pas riche pour autant. Et quand il devient chômeur, il coûte un peu moins cher et se transforme en vrai pauvre. Car il n'y a rien pour lui, et il lui faudra plusieurs génération pour se transformer en cadre qui profite de la mondialisation. Si tant est que la société tiennent tout ce temps. Quant à savoir si un pays pourvu uniquement de jobs hors-sol est viable, c'est une autre question qui ne semble pour l'instant avoir été résolue avec succès que par la cité-État de Singapour, et je ne crois pas que la France puisse l'imiter.

Il n'y a aucune solution à ce problème. Un produit manufacturé sera toujours moins cher s'il est produit en Chine, et le plus terrible est que le consommateur français lui-même, surtout le plus modeste, aura tout intérêt à choisir de faire tourner l'économie chinoise. Si nous délocalisons, c'est paradoxalement pour que les gens qui en sont victimes ici puissent continuer à pouvoir s'acheter les produits qu'on délocalise. Macron et Attali, eux, ils s'en fichent. Ils ont suffisamment d'argent pour se payer 50 machines à laver de luxe s'il en ont envie.

C'est une nouvelle forme de révolution industrielle. Comme d'habitude, c'est le peuple qui ramasse. Il n'y a qu'une seule loi qui vaille en histoire : ce sont toujours les petits qui payent. Marine Le Pen peut bien aller jouer la compassion auprès des futurs chômeurs, elle y gagnera quelques voix, mais cela n'y changera rien. Il y a là quelque chose qui nous glisse entre les mains. Vae victis.

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