lambert wilson

Les acteurs profitent du protectionnisme de l’industrie de notre cinéma, mais n’en veulent pas pour les Français.

Samedi dernier, Nicolas Dupont-Aignan était l’invité de l’émission de Laurent Ruquier. Face au candidat de Debout la France qui soulignait que les ouvriers méritaient aussi un protectionnisme, comme le milieu du cinéma, l’acteur a osé dire que le cinéma n’était pas protégé, mais qu’il bénéficiait de subventions ! Le pire est qu’il était sans doute sincère, ne voyant même pas ses contradictions.

Le protectionnisme pour soi, c’est bien, pour les autres, c’est sale…

Lambert Wilson est formidable. Comme peut-il arriver à dire que le cinéma n’est pas protégé, en faisant un distingo effarant avec les subventions ? Les subventions sont bel et bien une forme de protection, puisqu’elles permettent à certains films qui n’auraient pas pu se faire, de se faire, et l’augmentation de la demande de films induite se retrouve aussi dans les salaires de Monsieur Wilson, qui sont en partie le fruit des subventions publics de son industrie. Et ce n’est pas tout, car le protectionnisme pour le cinéma (et la culture en général), ne s’arrête pas aux subventions et prend aussi la forme de quotas de diffusion sur les chaines de télévision, qui soutient la demande de films français.

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Décidément, le milieu du cinéma est formidable, qui crache sur toute forme de protection sur les flux de biens ou de personnes, confortablement assis derrière les murs que la France a érigé autour de son art (à raison certes) ! C’est ainsi qu’Isabelle Hubert s’en était pris en janvier à Trump en affirmant « n’attendez pas du cinéma qu’il dresse des murs et des frontières ». Une déclaration bien ridicule de la part d’une profession qui vit à l’abri de murs et des frontières nationales, et qui serait sans doute largement sinistrée s’il n’y avait pas tous les mécanismes de protection actuellement en place. La myopie des acteurs, dont je ne doute pas de la sincérité, est tout de même assez abracadabrantesque !

Merci donc à Nicolas Dupont-Aignan de rappeler ce deux poids deux mesures et de mettre les pieds dans le plat face à ces acteurs bien trop ingrats (au point, pour certains, de ne pas forcément payer leurs impôts dans le pays qui les fait pourtant vivre). Et merci également de montrer que le protectionnisme, ce n’est pas l’autarcie, comme le montre justement le cinéma. On peut parfaitement se protéger sans se fermer aux autres ni sans provoquer une fermeture complète des autres pays. En somme, le cinéma montre qu’il est parfaitement possible de mener une politique protectionniste équilibrée et mesurée, qui protège vraiment les emplois en France, sans pour autant se fermer complètement.

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