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Bien sûr que c’est l’occasion qui fait le larron et que ceux qui manipulent des milliards ont forcément plus de chances de déraper, mais on imagine toujours que s’ils nous dirigent, c’est qu’ils sont un petit peu meilleurs que nous, non?

L’Espagnol Rodrigo Rato, prédécesseur de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI, a été condamné à quatre ans et demi de prison pour des détournements de fonds commis sous sa responsabilité lorsqu’il dirigeait la banque Bankia.

« Auteur du miracle économique espagnol »

Cet homme de 67 ans aujourd’hui devenu paria, fut une figure politique de premier plan outre- Pyrénées puisqu’il a été ministre de l’Économie et numéro deux du gouvernement de José Maria Aznar (1996-2004). Loué au sein du Parti populaire comme «l’auteur du miracle économique espagnol», Rodrigo Rato avait été pressenti pour succéder à Aznar.

Abus de biens sociaux

Cet ancien «meilleur ministre de l’Économie» est tombé pour des détournements de fonds commis sous sa responsabilité lorsqu’il dirigeait Caja Madrid puis Bankia, de 2010 à 2012.

Ce sont pas moins de 65 dirigeants de ces banques, condamnés jeudi, qui ont utilisé des cartes bancaires non déclarées pour régler toutes sortes de dépenses personnelles, essence, discothèques ou maroquinerie, pour un total de 12 millions d’euros. Ces pratiques avaient commencé plusieurs années avant l’arrivée de Rodrigo Rato chez Caja Madrid mais ce dernier a maintenu ces privilèges illégaux et en a profité lui-même

Devenu symbole des errements de la classe dirigeante espagnole, Rodrigo Rato est poursuivi dans deux autres dossiers judiciaires pour escroquerie et falsification des comptes. Ceux-ci sont liés à la quasi-faillite de Bankia en 2012 qui a ruiné des milliers de petits actionnaires et précipité le recours par Madrid à un sauvetage européen.

La Case prison

C’est comme cela qu’un ancien directeur général du FMI se retrouve condamné à quatre ans et demi de prison. La peine a été prononcée jeudi par la justice espagnole à l’encontre de Rodrigo Rato, prédécesseur de Dominique Strauss-Kahn à la tête de l’institution internationale, de 2004 à 2007.

D’autres procédures sont en cours à son encontre.

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Rodrigo Rato, c'est tout un symbole. Le symbole d'une époque où l'argent coulait à flots et où la corruption régnait en maître. Celui qui fut le gourou économique du gouvernement d'Aznar dans les années 1990, puis président du Fonds monétaire international, est aujourd'hui un homme voué aux gémonies, détesté dans l'opinion publique.

Il a été condamné pour avoir autorisé et facilité l'usage illimité d'une carte de crédit que pouvaient utiliser tous les dirigeants de Bankia, alors qu'il présidait la caisse d'épargne, qui allait être sauvée de la faillite grâce à de l'argent public. Entre 2003 et 2012, environ 12,5 millions d'euros auraient ainsi été dépensés de façon frauduleuse.

Comme l'affirme le parquet, qui le décrit comme « un délinquant compulsif »,  Rodrigo Rato aurait aussi détourné près de 7 millions d'euros vers des paradis fiscaux. Une véritable disgrâce pour un homme qui, il y a seulement quelques années, était considéré comme le symbole de la réussite et de l'honnêteté. Il a été condamné ce jeudi à quatre ans et demi de prison, à une amende de 100 000 euros et à l'inéligibilité pour une quelconque fonction publique.

 

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