En septembre 2015, Zoé, 4 ans, est agressée dans la cour de récréation. Trois garçons la maintiennent au sol, un quatrième vient introduire un bâton dans son sexe.

 Sa mère tente d'obtenir du soutien et souhaite faire reconnaître le statut de victime de sa fille, en vain.
Elle raconte.

Tout a commencé le 28 septembre 2015.
 Zoé, ma petite dernière de 4 ans, est alors nouvellement scolarisée dans la commune où j'ai grandi et où vivent mes parents.
 Le soir, je vais la chercher chez ses grand-parents -qui l'ont récupérée à la sortie de la maternelle.
Ma mère m'informe que la petite n'est "pas dans son assiette". 

Son institutrice, une amie, m'appelle au même moment.
Elle souhaite me raconter un événement qui s'est produit pendant la pause déjeuner.
Zoé a été retrouvée derrière une cabane dans la cour, tenue au sol par trois garçons, le pantalon et la culotte baissés, alors qu'un quatrième garçon tenait un bâton qu'il venait d'introduire dans son sexe.
Je tombe des nues.

Une agression sexuelle qualifiée de "jeux d'enfants"

Les Atsem ont alerté la maîtresse à son retour, avant la reprise des classes, de ce qu'il s'était passé.
En revanche, personne n'a pensé à nous appeler ou à prévenir la grand-mère venue la récupérer, qui a pourtant demandé des explications après avoir constaté une griffure sur le visage de Zoé.
 Le soir, autour du dîner, chacun prend la parole pour raconter sa journée.
 Lorsque vient son tour, la petite dit, mot pour mot: "J'ai eu un problème grave aujourd'hui à l'école, quatre garçons de ma classe m'ont attrapée de force, mise par terre, il y en a trois qui m'ont tenue de force, moi je voulais pas et je criais, et il y en a un qui m'a baissé le pantalon et la culotte et m'a mis un bâton dans la minette, ça m'a fait mal et j'étais en colère." 

Avec mon conjoint, nous décidons de nous rendre à l'école pour avoir des explications dès le lendemain matin.
Nous sommes reçus par l'institutrice, une Atsem et la secrétaire de mairie aux affaires scolaires.
 Elles nous refont le film et expliquent que les garçons ont été punis.
A côté de nous, un père dispute son fils, l'un des garçons concernés.
Mais nous ne pouvons pas en rester là.

Pour comprendre comment un enfant de 4 ans a pu avoir une telle idée et aussi pour montrer à Zoé que cette affaire est grave et que sa parole est importante, nous décidons d'aller porter plainte.
 Sur le chemin, nous croisons la maire de la ville, que je connais personnellement.
 Elle nous dit être au courant de l'histoire et nous demande de rester discrets "pour le bien de notre fille".
Pour elle, ce sont "des jeux d'enfants" et il est préférable que les gens ne soient pas au courant.
Nous sommes furieux.

Pas d'accès à l'école pour les parents

A la gendarmerie, nous faisons notre déposition.
Le motif indiqué: viol sur mineure en réunion.
Zoé doit être auscultée, mais l'hôpital du coin n'est pas en capacité d'établir une constatation formelle. Nous sommes donc redirigés vers un médecin légiste qui constate des lésions vaginales.
Zoé est entendue par les autorités et vue par un psychiatre.
 Les garçons sont entendus à leur tour avec leurs parents.
Tous les enfants donne la même version.

Plus tard, nous prenons rendez-vous avec la mairie pour parler du retour à l'école de Zoé.
Si elle ne souhaite pas revoir ses agresseurs, c'est elle qui doit changer d'école, pas eux.
Nous acceptons avec tristesse, mais avons besoin d'un certificat de radiation délivré par la direction. Le moment de rencontrer la directrice serait-il enfin arrivé? 

Dès son arrivée, mon conjoint se voit refuser l'entrée de l'établissement.
 Le certificat lui est amené directement au portail.
Nous comprenons que la directrice, comme la municipalité, fuit ses responsabilités.
Malgré le soutien psychologique promis par l'Académie, nous ne serons jamais recontactés et devrons amener Zoé chez un psychologue à nos frais.

Une affaire classée "sans suite", pas pour Zoé

L'année se passe, une autre recommence.
Zoé est scolarisée dans une nouvelle école quand, en octobre 2016, la gendarmerie nous convoque. Ils nous annoncent que l'affaire a été classée sans suite, comme ils s'y attendaient.
Dans la case où doit apparaître le motif, il n'y a rien d'écrit.
Nous sommes résignés: notre fille ne sera pas officiellement reconnue comme victime.

La nouvelle est d'autant plus difficile à avaler que le 18 janvier, j'apprends mon signalement auprès de la gendarmerie pour propos outranciers de la part de la directrice de l'ancienne école de Zoé.
Elle m'accuse de l'avoir diffamée au cours d'une conversation publique, sur Facebook, que j'ai eue avec ma cousine -également signalée- à propos de la sécurité de nos enfants dans les écoles de notre commune. 

Quelques jours plus tôt, ses fils s'étaient retrouvés seuls au bord de la route, cartable sur le dos, au lieu d'être à la cantine, entourés d'adultes responsables.
Comme toute mère l'aurait été, ma cousine était révoltée.
La conversation est arrivée aux oreilles de la directrice -captures d'écran à l'appui- qui s'en est donc servie contre nous.

Aujourd'hui, nous devons donc nous justifier, malgré l'absence totale de soutien de la part de la municipalité ou de l'école, de notre mécontentement.
 Zoé, de son côté, va bien, mais elle n'a pas classé l'affaire, elle.
Elle a intégré que tout cela est une mauvaise expérience et en reparle régulièrement, y compris dans des contextes inappropriés - preuve d'un traumatisme.

Commentaires sur le site :

Vetivers
05/02/2017 05:12
Bonjour. Mon enfant a vécu ce viol à l identique: il y a 4 ans, avec un morceau de bois aussi. L ' histoire me fait réagir car elle est identique à ce que nous avons vécu : plaintes puis mise à l écart de l école, aucune aide de la municipalité, réflexions des parents...nous étions devenus les coupables puisque leurs enfants étaient convoqués à la gendarmerie et ils pleuraient. Nous avons consulté un avocat et il y a eu un sans suite. Mon enfant à du changer d école pour ne plus être poursuivi par des réflexions quotidiennes. J ai eu aussi des réflexions de parents telles que "c était juste un petit morceau de bois "...aujourd'hui mon fils revit par flash ce jour là. .cela ne le quittera plus..et nous aussi d ailleurs ,la preuve est ma réaction immédiate en lisant cet article.
L'Express

Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. Le viol est puni de quinze ans de réclusion criminelle.

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