Alors, à partir de ce moment, il estime que le pion lui a déclaré la guerre, et il va tout faire pour faire tomber ce pion.

L’entourage du pervers narcissique : une cour d’admirateurs sur un échiquier

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Dans le tableau comparatif des personnalités névrotiques et perverses (présenté dans cet article), la ligne 21 indique que le névrosé a des « amis », alors que le pervers a plutôt des « complices ». Cela est tout-à-fait vrai.

Le pervers narcissique est un être totalement dénué d’empathie, d’humanité, de bienveillance, de sens moral et de scrupules. Ainsi, il voit les autres comme des objets, des jouets potentiels avec lesquels il pourra s’amuser un temps.

Evidemment, le pervers narcissique ne connait pas les valeurs suivantes : l’amour, l’amitié, la famille et le respect. Bien sûr, il prétend les connaître mieux que tout le monde, puisqu’il se vante d’être quelqu’un d’extraordinaire ; mais en réalité, il n’a pas intégré le respect et les codes relationnels les plus élémentaires. Ainsi, il voit la vie comme un jeu, dans lequel il veut à tout prix gagner, par tous les moyens même s’il faut tricher pour cela.

C’est un peu comme un enfant qui ne supporte pas la frustration de perdre à un jeu de société. Un enfant vers l’âge de 5 ans par exemple, aura souvent cette attitude-là : s’il perd, il se met à pleurer, fait un caprice, se met en colère et ensuite boude pour qu’on le console et qu’on le laisse gagner. Et bien, essayez de jouer à un jeu de société avec un pervers narcissique (sous-entendu, « adulte ») … il y a de grandes chances qu’il agisse comme un enfant de 5 ans pendant la partie, c’est-à-dire qu’il sera prêt à tout pour gagner et si jamais il perd, il affichera une mine renfrognée et vous reprochera d’avoir tout fait pour qu’il perde !

Le côté « mauvais joueur » lors des jeux de société est très difficile à supporter venant d’un adulte. Cela dit, le fait que le pervers narcissique joue tout le temps et avec tout le monde, est bien plus dangereux dans la vraie vie que lors d’une partie de Monopoly.

C’est ainsi que je compare l’entourage proche du pervers narcissique à un échiquier géant, à taille humaine. C’est une excellente métaphore dans ce cas, puisque le pervers narcissique voit réellement ses proches comme des pions, qu’il manipule et déplace selon sa lubie du moment.

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Il n’hésitera pas à prendre un pion pour tenter d’en atteindre un autre, autrement dit deux personnes différentes, et enverra le premier pion toucher le deuxième. Si son petit stratagème fonctionne, et que les deux personnes se crêpent le chignon à cause de lui, le pervers narcissique sera RAVI de ce résultat et comptera les points de cette joute. Il ricanera secrètement de son oeuvre, dès que tout le monde aura le dos tourné. C’est limite s’il ne s’installerait pas confortablement avec un cornet de popcorn !

A vrai dire, c’est de cette façon que le pervers narcissique ajoute un peu de piment à son quotidien. Quand c’est trop calme, il n’aime pas. Il ne supporte pas la paix et la sérénité, c’est une personne qui jouit et se nourrit des conflits qu’il provoque. On peut aisément le qualifier de « belliqueux ».

Sur cet échiquier géant, il alterne son rôle entre le Roi et le joueur d’échecs qui manipule les pions. Il vient sur l’échiquier pour semer la zizanie, comme dirait l’autre « diviser pour mieux régner », puis il se retire et admire le résultat.

Lorsqu’un pion tente de se rebeller, devient trop lucide et souhaite revendiquer qu’il n’est pas un simple pion mais un sujet humain … le pervers narcissique entre alors dans une rage phénoménale. Il ne supporte pas la moindre frustration, et encore moins que l’un de ses pions s’oppose à lui.

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Alors, à partir de ce moment, il estime que le pion lui a déclaré la guerre, et il va tout faire pour faire tomber ce pion. Bien sûr, comme à son habitude, le pervers narcissique pousse l’autre à la faute pour pouvoir dire après « Vous avez vu, untel est hystérique ! » par exemple, s’il a réussi à pousser untel dans ses retranchements jusqu’à ce qu’il s’emporte.

Dans ce genre de situation, où le pervers narcissique clame haut et fort qu’il est la victime, les autres pions de l’échiquier sont même amenés, toujours par la manipulation, à disqualifier en chœur le pion devenu bouc-émissaire attitré, ce qui accélérera sa chute.

En bref, il vaut mieux se retirer de l’échiquier, si on ne veut pas finir au beau milieu d’un « échec et mat » !

Par ailleurs, le pervers narcissique éprouve un grand besoin d’être admiré et approuvé. Ceux qui le contredisent sont de toutes façons méprisés ; le PN fait alors comprendre subtilement à ses pions que soit ils s’adaptent et le suivent comme des petits toutous, soit les foudres du malheur s’abattront sur eux !  Ça donne envie de rire dit comme ça et avec du recul, mais le PN lui, en proférant ses menaces, y croit dur comme fer. Ma foi, laissons-le dans son délire de toute-puissance.

Ainsi, pour combler son besoin d’être adulé, le pervers narcissique va tout faire pour se constituer une cour d’admirateurs, où il se prendra pour le Roi. Avec son utilisation de la manipulation comme « art de vivre », un pervers narcissique est donc presque une secte à lui tout seul … il fonctionne de la même manière, et il n’est pas loin de rappeler les gourous des sectes, puisque quand il « monologue », il nous fait comprendre que lui seul connaît la Vérité et sait tout sur tout. Les discours moralisateurs, c’est sa spécialité ; le souci, c’est qu’il n’a aucune humilité ni sagesse, et que lui-même n’applique pas cette belle morale qu’il prône dans ses paroles. « Fais ce que je dis, mais pas ce que je fais » pourrait être l’une de ses devises favorites. Pour l’intégrité, on repassera.

Un des lieux virtuels qui lui permet clairement de rassembler ses fidèles, est le réseau social Facebook. Le profil officiel d’un individu supposé PN est bien souvent pathétique. Quand on connaît le personnage dans l’intimité, et que sur Facebook c’est un tout autre personnage qui apparaît, cela devient réellement ironique et risible. Ainsi, le pervers narcissique passera une bonne partie de sa vie à rabaisser et dévaloriser sa proie officielle dans l’intimité, alors que sur Facebook il publiera un statut où il va clamer haut et fort « Je suis contre la violence faite aux femmes, les femmes méritent d’être respectées … blablabla ». Comme ça, les femmes qui le connaissent peu ou mal seront trop admiratives devant ce défenseur de la cause féminine. Ce genre de contradiction est de toute façon très fréquente avec le pervers narcissique, qui est presque un paradoxe à lui tout seul. Mais, la belle image sociale avant tout.

Les gens naïfs de sa liste d’amis Facebook n’y verront bien sûr que du feu … et s’ils sont vraiment naïfs, ils prendront réellement toutes les publications du PN pour argent comptant, et se diront « Quel homme merveilleux ! » ou « Quelle femme merveilleuse ! ». On imagine bien quelques potiches agglutinées devant leur écran, la bouche en cœur  devant tant de romantisme virtuel !

Ceux et celles qui ont été la proie d’un pervers narcissique jusque dans l’intimité, savent que tout cela n’est que de la poudre aux yeux

En fait, le profil Facebook d’un pervers narcissique, comme pour tout autre individu présentant un narcissisme exacerbé, est juste une vitrine où le pervers narcissique expose ses jouets (sa « copine »/son « copain » ou plutôt, sa proie, et éventuellement ses « amis » ou plutôt, ses larbins) et étale des centres d’intérêt passionnants (exemples : photographie, musique, chant, art, peinture, cause humanitaire …). Il veut faire baver les pions de sa cour d’admirateurs, il veut les rendre envieux de sa vie si fantastiiiiiiiique ! Mais son existence est en réalité bien médiocre, l’envers du décor n’est pas fait de strass et de paillettes, croyez-moi. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a besoin d’exposer autant sa vie ; et que les côtés positifs. Entre nous, soyons honnêtes : il étale juste son pseudo-bonheur sur un réseau social banalisé, comme on étale de la vieille confiture périmée sur une tartine de pain rassis.

Evidemment, bien qu’il le pense sincèrement et le dise sans honte dans l’intimité de son couple, il ne publie jamais de statut misogyne, par exemple : « Les femmes sont toutes des putes, des hypocrites et des dangers publics au volant ». Sinon, le masque de l’homme séduisant volerait en éclats et certaines admiratrices (= proies potentielles) prendraient la poudre d’escampette. Il joue un double jeu, se fait passer pour le prince charmant, tout cela pour faire croire qu’il est quelqu’un d’exceptionnel. Cela dit, cet excès de zèle est franchement excessif et en devient caricatural.

Bien sûr, il est possible qu’un pervers narcissique n’ait pas de profil Facebook (un sujet âgé, par exemple, qui ne s’intéresse pas aux nouvelles technologies), ou encore qu’il ait un profil Facebook mais qu’il ne s’en serve pas souvent. Mais, pour un bon nombre de ces vampires, Facebook est un moyen comme un autre de semer la zizanie, d’étaler sa pseudo-richesse, et d’espionner les gens. Il n’est d’ailleurs pas étonnant qu’un pervers narcissique ait aussi un ou plusieurs faux profils, avec un faux nom, une fausse photo, une liste d’amis bidon … etc créé(s) juste pour l’espionnage, et pour tenter de recontacter ses anciennes proies.

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Enfin, pour parler des « amis » du pervers narcissique. Il ne s’agit pas d’amitié au sens humain du terme : le pervers narcissique étant dénué d’empathie et de bienveillance, il ne sait aucunement respecter les fondements préalables à toute amitié, qui sont le respect de l’autre et la confiance. C’est pourquoi, pour parler des « amis » du PN, il serait plus juste d’employer les termes suivants, au choix : larbins, complices, fidèles, intermédiaires, pions, jouets, proies … etc on tourne dans le même registre que dans le domaine amoureux, familial et professionnel, de toutes façons.

En fait, le pervers narcissique choisit ses « amis » selon des critères bien particuliers. Il faut que ceux-ci lui apportent quelque chose de concret : quelqu’un qui flatte son ego et accourt quand PN claque des doigts, l’accès à une position sociale plus élevée, un avantage financier, un lieu d’habitation qui peut devenir un lieu de vacances « à l’œil » pour PN … etc. Il va sans dire que, hormis ces avantages matériels et narcissiques, la personne humaine n’intéresse pas le pervers narcissique. Et bien sûr, il va aussi pouvoir rabaisser et dévaloriser ses « amis », en face – sous couvert d’humour, ça passe mieux – et derrière leur dos, pour se sentir supérieur. De toutes façons, le mode relationnel du pervers narcissique est sensiblement le même, peu importe le domaine (famille, amitié, amour, travail …). On retrouve toujours les mêmes phases, qu’il adapte au millimètre près selon la situation : séduction, mise en place de l’emprise, entreprise de destruction de sa proie.

Paradoxalement, le pervers narcissique a bien souvent, malgré tout, une tendance à être asocial. Il peut avoir quelques complices ou larbins à qui il fait croire à une amitié sincère ; mais sachant qu’au fond, il craint l’intimité et la proximité, c’est possible qu’il refuse régulièrement des rendez-vous ou des repas. A moins qu’il trouve dans ces invitations un intérêt narcissique ou matériel. Comme toujours, tout dépend de sa stratégie.

En résumé, le pervers narcissique n’hésite pas à planter des couteaux dans le dos de ses larbins. Il est prêt à se comporter de façon déloyale et à tricher autant qu’il le faudra, tant qu’il parvient à son objectif personnel : être le vainqueur à tout prix, et ne jamais perdre la face.

C’est un double visage, la partie immergée de l’iceberg est celle qui ne se voit pas au premier abord.

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Et puis, il y a la partie émergée de l’iceberg … et la partie immergée. Nous savons tous que la partie émergée est celle qui se voit, elle est toute petite à côté de ce qui ne se voit pas. C’est ainsi que les « sans c……….. » (pardonnez-moi l’expression) avancent masqués. En public, ils seront au choix volubiles, sociables, timides, renfermés, charismatiques … Sauf que derrière ce masque, dans l’intimité, il y aura la domination, l’emprise, la méchanceté gratuite & la perversité, les monologues, les moqueries. C’est ce double visage, la partie immergée de l’iceberg est celle qui ne se voit pas au premier abord. J’ai souvent remarqué qu’il faut bien, plus ou moins, deux ou trois mois pour démasquer un manipulateur. Même si souvent, si on est (hyper)lucide, on s’en doute dès les premières semaines. L’intuition qui nous supplie de nous éloigner de lui/elle, le corps qui s’exprime à travers des maux pour remplacer trop de mots enfouis, l’angoisse qui grimpe en flèche avant de le/la rejoindre … ces signes ne trompent pas...

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C’est à cette question que tente de répondre ce billet qui porte sur un des aspects les plus négligés de cette problématique dont la connaissance pourrait aider certains à mieux s’y retrouver, car « le terrain de prédilection, l’instrument majeur de la perversion narcissique, il est temps de le dire, c’est la parole ».

Ainsi, le secret de la prétendue force que l’on octroie inconsidérément au pervers réside dans l’usage dévoyé des mots et du raisonnement dont il use et que trahit un certain type de parole. Cette parole est tout à la fois séduisante et fascinante, voire envoûtante. Sa capacité de persuasion est remarquable, mais elle chante comme un petit air de faux que l’on a du mal à symboliser. Et pour cause… elle possède l’étrange don de « méduser » ses auditeurs ce qui, du point de vue de la psychotraumatologie, provoque un état dissociatif de la personnalité avec tous les effets délétères que cela implique (identification à l’agresseur et syndrome de Stockholm).

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