• Primaire à gauche: Philippe Doucet, le porte-parole de Manuel Valls, visé par la justice.

    JUSTICE L’ex-premier ministre l’a choisi comme porte-parole…

  • Il est l’un des huit porte-parole choisis par Manuel Valls pour sa campagne présidentielle. Selon nos confrères du Parisien, de nouveaux éléments accusent Philippe Doucet, député PS du Val-d’Oise et ancien maire d’Argenteuil d’irrégularités dans la gestion de sa ville. Au vu de ces informations, Serge Tournaire, le juge d’instruction en charge de l’affaire Bygmalion, a demandé aux enquêteurs d'« élargir leur champ d’investigation ».

Des failles dans la gestion d’Argenteuil

Depuis le début de l’année 2016, ce proche de l’ancien Premier ministre est visé par une enquête sur des failles dans la passation de marchés publics et d’emplois fictifs dans la ville d’Argenteuil. C’est son successeur à la mairie d’Argenteuil, Georges Mothron (LR), qui a signalé les faits. La mairie s’est alors constituée partie civile pour « favoritisme, complicité et recel, trafic d’influence, détournement de fonds publics et abus de confiance aggravé ».

Philippe Doucet n’a pas encore été entendu par le juge Tournaire. De son côté, l’équipe de Manuel Valls garde le silence sur l’avenir de Philippe Doucet en tant que porte-parole.

Manuel Valls pourra-t-il garder encore longtemps Philippe Doucet au sein de son équipe de campagne, dont il est l'un des principaux porte-parole ?

Depuis plusieurs mois, le député socialiste du Val-d'Oise et ancien maire d'Argenteuil (2008-2014) intéresse la justice. En mars 2016, une enquête judiciaire avait en effet été ouverte à la suite de dénonciations faites par son successeur à la mairie, Georges Mothron (Les Républicains), qui portaient sur des soupçons d'irrégularités en matière de passation de marchés publics et d'emplois fictifs dans la ville d'Argenteuil. La mairie de la ville s'était portée alors partie civile.
Or, selon nos informations, cette enquête vient de s'alourdir d'éléments supplémentaires, qui ont poussé Serge Tournaire, juge d'instruction du pôle financier du tribunal de grande instance de Paris, à demander un réquisitoire supplétif afin d'élargir le champ d'investigation des enquêteurs. Le juge Tournaire — en charge par ailleurs des dossiers relatifs aux campagnes présidentielles de Nicolas Sarkozy tels que Bygmalion ou le financement libyen présumé — a tout d'abord confirmé les soupçons qui pesaient sur l'appel d'offres relatif à la publication du journal hebdomadaire, « l'Argenteuillais ». Cette publication avait été confiée entre mai 2008 et novembre 2009 à la société Les Argonautes, fondée par Alain Assouline, alors élu socialiste de la ville de Bouffémont (Val-d'Oise). Cette prestation, dont le montant s'élevait à 256 000 €, aurait été versée par la municipalité hors marché et sans mise en concurrence préalable.
Le juge a en outre mis en avant de nouvelles pièces. Les premières portent sur des soupçons d'emplois fictifs entre 2012 et 2014 : trois personnes payées comme chargées de mission de la mairie d'Argenteuil auraient en réalité été employées en tant qu'assistantes parlementaires de Philippe Doucet, à compter de son élection comme député, en juin 2012. Le montant des salaires qui leur auraient été indûment versés dépasserait 95 000 €. Une de ces personnes est entrée au cabinet de Manuel Valls lorsqu'il était à Matignon et demeure conseillère technique auprès du Premier ministre Bernard Cazeneuve.
L'équipe de manuel Valls reste muette
Un autre champ d'investigation a été ouvert par le juge. Il porte sur des conditions suspectes de passation d'un marché d'assainissement de la communauté d'agglomération d'Argenteuil-Bezons, dont Philippe Doucet fut président entre 2008 et 2015. Ce dernier n'a pas encore été entendu par le juge Tournaire. Et l'instruction est toujours en cours. Comme pour tout député ou sénateur, son éventuelle mise en examen nécessiterait la levée de son immunité parlementaire, procédure qui peut prendre plusieurs mois. Sollicité par « le Parisien », Philippe Doucet se défend de toute faute : « Je n'ai jamais été inquiété ni même entendu par le juge. Quant aux soi-disant emplois fictifs, un récent rapport de la Chambre régionale des comptes note qu'il n'y a rien de répréhensible dans ma politique de l'emploi. » Quant à l'équipe de campagne de Manuel Valls, elle n'a pas souhaité se prononcer sur l'avenir de Doucet en tant que porte-parole.

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