Alep reprise aux rebelles, l’ONU « horrifiée »

C’est vrai ça, quelle tragédie… Alep est “tombée” ! Pas “libérée”, non : tombée entre les mains du gouvernement légal, qui a eu l’audace de la reprendre aux gentils terroristes  – pardon, “rebelles” – avec l’aide du méchant Poutine ! OD

Alep est-elle tombée ou est-elle sauvée?

Je dois avouer ne rien comprendre à ce qu’il se passe en Syrie. Il me semble que c’est un cas classique de « ce sont des enculés, mais sont-ils nos enculés? »

Bref, ça me rappelle assez clairement la guerre en ex-Yougoslavie au cours de laquelle j’ai appris une des plus importantes informations qu’il y ait à savoir sur les médias: si ils sont tous d’accord, c’est qu’ils racontent n’importe quoi.

De plus toutes les vidéos que nous voyons en provenance des « martyrs » d’Alep suscitent quelques questions, en particulier, comment des gens qui n’ont plus rien ont-ils encore assez d’électricité pour charger leurs téléphones et d’internet pour envoyer leur petits films d’adieux?

Au passage, on peut se demander aussi ce que les étrangers viennent foutre en Syrie et au nom de quoi est-ce que nous mettons nos gros nez velus dans leurs affaires? C’est leur histoire, leur révolution et leur contre-révolution.

Que le meilleur gagne.

source

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Alep outragée, Alep brisée, Alep martyrisée, mais Alep libérée ! Libérée par son peuple c’est-à-dire la Syrie qui se bat. La Syrie éternelle. »

Chems Eddine CHITOUR

Bachar Al Assad n’aurait jamais pu tenir si la majorité de son peuple était contre lui.
« Il y a là des minutes, nous le sentons tous, qui dépassent chacune de nos pauvres vies. Alep, Alep outragée, Alep brisée, Alep martyrisée, mais Alep libérée ! Libérée par son peuple c’est-à-dire la Syrie qui se bat. La Syrie éternelle. »

Cette citation adaptée de celle du général De Gaulle est là pour nous rappeler que quand les peuples ne veulent pas mourir, ils s'affirment à la face du monde. Le peuple syrien martyrisé par des terroristes soutenus par l'Empire et ses vassaux a décidé de vivre. Bachar el-Assad n'aurait jamais pu tenir si la majorité de son peuple était contre lui. De plus, tous ceux qui claironnaient ne méritaient pas de vivre, voire voulaient le punir sans savoir qu'ils étaient sur le point d'être balayés par l'Histoire qu'ils auront traversée d'une façon honteuse. Que l'on se souvienne de la mécanique diabolique pour arriver à la partition de la Syrie voulue par l'Empire et le sionisme et suivie d'une façon servile par les vassaux, d'abord créer un gouvernement off shore, la France avec Sarkozy puis avec Hollande proposa un universitaire paléo-syrien et la fille d'un diplomate syrien qui après avoir servi le président Assad père se découvre sur le tard une âme de dissident qu'il transmettra à sa fille devenue (...) Lire la suite »

Les médias créent une tempête de fausses nouvelles autour de l’effondrement de la partie rebelle d’Alep

C’est la première fois que j’assiste à un pareil assaut de nouvelles mensongères. Tous les grands médias et toutes les agences semblent avoir perdu toute inhibition et ils présentent n’importe quelles rumeurs concernant la libération d’Alep-Est comme des faits.

Voyez cette annonce de la BBC en ouverture du journal :

Bataille d’Alep : selon l’ONU, 82 civils ont été abattus sur place

Les forces pro-gouvernementales syriennes ont pénétré dans des maisons d’Alep-Est et ont tué ceux qui étaient à l’intérieur, y compris des femmes et des enfants, selon l’ONU.

Le bureau des droits de l’homme de l’ONU a affirmé avoir des preuves fiables que dans quatre zones 82 civils avaient été abattus à vue.

1. Il n’y a pas de bureau des droits de l’homme de l’ONU, cela n’existe pas. La BBC veut parler du Bureau du Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH). Ce commissaire est le prince jordanien Zeid Ra’ad Al Hussein, un hachémite qui a fait ses études au Royaume-Uni et aux États-Unis et qui est un parent du roi dictateur jordanien. C’est intéressant de noter que la Jordanie est fortement impliquée dans le soutien des « rebelles » contre le gouvernement syrien.

2. Le bureau n’a pas « dit » que « 82 civils avaient été abattus », ni rien d’aussi  horrible. Il a dit qu’il y avait des « sources » qui avaient « rapporté » que cela s’était produit. Voilà un extrait de son communiqué de presse aujourd’hui :

Selon de nombreuses sources, des dizaines de civils ont été abattus hier place al-Ahrar, dans le quartier d’Al-Kallaseh, ainsi qu’à Bustan al-Qasr, par les forces gouvernementales et leurs alliés, dont le groupe irakien al-Nujabaa.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme (HCDH) a affirmé que « de nombreuses sources » ont reçu des informations »  de XYZ, sans révéler ni le nom des « sources » ni la provenance des soi-disant « informations » de XYZ.

Je trouve irresponsable que le HCDH mentionne des informations non vérifiées dans ses conférences de presse. Mais c’est encore plus irresponsable de la part de la BBC de titrer « L’ONU dit que... » en ouverture de bulletin d’information à propos de ces rumeurs, surtout sans apporter le moindre élément supplémentaire dans le reste de son « reportage »

Il y a aussi cette info récente sur les chats tués à Alep.

#Flash info - Militants : Tous les chats résidents et de passage au dernier refuge d’Alep ont été tués dans une attaque au gaz du Hezbollah.

Le porte-parole du Haut-Commissariat a eu connaissance de cette nouvelle. Nous attendons maintenant le titre de la BBC : « L’ONU dit que le Hezbollah a gazé les derniers chats d’Alep ».

La BBC n’est pas la seule à sortir  de fausses nouvelles. En effet, il semble que les agences de presse recherchent la « sécurité du nombre » en rapportant toutes les mêmes sottises partout où elles le peuvent :

Là encore, l’ONU a seulement dit qu’elle avait connaissance de tels rapports. Elle ne les a pas vérifiés et ne s’en porte pas garante. Cela n’empêche pas les influentes organisations « humanitaires » habituelles, comme Amnesty International, de se joindre au chœur de ceux qui brodent sur le thème de « l’ONU a dit que... ». Des milliers de sites d’information et de sites Web copient les faux rapports de l’agence et de la presse « humanitaire » et font en sorte de rendre la fausse nouvelle encore plus sensationnelle. La désinformation déraille complètement.

Mais il se passe aussi des merveilles à Alep.

Les vrais habitants et les vrais journalistes d’Alep disent que les connexions internet y sont lentes et instables. Mais les « militants » qui se trouvent sous un feu d’artillerie intense dans l’est semblent avoir des quantités de gigabits de bande passante fiable à leur disposition. C’est un miracle. Photos et vidéos dans des tweets comme celui-ci « sortent d’Alep » à chaque instant.

Bien sûr, une telle quantité de gigabits pourrait être utilisée à meilleur escient que pour des captures d’écran de vieux clips musicaux, mais personne n’est parfait, surtout sous un feu d’artillerie lourde.

Les agences de presse et les médias grand public considèrent tous les tweets des « militants », les échanges sur la situation, les téléchargements vidéo et les diffusions en direct de Periscope comme la pure vérité sans même savoir d’où ça vient. Ces « militants » pourraient se trouver n’importe où sur terre et les journalistes n’ont aucun moyen de vérifier leur location.

Je suis inquiet pour la sécurité de toutes ces opérations d’information (pdf). Quand les « derniers militants d’Alep » tweetent que l’armée syrienne se rapproche d’eux, veulent-ils dire que les chars d’Assad s’approchent en vrombissant de Vauxhall Cross (le building du M16, les services secrets britanniques, ndt) ?

Mais tant que tout le monde répète les mensonges de ces « militants » sur « les événements sur le terrain » personne ne pourra être tenu pour responsable. « Nous nous sommes tous honnêtement trompé », est l’excuse habituelle, et elle passe comme une lettre à la poste.

Nous devrions essayer, partout où nous le pouvons, d’obliger ces journalistes à se comporter plus honnêtement.

Moon of Alabama

Il y a plus d’une vérité à raconter dans la terrible histoire d’Alep (The Independent)

Robert FISK

Les politiciens, les « experts » et les journalistes occidentaux vont devoir reprendre à zéro leur copie au cours des prochains jours, maintenant que l’armée de Bashar al-Assad a repris le contrôle de l’est d’Alep.

Nous allons savoir si les 250 000 civils « prisonniers » dans la ville étaient effectivement aussi nombreux. Nous allons en apprendre beaucoup sur le fait ils n’avaient pas la possibilité de partir quand le gouvernement syrien et l’armée de l’air russe ont lancé leur bombardement féroce de la partie orientale de la ville. Et nous allons en apprendre encore davantage sur les « rebelles » que nous – les Occidentaux, les États-Unis, la Grande-Bretagne et nos coéquipiers du Golfe – avons soutenu. Il y avait après tout parmi eux, al-Qaïda (alias Jabhat al-Sham), le « peuple » – comme les appelait George W. Bush – qui ont commis les crimes contre l’humanité à New York, à Washington et en Pennsylvanie le 11 septembre 2001. Rappelez-vous la guerre contre le terrorisme ? Rappelez-vous le « mal à l’état pur » qu’était al-Qaïda. Rappelez-vous tous les avertissements de nos services de sécurité bien-aimés au Royaume-Uni sur la façon dont al-Qaïda pouvait semer la terreur à Londres ? Mais quand les rebelles, y compris (...) Lire la suite »