Les pédés sont-ils des cons ?
Personnellement, jusqu'à ces jours derniers, j'aurais, à la question de mon titre, répondu “non” sans barguigner ; d'abord parce que je le pense, et ensuite parce que je ne veux pas d'ennuis avec la bigoterie ambiante. Mais depuis la dernière campagne de prévention du sida, lancée par le ministère de la Santé – donc par nous, en quelque sorte, ou au moins en notre nom –, je me pose des questions, forcément. Il me souvient fort bien que, dès l'apparition de ce mal mystérieux dont on cache le nom, comme chantait l'autre, c'est-à-dire au début des années quatre-vingt, les homosexuels se sont retrouvés les premiers sur la ligne de départ. À ce titre peu enviable, voilà donc plus de trente ans qu'ils sont informés et sur-informés, de manière fort précise, sur les risques qu'ils encourent et la façon simple de les contourner. La plupart des jeunes homosexuels d'aujourd'hui n'ont même jamais connu un monde sans sida, on pourrait presque dire qu'ils sont nés avec déjà un préservatif déroulé le long de leur problématique appendice. Néanmoins, pour Mme Touraine (Marisol En Si, pour les intimes), il est plus que jamais nécessaire d'informer ces braves déviants qu'il sévit en nos murs une maladie nommée sida et que, ô étrange découverte ! il existe un petit ustensile appelé préservatif qui, comme son nom l'indique, permet de s'en préserver ; ce que ces bas du front ignoraient bien évidemment, ou alors ils avaient oubliés (on connaît la puérile insouciance de ces gens-là, n'est-ce pas ?).
En revanche, Mme Marisol En Si n'a pas jugé bon de rappeler aux hétérosexuels qu'ils étaient exposés aux mêmes dangers exactement : chez ceux-là, les retardataires devront tâcher de s'informer tout seuls. Il est vrai que couvrir tous les abribus de photos montrant des blondes alanguies ou des brunes volcaniques se faisant peloter les seins juste avant d'aller à la saillie, voilà qui aurait donné une image honteusement dégradée de la femme. Alors que la même chose avec deux barbus pâmés et multiraciaux, c'est vrai, c'est frais, c'est fun. Au point que l'on se demande bien quelle mouche a pu piquer le maire d'Aulnay-sur-Bois, pour qu'il aille s'indigner de si vivifiants tableautins. Et qu'on ne tente pas de me faire croire que sa colère aurait pu être motivée par le fait que les populations résolument bigarrées représentant une part grandissante de sa commune ont tendance, elles, à ne trouver ces pratiques ni très fraîches ni très fun, comme elles le prouvent sans la moindre ambiguïté dans tous les pays où elles ont les moyens de les réprimer ! Je ne mange pas de ce pain-là.  source
La photo a été téléchargée depuis Unsplash, un site de clichés gratuits et libres de droits».

Comme l'a relevé le Huffington Post, l'affiche n'a pas vu le jour à la mairie de Béziers. Dans une version un peu différente, mais avec la même photo, elle a été partagée sur les réseaux sociaux dès le 21 novembre.

1-17

http://www.matthewjakekane.com/tia-mark-wedding

Mais dès le début de la campagne à Béziers, l'affiche a très rapidement eu un écho jusqu'à l'autre bout du monde, en Australie plus précisément. Car la photo a été prise par Matthew Jake Kane, qui habite Sydney. Et le photographe ne se montrait pas vraiment enthousiaste quant à l'utilisation de son cliché. «Je ne sais pas si je peux faire quoi que ce soit à ce sujet. La photo a été téléchargée depuis Unsplash, un site de clichés gratuits et libres de droits», a-t-il réagi sur Twitter...