Comment les associations communautaires détournent l’argent public

Une association, «Vacances éthiques» , organise des séjours avec un imam salafiste dans un centre agréé par la CAF. Pour Laurence Marchand-Taillade, ce n’est qu’une infime partie d’un détournement communautariste des fonds publics, avec la complicité des élus locaux. Laurence Marchand-Taillade est secrétaire nationale du Parti radical de gauche (PRG) et présidente de l’Observatoire de la laïcité du Val d’Oise. L’auteur évoque uniquement les subventions versées aux associations musulmanes et aux établissements scolaires catholiques.

  Nous n’en sortirons que lorsque nous reviendrons à la raison, avec des hommes et des femmes d’État responsables et qui ont le sens de l’intérêt général. Espérons que 2017 serve aussi à ça.

 

  L’association «Vacances éthiques» organise dans un centre agréé par la CAF un séjour avec repas halal et prières autour d’un imam connu pour ses sympathies salafistes. Une telle situation vous étonne-t-elle ?  

Les associations cultuelles démontrent une grande ingéniosité pour contourner les lois concernant leurs financements, ou le financement de lieux de culte, pour arriver à leurs fins, ça ne date pas d’hier.

Dans le cas précis d’organisation de séjours de vacances, lorsque l’on saisit «vacances halal» sur le net, on trouve un nombre impressionnant de séjours similaires. Nous n’avons désigné qu’une partie infime du système, en espérant que ce cas aura valeur d’exemple et que la CNAF sera plus vigilante à l’avenir. [...]

Certaines associations sont de bonne foi et, par ignorance, entrent dans un système illégal, d’autres trichent sciemment, comme par exemple cette affaire récente que j’ai mise à jour, à Villiers-Le-Bel. Une association, dont l’objet culturel prévoit des activités pédagogiques et sportives, propose en réalité des soirées 100% filles, ou d’autres événements, destinés à financer la construction d’une mosquée et d’une école coranique, selon leur site internet, avec défiscalisation des dons ! C’est du détournement de fonds publics au profit de la construction d’un lieu de culte. Cela va à l’encontre de l’article 2 de la loi de 1905, qui organise la séparation des Églises et de l’État: «la République de reconnaît, subventionne, salarie aucun culte». [...]

Le problème est que, sans la vigilance de certains internautes (Sérénade Chafik, notamment), nous n’aurions sans doute pas levé le voile sur ce que l’on peut qualifier de fraude. [...]

Dans quelle mesure les élus locaux encouragent le développement du communautarisme, en l’occurrence de l’islamisme politique ?

Si l’on regarde en arrière, la loi de 1905 a toujours été contournée. Cette accélération, concernant les associations cultuelles musulmanes, date du début des années quatre-vingt où, par clientélisme électoral et, pour certains, angélisme post-colonial, on a laissé faire, voire encouragé les accommodements déraisonnables en les organisant consciencieusement: baux emphytéotiques (qui ne sont autorisés que depuis 2011), attributions de réserves parlementaires à destination des écoles confessionnelles catholiques, pour les élus de droite, et des associations cultuelles islamiques pour les élus de gauche …  [...]

Source

Vacances halal financées par la CAF

Un « système » qui dépasse d’ailleurs largement le cadre des séjours de vacances, et qu’il devient urgent de « systématiquement » démonter.

Le séjour, prévu du 21 au 28 août, affiche complet. 80 personnes ont ainsi choisi d’aller se ressourcer, en famille, à Pelvoux, dans les Hautes-Alpes.

Sur le dépliant, un portrait barbu voisine curieusement avec la photographie d’une jolie petite Heidi à la tresse blondinette. C’est que figurent au programme de ces vacances « baignade-rafting-randonnée », mais aussi « repas halal » et « spiritualité », sous la conduite de l’« invité d’honneur » Aammi Hassen Bounamcha.

Ce camp de vacances, on l’aura compris, est destiné aux musulmans (à moins – ce qu’à Dieu ne plaise – que la petite Heidi ne serve une intention prosélyte à destination de Français de souche déchristianisés et en mal de spiritualité). Si l’on peut regretter ce repli communautaire de la part de gens dont on nous serine qu’il faut « vivre ensemble » avec eux, il n’y a pas de quoi s’indigner qu’ils aspirent à des vacances quelque peu spirituelles au sein d’une nature enchanteresse. Mais pour qu’à la fois un député radical de gauche, Joël Giraud, et la secrétaire nationale de ce même Parti radical de gauche, Laurence Marchand-Taillade, peu suspects de discrimination anti-musulmane, s’en émeuvent, on peut gager qu’il y avait bien dans cette affaire matière à s’indigner. Et, de fait, on reste sans voix.

D’abord, l’« invité d’honneur » de ce camp, Haami Hassen, imam à Aubervilliers, avait été, selon Mme Marchand-Taillade, « désigné par Manuel Valls, alors qu’il était ministre de l’Intérieur, comme dangereux et destiné à être reconduit dans son pays ». Ayant d’ailleurs « visionné, sur YouTube, nombre de ses prêches », elle-même estime qu’« on peut considérer que c’est du lavage de cerveau contre notre culture et nos valeurs ». Ces « vacances éthiques » (c’est le nom de l’association musulmane qui organisait le séjour) seraient donc bien plutôt, pour reprendre l’expression du Figaro, des « vacances salafistes ».

Est ensuite dénoncé le financement scandaleux de ce séjour.

Vacances éthiques, explique Le Figaro, disposait indirectement de subventions de VACAF (organisme qui gère les aides aux vacances des CAF) […] Ce sont les centres de vacances qui sont agréés, sur des critères sanitaires principalement. C’est donc le centre de vacances qui bénéficiait […] de cet agrément. […] Or, le centre de vacances avait été privatisé pour l’occasion, ce qu’il n’aurait pas dû accepter, au regard de son engagement avec la CNAF l’obligeant au respect de la laïcité. […] les parents réservent le séjour, le centre de vacances donne un justificatif qui sert de base pour demander le subventionnement à la CAF. Ce sont les familles qui font la démarche, il est donc très difficile de faire les recoupements…

Ce tour de passe-passe permettait donc à une association musulmane d’obtenir des subventions publiques pour ses vacances halal. Or, Mme Marchand-Taillade rappelle fort justement qu’il « semblerait déplacé que [l’État finance] les JMJ », « déplacé » étant à l’évidence un doux euphémisme.

On reste sans voix, mais Mme Marchand-Taillade, elle, ne s’étonne pas :

Lorsque l’on saisit « vacances halal » sur le Net, on trouve un nombre impressionnant de séjours similaires. Nous n’avons désigné qu’une partie infime du système.

Un « système » qui dépasse d’ailleurs largement le cadre des séjours de vacances, et qu’il devient urgent de « systématiquement » démonter. 

Christine Célérier
Professeur de Lettres

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