Comment la guerre a éclaté en Syrie : La vraie histoire que vous ne lirez jamais dans les medias.

Il ne fait guère de doute maintenant que la CIA est impliquée dans ce que les narratives médias ont eu le culot d’appeler « Le printemps arabe », jolie histoire dans laquelle toutes les populations de la planète se sont engouffrée  au nom d’une démocratie libératrice de peuples opprimés par des tyrans sanguinaires.

Quelques voix s’élevaient pour crier de prendre garde mais leur voix étaient balayées sous l’accusation de complot ou de collaboration avec les monstres désignés.

Ce printemps nous en voyons chaque jours fleurir les bourgeons de chaos et de mort et ce, maintenant, jusqu’au seuils de nos portes. 

Voici un témoignage  sur ce qui se serait réellement passé dans la petite ville de Deraa le lieu déclencheur du drame syrien et c’est intéressant. Comme tout témoignage, dans un sens ou dans un autre, il est subjectif et doit être considéré avec raison ce qui ne signifie pas pour autant qu’il est douteux. Comme d’habitude, il est proposé à votre jugement.

Le jour avant Deraa

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Une analyse remarquable de Steven Sahiounie, un jeune journaliste américain de père d’origine syrienne, sur le commencement de la guerre en Syrie. Toutefois aucun média traditionnel – en France ou en Suisse – ne la publierait. ASI

La journée qui a précédé le 11 Septembre 2001 avait été une journée normale à New York City. Le 10 septembre 2001 a ignoré que des événements ébranlant le monde surviendraient le jour suivant.

De même, on aurait pu penser, la veille du jour où la violence a éclaté à Deraa, en Syrie en mars 2011, que ce jour serait aussi une journée sans incident, dans l’ignorance où l’on était du soulèvement sur le point de commencer.

Mais ce ne fut pas le cas. Car Deraa débordait d’activité et de visiteurs totalement étrangers à la Syrie bien avant que le soulèvement organisé ne frappe ses trois coups.

La mosquée Omari servit de coulisses à la représentation; c’est là que se firent les changements d’habillement et qu’eurent lieu les répétitions. Oui, les terroristes libyens, venus en droite ligne du champ de bataille de l’agression-changement de régime US-OTAN sur la Libye, étaient arrivés à Deraa bien avant le violent soulèvement de mars 2011. Le responsable religieux de la mosquée Omari était Sheikh Ahmad al Sayasneh. C’était un homme d’un certain âge avec un grave problème de vue qui l’obligeait à porter des lunettes noires spéciales, et ces lunettes affectaient à leur tour sa vision. Il n’était pas seulement malvoyant, mais également sensible à la lumière ce qui l’obligeait à se tenir autant que possible à l’intérieur et souvent isolé. Il était accoutumé à reconnaître les personnes avec lesquelles il parlait à leur accent et à leur voix. L’accent des gens de Deraa est caractéristique.

Tous les hommes qui fréquentaient la mosquée Omari étaient des habitants du lieu, s’exprimant avec l’accent local. Évidemment, les visiteurs venus de Libye se gardèrent bien de se laisser identifier par l’ecclésiastique, ce qui les eût démasqués. Ils se contentèrent de travailler avec quelques acteurs-clés qu’ils avaient recrutés localement et mis dans le secret. La participation de membres locaux des Frères musulmans, qui allaient être chargés d’assister les mercenaires/terroristes libyens était un élément essentiel du plan de la CIA, plan ourdi et dirigé à partir de la Jordanie.

Le fait d’avoir obtenu l’aide et la coopération de salafistes locaux a permis aux Libyens d’entrer dans Deraa sans éveiller les soupçons. Les locaux recrutés ont servi de façade à l’opération.

Les agents de la CIA qui la dirigeaient à partir de leurs bureaux en Jordanie avaient déjà fourni les armes et l’argent qu’il fallait pour attiser les flammes de la révolution en Syrie. Avec suffisamment d’armes et d’argent, on peut faire démarrer une révolution n’importe où dans le monde.

En réalité, le soulèvement à Deraa de mars 2011 n’a pas été déclenché comme on l’a dit par des graffitis d’adolescents, et il n’y a pas eu de parents mécontents exigeant que leurs enfants soient libérés. Cela faisait partie du script à la manière d’Hollywood concocté par d’experts agents de la CIA, qui étaient chargés d’une mission : détruire la Syrie aux fins d’y provoquer un changement de régime. Deraa n’en fut que l’Acte 1 – Scène 1.

Le fait que ces prétendus artistes adolescents du graffiti et leurs parents n’aient jamais été retrouvés, jamais nommés, et jamais photographiés est la preuve que leur identité doit rester enrobée de ténèbres.

À tout soulèvement il faut un soutien populaire. Habituellement, une situation donnée se présente et des manifestants descendent dans la rue. Les équipes de sécurité interviennent alors pour maintenir l’ordre et dégager les rues et, s’il y a « répression brutale », ceux qui seraient restés des « manifestants pacifiques » réagissent avec indignation parce qu’ils se sentent opprimés et trompés, et le nombre de gens dans les rues augmente. C’est le moment où les manifestations de rue peuvent prendre deux directions : soit les manifestants reculent et rentrent à la maison, soit ils réagissent violemment, et à cette réaction répondra celle non moins violente des équipes de sécurité, ce qui ouvre la voie à une insurrection totale.

Dans le soulèvement organisé à Deraa, il y a eu dans la rue des acteurs locaux ignorant qu’ils participaient à une mise en scène hollywoodienne de la CIA. Ceux-là n’étaient que les figurants bénévoles de la séquence sur le point d’être tournée. Ces « extras » inconscients de leur rôle avaient certes des griefs, peut-être vieux d’une génération ou plus, et peut-être enracinés dans le wahhabisme, qui est une idéologie politique exportée dans le monde par le Royaume d’Arabie Saoudite, par la famille royale et ses agents à gages.

Les Libyens ont empilé des stocks d’armes dans la mosquée Omari bien avant que la moindre rumeur ne fasse état d’adolescents arrêtés pour des graffitis. Le religieux, malvoyant et âgé n’avait pas conscience de la situation à l’intérieur de sa mosquée ni des agents étrangers qui s’y étaient infiltrés.

Les armes sont entrées à Deraa en provenance du bureau de la CIA en Jordanie. Le gouvernement américain a des liens étroits avec le roi de Jordanie. La Jordanie est à 98% palestinienne, ce qui ne l’empêche pas d’avoir un traité de paix durable avec Israël, en dépit du fait que 5 millions de parents de familles jordaniennes se voient, en Palestine occupée, refuser toute forme de droits humains. Le roi de Jordanie est quotidiennement obligé de se livrer à un numéro d’équilibriste sur corde raide entre ses citoyens, la paix et la sécurité dans son pays et les intérêts ou plutôt les projets des Etats-Unis au Moyen-Orient. Le roi Abdallah doit être non seulement funambule mais aussi jongleur, et la pression qu’il subit doit peser énormément sur lui, et sur la reine Rania qui est elle-même palestinienne. Il faut voir ces faits sur la toile de fond que constitue la République Arabe Syrienne, laquelle a depuis 40 ans pour pierre angulaire de sa politique intérieure et extérieure le principe des droits humains dus aux Palestiniens et leur droit à la liberté et à la justice.

La politique des États-Unis consistant à attaquer la Syrie pour y provoquer un changement de régime ne concerne pas seulement les gazoducs, les puits de pétrole, l’emplacement stratégique et l’or : son but est aussi de réduire en poussière cette pierre angulaire des droits des Palestiniens. Se débarrasser du président Bachar al-Assad, c’était se débarrasser de l’un des rares dirigeants arabes dont la voix, revendiquant les droits des Palestiniens, n’a jamais faibli.

L’emplacement de Deraa directement sur la frontière jordanienne est la seule raison pour laquelle cet endroit a été choisi comme lieu de tournage du premier acte du soulèvement syrien. Si vous demandiez à la plupart des Syriens s’ils ont jamais été à Deraa ou ont jamais eu l’intention d’y aller, ils vous répondraient : « Non ».

Deraa est une petite ville agricole insignifiante. C’est un endroit hautement improbable pour y déclencher une révolution à l’échelle nationale. Deraa a une certaine importance historique à cause de ses ruines archéologiques, mais elle n’est importante que pour les professeurs d’histoire ou les archéologues. C’est l’accès qu’elle permettait aux armes de la Jordanie qui a fait d’elle l’endroit idéal où mettre en scène le soulèvement bidon qui a fini par se transformer en guerre internationale. Toute personne de bon sens supposerait qu’un soulèvement ou une révolution en Syrie ne peut commencer qu’à Damas ou à Alep, les deux plus grandes villes du pays. Pourtant, en deux ans et demi de violence sur tout le territoire, la population d’Alep n’a jamais participé à l’insurrection, ni appelé à aucun changement de régime.

Alep, la grande puissance industrielle de la Syrie, ne voulait rien avoir à faire avec la mission de la CIA, et elle estimait qu’en ne participant à rien, elle pourrait être épargnée et qu’en fin de compte la violence disparaîtrait d’elle-même par manque de participation des civils. Malheureusement, la pièce ne devait pas se terminer ainsi pour Alep. Soucieux de suivre leur propre scénario, les États-Unis ont soutenu une « Armée Syrienne Libre », qui provenait principalement d’Idlib et de ses environs, ; ils ont fait venir leurs partenaires étrangers, qui ont débarqué en masse dans Alep, arrivant d’Afghanistan, d’Europe, d’Australie et d’Afrique du Nord sur des vols de Turkish Airlines, avec atterrissages à Istanbul, puis transport par bus appartenant au gouvernement turc jusqu’à la zone frontière entre la Turquie et Alep. Les billets d’avion, d’autobus, les salaires, fournitures diverses, nourriture et frais médicaux ont tous été pris en charge, en Turquie, par un envoyé de l’Arabie Saoudite. Les armes ont été fournies dans leur totalité par les États-Unis d’Amérique, en provenance de leurs entrepôts du quai de Benghazi, en Libye, où la mission de changement de régime des USA-OTAN en Libye avait été couronnée de succès, avec l’Amérique s’emparant de tous les stocks d’armes et de biens naguère propriété du gouvernement libyen, y compris des tonnes de lingots d’or volées par le gouvernement américain à la Banque centrale de Libye.

Entrée en scène des Libyens côté cour. Mehdi al Harati, Libyen doté d’un passeport irlandais, reçut le commandement d’une brigade de terroristes œuvrant aux frais et sous la direction de la CIA en Libye. Une fois son contrat terminé là-bas, il a été transféré dans le Nord de la Syrie – région d’Idlib – qui était la base d’opérations de l’Armée Syrienne Libre financée par les Etats-Unis, en faveur de laquelle le sénateur républicain John McCain avait fait tant de lobbying auprès du Congrès américain, et à laquelle il avait rendu personnellement visite, entrant illégalement en Syrie sans passeport ni contrôle aux frontières. En Arizona, le sénateur McCain se prononce en faveur de l’expulsion de tout étranger entré illégalement aux États-Unis, mais il n’a pas eu scrupule à enfreindre lui-même le droit international et à s’introduire en Syrie, quoi qu’étranger, illégalement et sans papiers. Bien entendu, il était en compagnie d’amis et associés de confiance : les hommes de l’Armée Syrienne Libre, ceux-là mêmes qui ont décapité des chrétiens et des musulmans, violé des femmes et des enfants des deux sexes, vendu des jeunes filles comme esclaves sexuelles en Turquie, et mangé cru le foie d’un homme (*), toutes choses qu’ils ont fièrement filmées et téléchargées.

Auparavant, la Syrie n’avait pas de terroristes d’Al-Qaïda, et avait traversé la guerre en Irak voisin sans autre dommage que de recevoir et d’accepter 2 millions d’Irakiens réfugiés. Peu de temps avant que le soulèvement mis en scène à Deraa ne commence, Brad Pitt et Angelina Jolie avaient été à Damas les hôtes du Président et de la Première Dame. Pitt et Jolie étaient venus pour visiter et apporter leur soutien aux réfugiés de guerre irakiens. Et Brad Pitt avait été stupéfait d’être piloté personnellement par le président syrien, sans gardes du corps ou équipe de sécurité. Pitt et Jolie étaient habitués à leur propre équipe de sécurité lourde, sans laquelle ils ne se déplacent pas aux États-Unis. Mais le président Assad leur avait expliqué que sa femme et lui se sentaient en sécurité et parfaitement à l’aise dans les rues de Damas. Et il est indéniable que l’association des agences de voyages françaises considéraient alors la Syrie comme la destination touristique la plus sûre de toute la région méditerranéenne, c’est-à-dire également plus sûre que la France elle-même.

Cependant, la stratégie américaine était de créer un « nouveau Moyen-Orient », qui allait faire disparaître toute sécurité en Syrie aux moyens de la tornade qui s’approchait, aussi appelée « vents du changement ».

La Tunisie, la Libye, l’Égypte et la Syrie devaient être les sentiers d’accès au jardin du « printemps arabe ». Mais la mission syrienne n’a pas suivi le script. Elle a dépassé ses délais et son budget. Le générique de fin doit encore être déroulé, et le rideau tomber sur le spectacle.

On ne peut pas sous-estimer le rôle que les médias de masse ont joué dans la destruction de la Syrie. Par exemple, Rula Amin d’Al Jazeera est venue à Deraa et a personnellement interviewé l’imam Sayasneh, à la mosquée Omari. Al Jazeera est un média appartenant à l’État, qui l’exploite pour le prince du Qatar. Le prince du Qatar a été l’un des principaux bailleurs de fonds des terroristes qui ont attaqué la Syrie. Les États-Unis fournissaient les armes, l’approvisionnement et les images militaires par satellites, mais l’argent pour la paie, les pots de vin en Turquie, et toutes les dépenses nécessitant de l’argent liquide étaient payées par le prince du Qatar et le roi d’Arabie Saoudite, qui jouaient leurs rôles d’alliés les plus proches des États-Unis au Moyen-Orient. Ce fut une co-production entre, principalement, les États-Unis, l’UE, l’OTAN, la Turquie, la Jordanie, Israël et les monarchies arabes du Golfe Persique, au premier rang desquelles l’Arabie Saoudite et le Qatar. La CIA n’a pas de problèmes de conscience avec ses interventions secrètes dans des pays souverains, ni même avec les agressions pures et simples à grande échelle, mais il importe que le financement soit à la charge d’un pays étranger, parce que les électeurs américains se fichent bien de tuer des gens en Syrie, mais ils ne se fichent pas du tout d’avoir à payer pour le faire. Tant que les Arabes ont payé pour l’entreprise, ç’a été OK pour M. Toulemonde, qui, de toute façon, n’était sans doute pas capable de trouver la Syrie sur une carte.

Pour soutenir de leur côté l’entreprise, Rula Amin et d’autres membres du personnel d’Al Jazeera, CNN, la BBC et France24 ont tous commencé une campagne de propagande politique délibérée contre le gouvernement syrien et le peuple syrien qui souffraient de la mort et de la destruction provoquées par les terroristes se faisant passer pour les acteurs d’un soulèvement local. Certains jours, les scripts étaient tellement identiques qu’on aurait pu les croire écrits dans une seule et même chambre d’hôtel n’importe où. Et firent leur apparition sur la scène les vedettes des médias en ligne : Robert Fisk, de son poste d’observation à Beyrouth et Joshua Landis de son perchoir dans l’Oklahoma. Ces deux hommes, physiquement si éloignés des événements réels, prétendaient savoir tout ce qui se passait en Syrie.

SOURCE SUITE ET FIN :source

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https://www.les-crises.fr/syrie-panique-chez-les-egorgeurs-de-lotan/