Mondialisme vs Pangermanisme : Crise grecque-le rapport interne qui accable le FMI !

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Crise grecque : le rapport interne qui accable le FMI

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Isabelle Couet   |Le 29/07 Les Echos

La gestion calamiteuse crise grecque Fonds Monétaire International mise évidence rapport d’évaluation publié 28 juillet. 

Le bureau indépendant d’évaluation du FMI a publié un rapport très sévère. Décisions hâtives, pression politique, règles contournées, le FMI a perdu pied en Grèce.

C’est un rapport qui, au milieu de l’été, a au moins fait réagir une personne : Yanis Varoufakis, l’ancien ministre des Finances grec. Après la parution des 80 pages rédigées par le bureau indépendant d’évaluation du FMI sur la gestion de la crise de la zone euro, l’ex- star de la politique a demandé sur Twitter la démission de Poul Thomsen, l’homme du Fonds en charge des programmes pour la Grèce et le Portugal.

« Le FMI confesse avoir immolé la Grèce pour le compte de l’Eurogroupe », résume Yanis Varoufakis, après avoir pris connaissance de ce rapport accablant.

Le travail d’investigation du bureau indépendant n’a manifestement pas été facile. Il est écrit que les enquêteurs ont eu du mal à obtenir les documents confidentiels qui étaient nécessaires à leur analyse. On comprend pourquoi. Ils accusent le FMI d’avoir pris des décisions hâtives, en contradiction avec ses propres règles au sujet de la Grèce.

Le FMI déclenche un plan d’aide à la Grèce sans restructuration de dette préventive

Ainsi, en mai 2010, le comité de direction du Fonds donne son feu vert à un plan de sauvetage du pays. Des fonds vont être débloqués pour permettre à Athènes de faire face à la tourmente, alors que le pays perd l’accès aux marchés financiers. Or, le « board » a approuvé cette décision « sans chercher à effectuer une restructuration de dette préventive », soulignent les experts, « alors même que la dette souveraine n’était pas jugée soutenable avec une forte probabilité ». Et d’enfoncer le clou : le cadre pour les sauvetages exceptionnels a été respecté de « manière superficielle ». Pour coller à la situation, le FMI a même formellement modifié ses règles, mais sans mener de débats approfondis.

Les équipes du Fonds sujettes à une pression politique dans la gestion de la crise de la zone euro

Le second grief est lié au premier : le Fonds n’a pas su garder son indépendance. « Le fonctionnement de la Troïka (BCE, Commission européenne, FMI) a pu exercer une pression politique sur les équipes techniques ». Dans ce cadre, le bureau d’évaluation critique les projections de croissance « excessivement optimistes » produites par le FMI. « Les leçons des précédentes crises n’ont pas toujours servi », déplorent les experts.

Et de conclure : « la gestion de la crise de la zone euro par le FMI pose la question de la responsabilité et de la transparence, qui entretient l’idée que le Fonds a accordé un traitement spécial à l’Europe ». Un coup dur pour l’institution. Les auteurs du rapport invitent le FMI à prendre un certain nombre de mesures pour renforcer son indépendance et sa crédibilité. Le Fonds immolé sur l’autel de la zone euro ?

http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0211170331732-crise-grecque-le-rapport-interne-qui-accable-le-fmi-2017792.php?b7QAymrGfoFLmU44.99

Grèce : la responsabilité du FMI mise au jour, mais tout continue comme avant

Romaric Godin www.latribune.fr  juillet 29, 2016

 

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Un peu plus de six ans après le début de la crise grecque, la narration officielle, le « storytelling » qui a été élaboré par les gouvernements et les institutions qui ont géré cette crise, tombe chaque jour un peu plus en lambeaux. Alors que la malheureuse Grèce, soumise à un troisième mémorandum signé voici un an avec ses créanciers, n’en finit pas de s’effondrer économiquement, le FMI, membre de la troïka qui a supervisé la gestion de cette crise, n’en finit pas de procéder à des mea culpa tardifs, mais sans appels.

Absence de discussions internes

Après avoir reconnu qu’elle avait sous-estimé les « multiplicateurs budgétaires », autrement dit l’impact de la consolidation budgétaire sur la croissance, pour la Grèce, l’institution de Washington avait récemment, dans un article de recherche reconnu les effets négatifs des politiques d’austérité imposées à Athènes. Ce jeudi 28 juillet, un nouveau rapport est venu critiquer le rôle pris par le FMI dans sa gestion de la crise grecque. Et il est sévère. Le Bureau indépendant d’évaluation du FMI (IEO) a publié un long rapport sur le « FMI et les crises en Grèce, au Portugal et en Irlande » qui dresse un constat : le FMI a agi sous la pression des intérêts de certains pays de la zone euro, contre ses propres intérêts et a cherché pour cela à court-circuiter le conseil d’administration. Cette procédure a clairement conduit à des erreurs d’appréciations majeures de la situation, notamment en Grèce.

Dans son rapport, l’IEO confirme notamment ce que, entre autres, la Commission de Vérité sur la dette grecque, établie au printemps 2015 par le parlement hellénique, avait pointé du doigt : pour faire passer le soutien financier à la Grèce du FMI malgré le caractère insoutenable de la dette grecque, la direction de l’institution a fait adopter discrètement une modification des critères d’accès à l’aide du FMI. « Le conseil d’administration n’a pas été consulté sur cette question. En fait, les directeurs ne furent pas même informés des doutes des équipes sur la soutenabilité de la dette grecque », estime l’IEO. Et de poursuivre : « ni la direction du FMI, ni les équipes n’ont cherché à porter l’attention du Conseil sur la décision proposée de modifier les critères ou sur le fait qu’un critère d’accès exceptionnel serait modifié en approuvant le programme grec ». En clair : il y a eu clairement une volonté de tromper le Conseil, en incluant cette modification cruciale, qui plaçait le FMI dans la position de s’exposer à un pays insolvable. L’IEO renforce cette idée en précisant que le Conseil a été pressé par le temps, et n’a pas eu la possibilité de regarder le programme en détail.

Conséquences désastreuses

Les conséquences de cette pratique ont été désastreuses pour la Grèce. Ce pays s’est en effet retrouvé dans la situation de devoir gérer une dette insoutenable et croissante. L’issue de cette impasse était une autre impasse : demander toujours plus d’aides pour rembourser la dette. Créer donc un schéma de Ponzi, avec la complicité du FMI et des pays de la zone euro désireux de maintenir la fiction de la « soutenabilité » de la dette grecque. C’est ce montage qui a obligé la Grèce à aller toujours plus loin dans la politique d’austérité puisque ses créanciers continuaient à vouloir faire croire qu’une purge budgétaire et des « réformes structurelles » suffiraient à rendre la dette soutenable. Cette « tromperie » du FMI est donc une des sources des maux grecs. En passant, on remarquera que l’IEO estime que ceci pose un problème de « légitimité » pour le FMI. Une question de légitimité qui se pose aussi pour la dette du FMI alors contractée par la Grèce et qui, en 2015, a pesé si lourd dans le sort du pays.

Soumission à la zone euro

Si le FMI avait appliqué ses critères habituels, il aurait imposé une restructuration de la dette dès 2010. C’est la procédure habituelle du Fonds : faire de l’austérité contre une coupe dans la dette. Selon une étude parue en 2015 aux Etats-Unis, les équipes avaient proposé cette possibilité au directeur général d’alors du FMI, Dominique Strauss-Kahn. Ce dernier l’aurait cependant rejeté et aurait refusé de le proposer aux Européens. Et ceci pose un autre problème majeur posé par l’étude de l’IEO : les amours coupables entre le FMI et la zone euro. Car les causes de ce refus de la restructuration de la dette en 2010 sont connues : c’est la protection des banques européennes, principalement françaises et allemandes, exposées à la dette grecque. Il fallait rapidement venir à la rescousse de ces créanciers, pour leur donner le temps de vendre les titres à des investisseurs rassurés par l’implication du FMI.... suite