"On m'a demandé de ne pas proposer d'article 'factuel', mais d'insister sur la 'tristesse des familles' et de parler (remettre en cause) la sécurité de la compagnie aérienne égyptienne.

Une journaliste belge remerciée après le crash de l'A320 de l'Egyptair. Dans la nuit de mercredi à jeudi, un avion qui faisait la liaison entre Paris et le Caire s'est écrasé en mer pour des raisons qui restent pour l'heure inexpliquées. Ce midi, Vinciane Jacquet, correspondante au Caire du journal belge "Le Soir", a indiqué qu'elle avait été remerciée par sa direction. "Aujourd'hui, je ne suis plus la correspondante au Caire du journal Le Soir" a-t-elle fait savoir dans un "pavé colère" publié sur sa page Facebook. Selon Vinciane Jacquet, cette mise à l'écart est due à de grosses divergences éditoriales quant à la couverture de cet accident.

"J'ai décidé de dire non"

"On m'a demandé de ne pas proposer d'article 'factuel', mais d'insister sur la 'tristesse des familles' et de parler (remettre en cause) la sécurité de la compagnie aérienne égyptienne. J'ai refusé en expliquant n'avoir eu aucun accès aux familles (elles ont refusé de parler aux médias), puis que, la cause de l'accident n'étant pas connue (nous n'avons meme pas d'indices), je ne pouvais accuser ni suggérer la responsabilité d'Egyptair'", écrit-elle, en ajoutant avoir tout simplement dit "non" à sa rédaction en chef.

"Dans ce temps où les gens accusent les journalistes de mentir, d'amplifier, de maquiller, de couvrir les responsables, bref, ne leur font pas confiance, j'ai décidé de dire non, et de ne pas céder au journalisme de sensation au mépris du journalisme d'information et de son éthique. (...) Je ne le regrette pas, j'en suis meme fière", ajoute-elle dans ce texte que puremedias.com vous propose ci-dessous.

(Attention, pavé colère)
Aujourd'hui, je ne suis plus la correspondante au Caire du journal Le Soir. Hier, suite à la disparition de l'avion Egyptair entre Paris et Le Caire, on m'a demandé de ne pas proposer d'article "factuel", mais d'insister sur la "tristesse des familles" et de parler (remettre en cause) la sécurité de la compagnie aérienne égyptienne. J'ai refusé en expliquant n'avoir eu aucun accès aux familles (elles ont refusé de parler aux médias), puis que, la cause de l'accident n'étant pas connue (nous n'avons meme pas d'indices), je ne pouvais accuser ni suggérer la responsabilité d'Egyptair. Aujourd'hui, on me "remercie". Je ne suis pas "opérationnelle". Soit. Dans ce temps où les gens accusent les journalistes de mentir, d'amplifier, de maquiller, de couvrir les responsables, bref, ne leur font pas confiance, j'ai décidé de dire non, et de ne pas céder au journalisme de sensation au mépris du journalisme d'information et de son éthique. Et tout ça, si j'ose le dire, pour un salaire dérisoire. 

Je ne le regrette pas, j'en suis meme fière. Ce genre de demande de leur part, insister sur "l'excitation" plutot que sur les faits, n'était pas une première, mais concernait des sujets moins graves et où j'ai donc "laissé couler". Il est primordial que nous, journalistes, freelance ou pas, sachions dire non et nous souvenions que nos mots, nos angles, peuvent avoir des conséquences dévastatrices sur les individus. Il est primordial que nous soyions ceux qui restaurions la confiance perdue des lecteurs. Les rédactions ne le feront apparemment pas, ou peu. Longue vie au journalisme d'information.

Vivement un flic dans une mare de sang…     


         

L’image prime sur tout, l’émotion ayant remplacé depuis longtemps la réflexion.

             Les images de cette voiture de police incendiée hier sont incontestablement d’une violence extrême et attestent de la détestation de toute forme d’autorité véhiculée par ces groupes de casseurs anarchistes qui n’ont qu’un seul but : instaurer le chaos qui conduira à la guerre civile et à la refonte d’un monde meilleur à leurs yeux, selon leurs critères bien entendu…
Nous sommes outrés, à juste titre, par ces comportements, si mollement dénoncés par bon nombre de politiques, de syndicalistes, de « responsables » étudiants ou lycéens, englués dans la « bien-pensance » de gauche.
Mais il y a tout aussi violent et indécent : ces journalistes courant autour de la voiture à la recherche du meilleur cliché possible, de l’image que toutes les chaînes d’info s’arracheront…
Sera-ce l’un des casseurs s’acharnant sur la vitre du conducteur coincé à l’intérieur, le coktail Molotov jeté sur la banquette arrière, la passagère suffoquant dans l’habitacle, l’embrasement de la voiture ?
À moins que le policier frappé à peine sorti ne fasse grimper les audiences…
Il n’est venu à l’esprit d’aucun de ces valeureux journalistes de porter secours aux policiers, de s’interposer ; non, ils ont tous continué à filmer ou à faire crépiter leur objectif, galvanisés par l’adrénaline de la photo choc…
Le pire est que ce n’est même pas par peur des représailles des jeunes déchaînés !
 
Ce serait plus rassurant car on a connu dans l’histoire des pleutres qui sont devenus des héros…

sans-titre

Non, persuadés de faire leur « devoir », de répondre à leur pseudo-vocation qui serait d’informer à n’importe quel prix (souvent plutôt celui de leurs émoluments, d’ailleurs !), ils ont continué leur incessant ballet autour de la voiture en feu.
C’est dire dans quelle désolante société de spectacle nous vivons !
L’image prime sur tout, l’émotion ayant remplacé depuis longtemps la réflexion.
L’intention de blesser, voire de tuer, était à son paroxysme et nous aurions pu assister à un lynchage en direct, fidèlement couvert par ces défenseurs de la liberté d’expression…
On pourrait souligner que ni les passants, ni les automobilistes ne sont intervenus non plus, à l’exception d’un manifestant qui a fini par aider la policière à sortir du véhicule…
Mesdames et Messieurs les rédacteurs en chef, nous aurions préféré nous passer de ces reportages à sensation diffusés en boucle et apprendre que vos journalistes avaient prêté assistance à ces représentants des forces de l’ordre, qui revenaient de faire leur « patrouille de nuit debout » sur le périphérique…

Conscients du traumatisme qu’ils leur auraient certainement évité, nous aurions été réconfortés par ces actions courageuses.

Nul doute que cela nous aurait fait plus grandir que de nous offrir de nous rincer les yeux avec ces images odieuses…

Mais les manifestations ne semblent pas terminées, alors « vivement un flic dans une mare de sang ».

 Ce sera la pige de l’année !
la maman du policier attaque par les antifa sous le choc