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Oups ! Avec les biocarburants, l’Europe a augmenté les émissions de CO2

S’il y avait un marché des idées idiotes, nul doute que les politiciens y seraient des acteurs de premier plan. Et parmi ces idées idiotes, celle d’utiliser de la nourriture pour faire rouler nos voitures afin de réduire les émissions de CO2 aurait sans doute une place de choix, dans le podium des imbécilités de choix.

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Et pourtant, malgré cette place évidente au sommet des idioties, l’usage des bio-carburants (tant les huiles que les alcools) ne cesse de s’étendre.

On sait, depuis la dernière crise et les rapports circonstanciés de la Banque Mondiale et de la FAO, qu’utiliser du maïs, du colza ou du tournesol pour produire des huiles et de l’éthanol qu’on brûlera joyeusement dans nos voitures ensuite, incline furieusement à provoquer des tensions sur les marchés des matières premières agricoles, tensions qui peuvent aller jusqu’à des émeutes.

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Mais quand bien même : ce n’est pas parce qu’une idée est intrinsèquement idiote qu’il faut s’en tenir là.

Même si la production de biocarburants est extrêmement coûteuse et complètement inadaptée au parc automobile mondial, cette idée ne pouvait pas être arrêtée en si bon chemin. D’une part, cela reviendrait à remettre en cause les douzaines de petits robinets à subvention qui déversent de l’argent public gratuit dans les gosiers de ceux qui, justement, mobilisent des terres arables pour ce genre de lubies. On comprend que certains se sont fait des fortunes avec le procédé (en entrée, des terres cultivable et un gros paquet d’argent des autres, en sortie, quelques litrons d’un produit qui partira en fumée) et ils n’entendent absolument pas que la bonne combine s’arrête, quitte pour eux à arroser, à leur tour, quelques élus compréhensifs et quelques organisations non gouvernementales-mais-presque.

D’autre part, arrêter brutalement la production de ces biocarburants reviendrait à admettre que les écologistes et les politiciens à leur suite se sont trompés en les promouvant avec autant d’entrain. Dans un cadre scientifique, cela pourrait encore aller, mais l’écologie ne souffre pas d’amendements dans le dogme, comme toute religion directement révélée à ceux qui en sont les doctes professeurs.

Et puis, même si le bilan économique d’un litron de colza est franchement mauvais — cela coûte beaucoup plus cher qu’un litron d’essence minérale, surtout avec la récente dégringolade du prix du baril — au moins ce produit peut-il fanfaronner dans les dîners mondains d’être éco-compatible puisque renouvelable. Autrement dit, dans la doxa officielle, l’huile de tournesol ou l’éthanol de maïs sont peut-être des produits de luxe réservés à la population occidentale riche au ventre plein, mais au moins ils ne polluent pas notre atmosphère en la lardant de coups de CO2 néfaste.

source

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