Douce France : Le temps des hermaphrodites politiques

Pour tromper, les politiciens mentent à la fois sur ce qu’ils sont, sur ce qu’ils envisagent de faire et sur ce qu’ils font. C’est une longue tradition maintenant. Et elle est bien implantée. Au point que la crédibilité du monde politicien glisse asymptotiquement vers zéro. Tout comme celle des médias, remarquons-le en passant, ces gens sont associés dans le mépris populaire. Les électeurs   sont désabusés, quasi unanimes sur le « tous pareils », ou le « tous pourris ».

La légitimité réelle des élus est très faible, l’adhésion inexistante, ceux qui votent encore choisissent par défaut. Il y a bien sur un effet d’apprentissage : ceux qui briguent les mandats connaissent cette situation et ils en tiennent compte.  Ils se positionnent dans l’ambigu, ils brouillent les cartes, ils enfument. Au lieu de dire comment ils voient la situation, d’élaborer un diagnostic pour finalement proposer un plan d’action, ils se créent une image, ils se positionnent sur l’échiquier politique, ils disent « moi je suis ceci, moi je suis cela ». Ils voient une case vide et ils endossent le costume adapté pour l’occuper. Et comme les citoyens sont en fait dépossédés de leur vote par des grands électeurs qui raisonnent de la même façon, ces postulants choisissent, sur l’échiquier politique, la place qui est la plus avantageuse, celle qui a le plus de chance de rallier les choix majoritaires. En son temps, Hollande est passé maitre dans l’art de cette pratique que l’on appelé la Synthèse… Les primaires ont remplacé les préaux d’école.

Pour être élu, Juppé a choisi de se mettre à cheval sur la frontière droite/gauche, il a choisi de nier le clivage et de jouer la carte, historiquement bien connue de la négation des divisions, celle de la troisième voie. Juppé part de l’idée que les Français ne savent pas, au fond, ce qu’ils veulent, il en veut pour preuve, l’alternance.  Et donc il propose, intellectuellement de réaliser l’alternance simultanée. Juppé choisit le marais, l’indistinct. La troisième voie repose sur un appel à l’unité, un appel à la fin des divisions et bien sûr, sur le sacrifice des individus. Il prend appui sur la lignée des professeurs, du type Raymond Barre, qui dénonçait les intérêts corporatistes. Ils demandent aux citoyens le sacrifice de leur identité et leurs intérêts afin que l’intérêt général que le politicien/savant prétend incarner, puisse prévaloir. En fait la troisième voie ainsi conçue est celle des professeurs de Science Po et des Enanistes, c’est celle de la dépossession de la souveraineté au nom du Savoir supposé détenu par le Maître. On gouverne au nom des « gens d’en bas », mais … contre eux.

C’est souvent un aboutissement : le pays a essayé la Droite, il a essayé la Gauche et dans un système de bipartisme, la solution de la troisième voie peut être tentée. Avant on appelait cela le Centre, mais ce n’était pas tout à fait la même chose. Le Centre n’avait pas de consistance, pas de vrai soutien, pas de troupes et nous nous souvenons d’un homme politique un peu « cru » qui nous disait : « le Centre, c’est le vide, c’est le trou du cul ».

La nouvelle troisième voie a été explorée avec peu de succès au plus fort de la crise de la dette européennes dans certains pays du Sud. En fait c’était la voie technocratique, celle du « chef » supposé savoir ce qui est bon pour le pays et le peuple grâce à ses connaissances techniques en matière de monnaie, de finance, de dettes et de fiscalité. En fait ces soi-disant leaders de la troisième voie étaient des faux-nez qui avaient la confiance de Bruxelles et celle des eurocrates et celle des européistes pour mener à bien les politiques qui étaient jugées bonnes non pour les Nations et les citoyens mais pour l’Idée Européenne.

En fait ces gens étaient des ectoplasmes, leur légitimité initiale, celle des premiers jours, reposaient sur deux mythes : le mythe du Savoir et le mythe du choix objectif. Comme si en matière humaine et sociale il y avait des choix « en soi », déconnectés des intérêts. Le mythe du choix objectif a volé en éclats quand les citoyens se sont aperçus qu’on les volait pour rembourser les banques et que l’on dévaluait leur travail pour sauver l’euro des créanciers. L’épreuve de réalité se chargeait de montrer qu’en fait ils ne représentaient rien, si ce n’est l’étranger, et qu’au lieu de faire l’unité ils faisaient l’unanimité… contre eux. C’est normal puisque le projet européen qu’ils incarnaient était projet de destruction nationale et non un projet de reconstruction.

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Nathalie Kosciusko Morizet tente une percée à partir de la même inspiration que Juppé, l’inspiration que nous oserons qualifier de nègre-blanc si on peut encore se permettre de parler .. Elle est non pas « ni-ni » comme Macron, elle n’est pas « au-dessus » comme Juppé, elle est « et-et », et de droite et de gauche ! Ah les braves gens ! Tout est bon, il restait une place et elle l’a prise, peu importe les flacons pourvu que l’on ait l’ivresse, peu importe les contenus politiques on joue les étiquettes. Et donc ici c’est le temps du « et-et », à ne pas confondre avec celui du « bée-bée » ou du « niais-niais ».

Ce qui est incroyable, c’est la névrose de ces gens, névrose qui les place dans un autre monde et les rend incapables de revenir dans le vrai, celui qui existe. Ils sont dans un schéma, dans une abstraction et ils ne se rendent pas compte que ce schéma a volé en éclats, que les courants porteurs, les demandes politiques ne sont pas là, pas dans ces équations.

La demande politique est une demande qui a été produite par la crise du système, par cette crise qui tue la France depuis plus de 30 ans. La demande politique est une demande de réaménagement radical, pas une demande de déplacement des sièges sur le pont du Titanic. La crise a produit spontanément un système de sociale-démocratie UMPS mystifiant assez élaboré il faut le reconnaitre, un système de dépossession de la souveraineté ; et la demande c’est la fin de ce système, le retour à la souveraineté des citoyens. Ce que le peuple demande, ce n’est pas l’enfumage, le flou, les « ni-ni » ou les « et-et », il demande une clarification qui débouche sur une action. Si vous ajoutez les voix des gens qui s’abstiennent, celles des votes blancs, celles de Marine, celles de Mélenchon et celles des petits partis, vous obtenez une très large majorité. Une majorité contre l’enfumage. Et c’est cela seul constat utile, le seul dont il faut tenir compte.

Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate à la primaire de la droite en vue de 2017, oppose un « et de droite et de gauche » au « ni de droite ni de gauche » revendiqué par le ministre de l’Economie Emmanuel Macron lors du lancement de son mouvement « En marche ! »

 

Comment face à la situation catastrophique de la France gouvernée par un groupe de personnes qui a trahi la Gauche et s’est recentré pour ne pas dire droitisé, comment peut-on briguer les suffrages de la droite en prétendant être à la fois de droite et de gauche ? La réponse s’impose d’elle-même, en toute logique, NKM brigue la succession, l’héritage de Hollande et de ses acolytes.

 

 

« Se dire ni de droite ni de gauche, c’est n’être nulle part. Au ni-ni de Macron, j’oppose un « et de droite et de gauche » », déclare la députée de l’Essonne dans un entretien lundi au quotidien Libération. Miracle des mots qui remplace la pensée. Quel journaliste osera et aura la culture politique pour demander à NKM, Madame, quelles couches sociales prétendez-vous représenter, quels groupes sociaux voulez-vous allier et rassembler ?

 

« Moi, je veux pouvoir dire : je suis le produit de la droite et de la gauche. C’est mon histoire politique et familiale. C’est le cas de beaucoup de Français », revendique NKM, dont l’arrière-grand-père André Morizet fut sénateur-maire SFIO de Boulogne-Billancourt.

Le passé personnel de NKM, on s’en fiche. Ou plutôt, pas tout à fait car c’est ce passé bourgeois SFIO/Atlantico/social traître qui certainement a fait d’elle ce qu’elle est : une bourgeoise qui s’est comportée lamentablement dans le scrutin pour la Mairie de Paris. Elle a perdu, là où c’était in-perdable, un chien avec un chapeau aurait fait mieux qu’elle. La vague était porteuse et elle s’est ramassée, rétamée.

La pollution de l’esprit n’a pas de limite et elle traduit quelque chose de fondamental : l’indifférenciation, l’absence de repères, l’absence d’identité ; de la même façon que l’on ne sait plus si on est homme ou femme, de la même façon que l’on prétend que l’on peut être homme et femme, on croit aux hermaphrodites. Heureusement, la crise a décapé les illusions, les Français ne croient plus aux licornes, ils savent faire la différence entre les vessies et les lanternes.

ISF, Macron sur les plates-bandes de la fausse droite

Selon Le Figaro, qui rapporte des propos du ministre de l’Economie dans la revue « Risques », Emmanuel Macron suggère de tourner la page de l’ISF… « Si on a une préférence pour le risque face à la rente, ce qui est mon cas, il faut préférer la taxation sur la succession aux impôts de type ISF ».

Macron, partisan et homme lige du capital internationalisé financiarisé préfère la taxation des successions et on le comprend !

Grace à la taxation des successions on force les familles propriétaires à vendre pour payer les droits et le capital étranger n’a qu’à se baisser pour ramasser pour une bouchée de pain comme cela est en train de se faire pour la énième fois sur Cegid !

La taxation des successions permet de remplacer le capital familial par les fonds du Qatar, ceux des fonds de pension britanniques, américains etc qui ensuite revendent aux firmes internationales avec un profit colossal.

Macron, chouchou des Français, est un fossoyeur. Je crois qu’il nous hait !