La compagne de Fabius était la taulière du Quai d'Orsay

L'ex-madame Baylet menait le ministère des Affaires étrangères à la baguette

"La Face cachée du Quai d'Orsay" est une enquête sur un ministère à la dérive

Le journaliste Vincent Jauvert révèle les coulisses d'une "nomenklatura française ":

trafics, détournements, tricheries... Ce livre regorge de petites histoires et de grands scandales qui se sont joués sous le ministère de Laurent Fabius. Il est pourtant aujourd'hui passé à la tête du Conseil constitutionnel, par la grâce du souverain de l'Elysée. 
 
Le livre commence par l'histoire d'un scandale étouffé. 
Au cœur de ce scandale, on retrouve Bruno Delaye, l'ambassadeur de France à Madrid (2007-2012) qui est accusé de s'être fait rémunérer la location de l'ambassade à Madrid. Le détournement de fonds pourrait avoir atteint 91.000 euros. "Pendant des décennies, le Quai d'Orsay a totalement fermé les yeux sur les petits arrangements avec les frais de représentation alloués aux ambassadeurs, qui atteignent aujourd'hui entre 10 .000 et 200.000 euros par an", relève le journaliste Vincent Jauvert.
Le 1er novembre 2012, sur avis de Fabius, Hollande a néanmoins fait de Delaye l'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de France au Brésil.

La concubine avait la mainmise sur les nominations
On découvre aussi le rôle prépondérant laissé à Marie-France Marchand-Baylet, la compagne de Laurent Fabius. A en croire le journaliste de L'Obs, elle aurait mené à la baguette les attachés de presse du ministre des Affaires étrangères.
Cette Elena Ceausescu, personnage le plus craint de Roumanie au temps de la dictature communiste (1974-1989) et exécutée le même jour que son mari, aurait régulièrement pesé sur les nominations au ministère de son concubin. Ainsi, la nomination d'une diplomate aurait été retoquée à la suite d'un rendez-vous conflictuel avec Marie-France Marchand-Baylet. Une simple "mésentente entre femmes", aurait alors tenté de minimiser Laurent Fabius.
 
C'est encore elle qui a décidé de la restauration du château oublié de La Celle-Saint-Cloud, résidence officielle des ministres des Affaires étrangères. 
 
La vie quotidienne au Quai d'Orsay serait devenue extrêmement difficile. Au point qu'un ambassadeur resté anonyme a déclaré à l'auteur: "Je n'en peux plus du Quai, de sa bureaucratie, de ses ministres fous. Je reste ici le temps de trouver un bon job dans le privé."

Femme de l'ombre, Marie-France Marchand-Baylet portait la culotte
Autre concubine d'influence du quinquennat de Hollande, après Valérie Trierweiler ou Julie Gayet, l'ex-femme de Jean-Michel Baylet, président du parti radical de gauche (PRG) a eu d'autant plus d'emprise sur Laurent Fabius que le temps d'éveil du titulaire du ministère des Affaires étrangères s'est réduit au fil de la quinzaine d'années de leur vie communeLe dimanche 23 août 2015, à Prague (République tchèque), un malaise a en effet révélé au public la santé chancelante de Laurent Fabius.
Au Quai d'Orsay, de mai 2012 à février 2016, Marie-France Marchand-Baylet a possédé un bureau au titre de présidente de l'association, Flag-France Renaissance, dont la mission officielle est de "valoriser le patrimoine français", à commencer par le domaine de la Celle-Saint-Cloud, résidence du ministère. Le montage s'est ainsi conclue entre soi.

Marie-France Marchand-Baylet a obtenu 
de Fabius un ministère
(Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales) pour son ex-mari, Jean-Michel Baylet. Dans la foulée, elle s'est faite nommer  présidente du groupe de presse La Dépêche, propriété de la famille de son ex ! 

Cette éminence grise est une femme d'affaires.
Issue du secteur de l'immobilier et du tourisme, à 63 ans, elle dirige 5 entreprises. Son mandat principal est Administrateur de la Compagnie Meridionale de Voyages et de Tourisme dont son ex-mari Jean-Michel Baylet est président. 
L'enquête dans les coulisses du ministère des Affaires étrangères a en fait conduit à un réquisitoire sévère sur une "maison" dont le prestige s'est effondré.

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Villeneuve-d’Ascq : une élue PS écrouée pour blanchiment 
  

Des voitures de luxe, comme ici en illustration, étaient louées par Prestige Autos, une société qui était dirigée par le fils de Fadila Bilem.
 
Les activités douteuses d’une société de location de voitures de luxe, à Lille, ont débouché sur quatre mises en examen. Parmi les suspects figure Fadila Bilem, conseillère municipale (PS) de Villeneuve-d’Ascq. Elle a été écrouée.

L’information a été révélée ces derniers jours.
 Le 22 mars, la Sûreté du Nord et le GIR (groupe d’intervention régional) ont mené un coup de filet visant les activités troubles de Prestige Autos, une société de location de voitures de luxe implantée à Lille-Sud.
 Quatre personnes ont été mises en examen.
 Deux ont été libérées, sous contrôle judiciaire.
Les deux autres ont été placées en détention provisoire : le directeur de Prestige Autos et sa mère, Fadila Bilem.
 
Celle-ci est conseillère municipale (PS) de Villeneuve-d’Ascq, où elle préside une amicale de locataires de la Confédération nationale du logement.
Et elle travaille au CCAS de Tourcoing, comme chef de service.
Des véhicules impliqués « dans des trafics »

Fadila Bilem est soupçonnée de «blanchiment aggravé», précise le parquet de Lille.
Mais on ignore son rôle précis, peu d’éléments ont filtré.
 D’après nos informations, Prestige Autos était dans le collimateur des enquêteurs pour blanchiment, abus de confiance, banqueroute, faux et usage de faux, et abus de biens sociaux.
Créé en 2012, ce loueur de voitures haut de gamme a vite attiré l’attention de la police.
 «Des véhicules ont été impliqués dans des trafics de stupéfiants, des délits routiers, des violences et une tentative de meurtre          », affirme un proche de l’affaire. Une cinquantaine de voitures (Bentley, BMW X 6, Ferrari 458…) auraient été louées par la société.
Certaines auraient été revendues.
Malgré une liquidation judiciaire en 2015, Prestige Autos aurait continué d’exercer.
Les policiers ont saisi des véhicules, comme une Porsche Macan.
Mais aussi des biens immobiliers appartenant aux deux dirigeants, dont l’un est en fuite, à Lens, Roubaix, Wattignies et Hellemmes.
Et enfin de l’argent liquide, ainsi que des comptes bancaires.
 Ces confiscations sont évaluées à 1,8 million d’euros.
               
Embarras du PS local
 
Didier Manier, conseiller métropolitain et départemental PS, et Victor Burette, secrétaire de la section socialiste villeneuvoise s’avouent eux aussi surpris par la nouvelle.
 Pour l’instant, la section locale du PS n’envisage pas de mesures particulières à son encontre.
Si Didier Manier avait eu vent de démêlés judiciaires en 2002, il pensait que c’était une rumeur.
Quant à Victor Burette, il prétend n’avoir jamais eu connaissance de cette affaire de corruption active dans le cadre d’attributions de logements HLM.
 
Le maire : « Si je l’avais su… »

Le maire de Villeneuve-d’Ascq avoue avoir été surpris par la mise en détention provisoire de Fadila Bilem, conseillère municipale de sa majorité.
Militante PS depuis quelques années, mais élue de fraîche date sur la liste commune emmenée par Gérard Caudron (divers gauche), lors des dernières municipales de 2014, Fadila Bilem était particulièrement investie au sein d’une Amicale CNL (Confédération nationale du logement) à Villeneuve-d’Ascq.
 «Elle m’avait semblé très hostile à LMH, et à son ancien président, Alain Cacheux. Lorsque nous avons constitué la liste des municipales, je me suis étonné de la voir sur la liste présentée par le Parti socialiste. Non pas par rapport à des soupçons vis-à-vis d’elle, mais elle s’était surtout fait connaître par les conflits qu’elle a eus avec le Parti socialiste. C’est quelqu’un qui est apprécié, une élue de terrain. Je n’avais aucune raison de la suspecter», confie Gérard Caudron, le maire de Villeneuve-d’Ascq.
 
Ce dernier précise qu’il ne compte pas prendre de mesures particulières, car il n’a pas le pouvoir de la démettre de son mandat.
 Il affirme par ailleurs ignorer la condamnation de Fadila Bilem dans une précédente affaire d’attribution de logement HLM en 2002.
«Si je l’avais su au moment de la constitution de la liste, ça m’aurait posé problème.»
Fabien Podsiadlo-Regnier, président régional de la CNL est lui aussi tombé des nues en apprenant l’incarcération de Fadila Bilem, qui préside l’amicale des locataires du secteur du Château, à Villeneuve-d’Ascq.
« Fadila a toujours fait un travail incroyable, elle a défendu sans concessions la cause des locataires.  
Publié le PAR BENJAMIN DUTHOIT et F. FL.
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