Le bal des faquins

Ces deux « histoires » démontrent encore à quel point l’oligarchie de ce pays vit dans monde parallèle, à quel point elle est « ailleurs ».

Comment voulez vous que ces gens puissent correctement nous gouverner ou diriger des entreprises alors que la médiocrité, la corruption, l’incompétence, la fatuité, la malhonnêteté intellectuelle et la mauvaise foi suintent par tous les pores de leur peau ?

On commence avec Thévenoud.

« Haï avant d’être connu, je veux tout vous raconter : l’ascension et la chute, les honneurs et la honte » (source)

Le pauvre… Je vous invite à lire l’article, il est édifiant.

Thomas Thévenoud est finalement nommé secrétaire d’Etat au commerce extérieur. Manuel Valls l’appelle. « Il faut que tu apprennes à faire tes valises en vitesse. Tu vas voyager, mon pote. Tu vas faire le tour du monde. Préviens ta femme qu’elle ne va pas plus beaucoup te voir et que tu vas avoir une maîtresse dans chaque port. T’es un veinard, quand même », aurait glissé le Premier ministre.

La scène se serait déroulé dans le bureau du secrétaire d’État au Budget. « En avril, tu as failli être nommé déjà… Tu sais pourquoi tu n’as pas été nommé finalement » ? « C’est à cause de tes impôts. L’Élysée savait et, au dernier moment, ils ont fait machine arrière », aurait dit Christian Eckert. Pourquoi a-t-il donc finalement été choisi à la fin de l’été ? « Ils ont dû oublier », répond le secrétaire d’Etat.

Au lendemain de sa chute, il reçoit un message. Le SMS est signé Jérôme Cahuzac. « Alors que la concurrence était vive, tu fus un des plus durs avec moi », écrit l’ancien ministre du Budget, lui aussi déchu. « Permets-moi de te dire ma tristesse pour toi car je sais bien que tu étais sincère. […] Je te souhaite courage et force. »

Thomas Thévenoud regarde la séance de questions d’actualité à l’Assemblée. Les mots du Premier ministre lui « soulèvent le cœur ». « Un spasme m’oblige à vomir […] Chaque mot est un coup de poignard […] J’ai le souffle court. Je vomis à nouveau […] Je pleure, la tête penchée sur la cuvette. » Le socialiste reçoit un SMS d’un proche de Manuel Valls. « Nous sommes quelques-uns à penser à toi pendant que Manuel nous fait son numéro. C’est un bien petit torero que celui qui torée sans taureau. Courage. »

Si tout cela est vrai, il ressort surtout des ces extraits une confirmation. Le personnel politique français est totalement et complètement détaché de toutes les réalités du peuple (par peuple, j’entends « celui sur qui s’exerce le pouvoir »).

On continue avec Anne Lauvergeon, l’énarque incompétente qui a mené Areva à la faillite.

Longtemps désignée comme responsable de la chute d’Areva, Anne Lauvergeon, qui sera bientôt entendue par la justice sur les conditions d’acquisition d’Uramin (société d’uranium acquise en 2007 par Areva pour 1,8 milliard d’euros, ndlr) et le bilan d’Areva en 2010, «encaisse sans me plaindre les malveillances et les coups tordus, mais je souffre. La violence de ces attaques me sidère». (source)

Et rejette la responsabilité de ses échecs sur l’Etat. Sauf qu’elle oublie qu’elle est elle aussi une oligarque, une énarque, mise à la tête de la Cogema (qu’elle transforme après la fusion avec Framatome en groupe nucléaire public, sous le nom d’Areva) par Mitterrand.
Elle est la parfaite représentation de l’incompétence de l’Etat en matière économique et industrielle et elle est un excellent symbole démontrant qu’il faut, au plus vite, supprimer l’ENA.

Notez que son mari vient d’être mis en examen pour délit d’initié et blanchiment dans un volet de l’enquête sur le rachat calamiteux de la société Uramin par le géant du nucléaire en 2007, a-t-on appris de source judiciaire, confirmant une information du Parisien.

Olivier Fric était visé dans une note de la cellule de renseignements de Bercy, Tracfin, selon laquelle il a pu tirer profit des informations dont il a bénéficié sur le rachat d’Uramin par Areva. Il a été mis en examen à Paris par les juges d’instruction du pôle financier pour délit d’initié et blanchiment, a précisé la source judiciaire. (source).

source

Dossier UraMin /Areva : mise en examen du mari d’Anne Lauvergeon

Anne Lauvergeon loin d’être sortie de l’auberge de l’affaire UraMin … Olivier Fric, le mari de l’ancienne présidente d’Areva, vient d’être mis en examen pour délit d’initié et blanchiment dans le cadre de l’enquête sur les conditions du rachat de la société minière canadienne. Une indication émanant d’une source judiciaire, confirmant une information du journal Le Parisien.

Le mari d’Anne Lauvergeon  est soupçonné par la justice d’avoir réalisé une plus-value grâce à des informations dont il aurait bénéficié au sujet de cette opération réalisée en 2007  qui aura eu notamment pour conséquence de plomber les comptes du géant du nucléaire français.

Selon une source proche du dossier, Olivier Fric, conseiller dans le domaine de l’énergie, est ainsi directement visé dans une note émanant de la cellule de renseignements de Bercy, Tracfin, cette dernière laissant entendre qu’il aurait pu tirer profit d’une information dont n’ont pas bénéficié les autres acteurs du marché boursier sur le rachat d’Uramin par Areva.

Selon la note, la cellule de Bercy relève des achats de titres entre mai et juin 2007, peu de temps avant l’annonce officielle le 15 juin 2007 d’une OPA d’Areva sur UraMin. Les titres avaient été revendus en bloc le 20 juin 2007, permettant de dégager un bénéfice net de près de 300.000 euros.

Rappelons que cette acquisition fait l’objet d’une enquête au parquet national financier (PNF) depuis février 2014 suite au signalement par la Cour des comptes d’éventuelles irrégularités.

Olivier Fric est concerné par le premier volet du dossier portant sur des chefs d’escroquerie, d’abus de bien social, de corruption d’agent public étranger et de délit d’initié. Tracfin s’interroge en effet sur des achats de titres d’UraMin par une société suisse dont Olivier Fric et son associé étaient les ayant droits économiques sans apparaître comme les gérants effectifs de la structure.
La cellule de renseignements de Bercy soupçonne qu’il y ait eu une volonté de masquer l’opération. En effet si M. Fric n’est pas le bénéficiaire effectif de cette entité, il est néanmoins l’ayant-droit économique des comptes bancaires.

« Mon client n’a jamais travaillé chez Areva ni pour Areva. Il n’a jamais été bénéficiaire d’une information sur la gestion ou la stratégie du groupe qui ne soit publique », a déclaré pour sa part Me Mario Stasi, l’avocat du mari d’Anne Lauvergeon.

Le second volet est lié quant à lui à des soupçons de présentation de comptes inexacts, diffusion d’informations fausses ou trompeuses, abus de pouvoir, faux et usage de faux.

S’exprimant mercredi dans le journal le Parisien, Anne Lauvergeon se défend toutefois d’avoir partagé des informations confidentielles avec son époux. Pas de discussion sur l’oreiller au sujet d’Areva semble-t-elle ainsi affirmer … Ajoutant que « les règles de confidentialité chez Areva étaient très strictes. Les liens du mariage ne prévoient pas qu’on partage les secrets qui ne vous appartiennent pas », déclare ainsi l’ancienne dirigeante.

« C’est l’ex-associé de mon mari, un ancien trader, qui gérait les fonds de leur entreprise et décidait des placements. Il a fait un grand nombre d’investissements, dans le secteur minier notamment », a-t-elle néanmoins précisé.

Au cours du même entretien, l’ancienne dirigeante d’Areva tente à nouveau de justifier le rachat d’UraMin par le fait que le groupe nucléaire « avait besoin de garantir l’approvisionnement en uranium de ses clients électriciens ».

Rappelons que l’acquisition d’UraMin en 2007 pour 2,5 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros) avait contraint Areva à inscrire dans ses comptes en 2010 et 2011  des provisions d’un montant total proche de 1,9 milliard d’euros en vue de tenir compte de la dévalorisation des actifs de la société, consécutive à une baisse des cours de l’uranium  et de ses réserves estimées.

Sources : Reuters, AFP, Le Parisien

10f5e7da02817256370aee56d6ca301c

Les crétins du nucléaire nous avaient promis la lune et renvoyaient leurs opposants à la bougie et aux cavernes du paléolithique. Quarante ans plus tard, Areva est vendu à l’encan, et EDF cherche des dizaines de milliards d’euros pour continuer la fête.
EDF, ce monstre né en 1946 d’une alliance patriotarde entre staliniens et gaullistes, est en faillite virtuelle. Disons qu’une entreprise privée serait aux soins palliatifs. Comme de bien entendu, il n’est pas question de le reconnaître. Pour bien apprécier, il va falloir résumer hardiment, mais nous en avons l’habitude.
En juin 2015, après beaucoup d’atermoiements, le gouvernement reconnaît la fin d’Areva, énorme société nationale que l’État actionnaire possède à près de 90 %. Pendant quinze ans, Areva a fait extraire de l’uranium dans ces contrées lointaines ou l’on crache son nez et ses dents, puis a fabriqué avec du combustible et construit des réacteurs nucléaires vendus enfin à son cher client EDF. 
nucleaire areva
Mais, tout a fini dans les pleurs. Anne Lauvergeon, jadis propulsée dans la carrière par Mitterrand, a dirigé Areva entre 2001 et 2011, et, sous son règne, le fric s’est comme dissous dans le panache de fumée des centrales. Elle s’est fait avoir par des bonimenteurs et a payé 3 milliards d’euros (d’argent public) pour des mines d’uranium où il n’y avait pas d’uranium. Et lancé le chantier miraculeux d’un prototype de nouvelle centrale – l’EPR – en Finlande, dont le coût est passé grossièrement de 3 à 9 milliards. L’EPR d’Olkiluoto devait ouvrir en fanfare en 2009, mais l’on parle désormais de 2018. Peut-être. A l’arrivée, toutes ces joyeusetés, des pertes cumulées se chiffrant en milliards d’euros et, car la justice règne, de copieuses et constantes augmentations de salaires décidées par Anne Lauvergeon pour récompenser Anne Lauvergeon.
Ça risque fort de chauffer grave.
On reprend. Areva se noie et, en juin 2015, le gouvernement socialo oblige EDF – propriété d’État à près de 85 % – à dû en racheter une vaste partie, grosso modo la construction des réacteurs. Il était temps, car en décembre, l’agence de notation Standard & Poor’s décide de placer la dette à long terme d’Areva dans la pénible catégorie highly spéculative. Très spéculatif. L’État, qui n’a, on le sait, plus un rond, promet une augmentation de capital de 5 milliards d’euros. Qu’on attend… 
CbmXdJqVAAIQAKj
EDF rachète donc la division réacteurs d’Areva. Sauvé ? C’est tout le contraire, car notre Électricien préféré commence l’année 2016 sans avoir la moindre idée en tête pour financer ses projets. La parc de 58 réacteurs nucléaires géré par EDF est vieillissant. Les centrales, prévues pour durer vingt-cinq, trente, parfois quarante ans, sont systématiquement « prolongées ». Edf est même en train d’obtenir un cadeau royal : une prolongation à cinquante, voire soixante années !
Seulement, la manœuvre se heurte a de tous petits problèmes de sécurité. Présentant ses vœux en janvier, le président de l’Autorité de santé nucléaire (ASN), Pierre-Franck Chevet a lâché des mots qui ont fait trois fois le tour de la nucléosphère : « Le contexte de la sûreté et de la radioprotection est particulièrement préoccupant. Nous entrons dans une phase sans précédent, et les industriels qui portent les enjeux de sûreté sont en difficulté. » En langage codé : ça risque fort de chauffer grave. Et d’autant plus que, grâce au coup de massue post-Fukushima, EDF est obligé d’investir massivement dans la modernisation de ses vieilles choses. Pas par choix, par obligation. Combien ? On parle de 51 milliards d’euros sur dix ans, entre 2015 et 2025.
Pour comble, l’avenir est noir, car l’EPR, s’il devient un jour commercial, est une sorte de Concorde du XXIème siècle. Bien trop cher pour les pays du Sud, il est concurrencé et supplanté par les technologies russes ou coréennes qui emportent marché sur marché. Tête du pauvre Jean-Bernard Lévy, patron d’EDF, interrogé par Le Monde (17/02/2016). Il ne peut lâcher aucune vérité, car la Bourse fait perdre des centaines de millions d’euros à EDF pour chaque parole mal rabotée. Mais il ne peut se taire totalement, ce qui donne, après demande de gros sous auprès de l’État : « L’équation financière d’EDF est difficile…« 

Charlie Hebdo – 24/02/2016 – Fabrice Nicolino –