Prétendu racisme français : la Grosse Bertha de la propagande

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Attention, tous aux abris. Les escadrons de propagande s’affairent autour de la Grosse Bertha ; ils s’apprêtent même à allumer la mèche ; des milliers d’obus, chargés de boules puantes, de gros mensonges, d’énormes contrevérités, de manipulations grossières, etc. – la Propagande, quoi ! et rien d’autre – ont été stockés près de la batterie de tir, près d’être tirés sur la France et les Français. Le jour J est arrivé… La propagande est toujours la même : c’est celle qui chante la diversité, qui fait du « vivre-ensemble » le seul horizon possible de la France, qui tient l’islam pour l’alpha et l’oméga de l’univers, pour qui le métissage consiste à croiser une race inférieure (les Français) avec une race supérieure (toujours la même) dans le but d’améliorer la race inférieure, etc.

Le prétexte est minuscule. Il a commencé à arriver sur les médias bien-pensants : Inter, Canal, Culture, Info, la 2, la 3, Arte, Libé, l’Obs, l’Immonde und so weiter, comme on disait dans les services de la Propaganda Staffel. Ce prétexte, c’est le clown dont le nom de scène était Chocolat (il a pris ce nom ou on le lui a donné à cause de la couleur du chocolat, car ce clown était noir) et qui a connu un immense succès, avec son partenaire Footit, au Grand Cirque de Paris à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. En soi, tout cela est banal. Quelle signification sociale, politique ou culturelle donner au personnage, certes talentueux, d’un divertissement populaire ? Aucune. On ne sature d’aucune signification, quelle qu’elle soit, les succès internationaux du clown Grock, qui n’était pas noir, mais suisse, ni ceux d’Achille Zavatta, qui était français d’ascendance italienne.

Chocolat est un enfant d’esclaves et esclave lui-même : il ne connaît ni sa date ni son lieu de naissance ; il n’a pas d’état-civil, pas de patronyme, peut-être un seul prénom (Rapha). Son identité était d’être esclave, c’est-à-dire un bien dont on pouvait hériter ou que l’on pouvait vendre et qui était destiné à accomplir les tâches les plus basses, sans recevoir quoi que ce soit en matière de rémunération, sinon des coups. En un mot, l’horreur. Cela ne se passait pas en France, où l’esclavage est interdit depuis la nuit des temps, ni dans les colonies de la France, où il a été aboli en 1848 – sans doute trop tard, aboli il est vrai au début de la Révolution, il a été rétabli par ce cher « républicain » qu’était Bonaparte. Cela a commencé à Cuba à la fin des années 1860, il y a donc un siècle et demi. Cuba était alors une colonie espagnole. Rapha a été vendu, alors qu’il devait avoir une dizaine d’années, à un riche négociant portugais qui a fait de lui un garçon de ferme chez sa mère qui avait un grand domaine en Espagne. Là, maltraité, humilié, ayant moins de valeur que le bétail, il s’est enfui du domaine et, pour survivre, il a loué sa force de travail dans un cirque ambulant.

C’est ainsi qu’il a pu entrer en France. Il était doté de qualités physiques exceptionnelles, d’un grand don de mime et il a fait carrière, non pas comme garçon à tout faire, mais comme artiste. Le clown anglais Footit l’a choisi pour partenaire dans le rôle de l’Auguste, souffre-douleur ou tête à claques ou naïf de service, mais qui triomphe des vilenies de son maître autoritaire et stupide. Il a été peint par Toulouse-Lautrec, filmé par les frères Lumière, recruté par des sociétés de music-hall ; il est allé de succès en triomphes, gagnant beaucoup d’argent et vivant à la colle avec une Française, mère de famille et divorcée.

Voilà cavalièrement résumée son histoire. Quel sens peut-on lui donner, si tant que cette histoire individuelle, assez émouvante, en ait un, autre que celui d’une réussite dans le show-biz naissant qui n’a été due qu’à ses talents ? Aucun. Pourtant, si on veut à tout prix « politiser » cette réussite, qui n’a rien d’exceptionnel, la leçon qui peut, à la rigueur, en être tirée se rapporte à la grandeur de la France. C’est en France que cet esclave a connu la liberté ; c’est en France qu’il a connu la dignité ; c’est en France qu’il a cessé d’être un esclave pour devenir un homme libre ; c’est en France qu’il a appris, adulte, à lire et à écrire ; c’est en France qu’il s’est forgé un destin, lui qui était appelé à n’en avoir aucun. La France est une liberté pour ceux qui sont programmés à leur naissance (ailleurs dans le monde) à n’être rien.

Or, c’est la signification tout opposée qui est tirée de cette destinée : France, terre de racisme et de racistes, même à une époque où ces mots n’avaient pas d’existence ; France, terre de mépris, d’exclusion, de discriminations, de stigmatisations, de haine de l’Autre, und so weiter, and so on, eccetera, e cosi via, etc. Sa carrière a été exhumée des archives par un « historien » militant, avec beaucoup de guillemets à « historien », mais aucun à « militant » : cent fois plus militant de chez militant, PC et Ligue, qu’historien. Il a écrit un livre, rédigé un canevas de pièce de théâtre mis en scène par des régisseurs militants, servi de caution scientifique à un film militant qui va être diffusé dans les salles de cinéma. Vendredi 29, ce militant à connotation historique était invité sur Inter (évidemment) dans une émission « historique » à connotation militante, de 13 h 30 à 14 heures.

Chocolat est, selon cet histolâtre, le papier de tournesol du racisme français. La preuve : en 1906 ou 1907, le gouvernement d’alors a obligé les étrangers qui exerçaient une profession en France à se faire enregistrer auprès de la mairie de la commune où ils résidaient. Ce qu’a fait Chocolat, qui résidait, revenus élevés obligent, dans un quartier huppé de Paris. Mais il n’a pas pu se faire enregistrer, l’employé chargé de la chose exigeant, pour remplir le formulaire administratif, que l’impétrant eût un patronyme et un état-civil : il ne pouvait pas enregistrer quelqu’un sans nom, ni date ou lieu de naissance. Le militant hystérique a vu là la preuve du racisme de la République, qui a aboli l’esclavage dans les colonies en 1848, mais qui, depuis cette date, n’a rien fait pour que Chocolat pût disposer d’une identité comme les autres ! Autre preuve de racisme : c’est dans le journal Le Figaro qu’ont été publiés les articles les plus enthousiastes sur les spectacles de Chocolat.

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Or la rédaction du Figaro, à cette époque, était persuadée de la culpabilité de Dreyfus : elle était donc raciste et si elle publiait des articles sur Chocolat, c’est pour inciter les spectateurs à voir dans ce clown la représentation de l’altérité diabolique. Ou encore, à la fin de sa vie (il est mort en 1917), Chocolat a connu la gêne ; la rédaction du Figaro (toujours ce même journal satanique) a ouvert une souscription en sa faveur : les enfants de ses lecteurs ont cassé leur tirelire et leurs parents ouvert leur porte-monnaie (qu’ils avaient épais) pour offrir à Chocolat une fin de vie digne. Mais, selon notre histolâtre, leur générosité avait pour moteur le seul racisme : n’avaient-ils pas, pendant plusieurs années, ri de Chocolat parce qu’il était noir ?

A un moment donné, le militant hystérique a été gêné aux entournures quand le militant journaliste qui l’invitait l’a incité à parler de Cuba, île d’esclavage où est né Chocolat et île où les Noirs, qui sont pourtant très nombreux, sont relégués dans des zones d’infamie. Silence embarrassé du stalinien devenu Ligueux, car depuis 60 ans, Cuba est la patrie du communisme réalisé. Et si le léninisme des Castro n’était qu’une ruse pour que les Espagnols de Cuba accaparent tous les pouvoirs et n’en partagent aucun avec leurs malheureux « compatriotes » noirs, encore presque autant méprisés qu’ils ne l’étaient du temps de l’esclavage, et tout ça en beuglant « Viva la Revolucion ! »...source