L’histoire a de quoi faire frémir ; après un long silence, elle filtre en douceur dans la presse. Dans la nuit du nouvel an, environ un millier de jeunes gens « de dix huit à trente cinq ans, apparemment d’origine arabe ou nord africaine » selon la police, ont encerclé et agressé sexuellement plus d’une centaine de femmes dans la ville de Cologne ; 121 plaintes ont été déposées (NDCI : plus de 160 à l’heure actuel), dont deux pour viols. A Hambourg, Stuttgart, et même à Zurich, en Suisse, à Helsinki, en Finlande, et en Autriche des faits de même nature ont été perpétrés… avec une moindre ampleur, cependant.

16 suspects ont été identifiés, presque tous originaires d’Afrique du Nord. Le ministre de la Justice fédérale a évoqué la possibilité d’une préméditation et d’une synchronisation générale des attaques.

Les grands medias se sont révélés curieusement attentistes ; il aura fallu attendre quatre jours pour qu’ils relaient la nouvelle. La chaîne publique ZDF s’est excusée, je cite : pour le « Jugement erroné » qui l’a conduite à ne pas l’évoquer plus tôt.

Depuis, les formules lénifiantes fusent de la part de la police comme de celle des politiques : beaucoup nient tout lien de cause à effet entre l’immigration et l’événement. La maire de Cologne n’a rien trouvé de mieux que d’inciter les femmes à avoir une tenue adaptée à leurs agresseurs c’est à dire, implicitement, à porter une burka. Elle a en outre ajouté « Nous n’avons aucun indice montrant qu’il puisse s’agir de réfugiés séjournant à Cologne » ; pourtant, la police a noté que les agresseurs étaient presque tous Syriens.

Angela Merkel a hier eu des paroles fortes contre les agresseurs, et a appelé à un débat sur l’identité nationale allemande. Elle a insisté sur la nécessité de faire respecter par tous les valeurs communes de l’Allemagne. Mais ces paroles seront elles suivies d’actes précis ?

La situation de la chancelière est on ne peut plus délicate. Sa politique de la porte ouverte commence à faire ressentir ses effets pervers. 1,1 million d’immigrés sont entrés sur le territoire allemand en 2015. Or, la Suède a rétabli le contrôle de ses frontières le 17 décembre dernier ; le Danemark a rétabli lundi les contrôles le long de sa frontière germanique. L’Allemagne devient une impasse, un cul de sac vers le Nord.

Agressions sexuelles massives par des groupes de migrants 

Le chef de la police de Cologne, Wolfgang Albers, a été  suspendu après les violences perpétrées sur des femmes à Cologne, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. Du côté de l’enquête, c’est la confusion. Un rapport interne accablant souligne la mauvaise gestion de la police cette nuit-là.

Après les événements de Cologne la nuit du 31 décembre dernier, les regards se tournent vers la police. Pourquoi ces faits n’ont-ils été révélés que lundi, soit trois jours après les agressions sexuelles dénoncées par une centaine de femme? Et surtout, pourquoi la police n’a-t-elle pas pu empêcher ces agressions aux abords de la gare de Cologne?

Il lui est reproché notamment d’avoir voulu minimiser les événements: Albers avait d’abord évoqué une « nuit tranquille » à Cologne, avant d’admettre que cette information était fausse.

bfmtv.

Réveillon du Nouvel An: agression sexuelle à Nuremberg et à Ansbach

A Nuremberg, deux jeunes femmes (18 et 19 ans) ont été agressés par un groupe d’environ 20 hommes étrangers [...] Les suspects auraient une vingtaine d’année, la peau sombre et parlant une langue inconnue (ni l’allemand ni l’anglais). [...] La victime de 18 ans n’a osé porter plainte ce jeudi qu’uniquement sur les conseils d’amis et en raison de la couverture médiatique. Auparavant, elle avait pas osé.

Un autre incident similaire, a été signalé à Ansbach. Trois femmes de 16, 18 et 19 ans ont été encerclés par quatre hommes à la peau foncée, probablement des africains noirs et agressées sexuellement. [...]

Source (Traduction FDS)

Des agressions aussi à Bielefeld, Düsseldorf et Francfort

A Bielefeld, des femmes ont aussi été harcelées par des groupes d’hommes. Un groupe de 150 personnes principalement nord-africaines en serait l’auteur a a déclaré un porte-parole de la police. Des plaintes pour agressions sexuelles ont été déposés ; il y aurait aussi eu des vols. [...] A Düsseldorf, selon la police, un total de onze femmes ont signalé des allégations d’agression sexuelle et dans certains cas aussi de vol. Les actes ont été commis dans le centre historique. Là aussi, un groupe d’hommes d’Afrique du Nord est décrit. [...] A Francfort aussi, les femmes ont subit des agressions lors de la Saint-Sylvestre. La police a formé un groupe de travail composé de six fonctionnaires après deux incidents, a déclaré mercredi un porte-parole de la police, confirmant les déclarations des médias. Là encore, des individus décrit comme l’Afrique du Nord sont évoqués. [...] Focus.de (Traduction FDS)


Le nombre de plainte s’élève désormais à 150 à Cologne. Spiegel.de Actuellement, pas moins de 53 femmes ont porté plainte à Hambourg, rapporte mercredi le quotidien «Hamburger Abendblatt». [...] 20Min.Ch


La municipalité et la police de Cologne sont depuis sous le feu des critiques, le ministre de l’Intérieur Thomas de Maizière fustigeant notamment l’inaction des forces de l’ordre à Cologne le soir des faits. Plus globalement, le peu d’écho avant mardi des médias sur cette affaire est également mis en question. Le site spécialisé sur les médias, Meedia, a ainsi relevé qu’il a fallu « quatre jours » pour que l’affaire soit « relatée de façon exhaustive au niveau national ». « Lorsque l’on regarde (la presse nationale), il n’y a rien jusqu’à lundi sur ces incidents », poursuit Meedia. « Il a fallu quatre jours pour que la grande machine médiatique ne s’enclenche », épingle encore le portail. L’affaire alimente du coup aussi les thèse complotistes et celles de mouvements hostiles aux réfugiés, à l’image de Pegida qui fustige régulièrement la « presse mensongère ». L’Express

"Je veux baiser." "Je veux t'embrasser." "Je vais te tuer." Ces mots glaçants apparaissent dans les rapports rédigés par la police allemande, après les violences perpétrées durant la nuit de la Saint-Sylvestre dans le centre de Cologne. Un millier d'hommes auraient pris part, de près ou de loin, à des agressions subies par des dizaines de femmes, dans cette ville de l'ouest de l'Allemagne.

Une semaine après les faits, vendredi 8 janvier, 121 plaintes ont été déposées pour des vols, des agressions physiques et, pour les trois quarts d'entre elles, pour des violences sexuelles. Face à l'ampleur des faits, une cellule d'enquête spéciale, baptisée "Nouvel An", a été créée, forte de 80 policiers. 

La présence de migrants parmi les auteurs de ces violences fait scandale outre-Rhin, où 1,1 million de demandeurs d'asile ont été accueillis en 2015 –un nombre record. La polémique enfle d'autant plus que cette présence massive sur le sol allemand suscite l'inquiétude grandissante de l'opinion publique.

Voici trois éléments troublants qui alimentent la controverse, au-delà même des frontières allemandes.

Des réfugiés ont-ils violé des femmes ?

Deux rapports des polices locale et fédérale, rédigés les 2 et 4 janvier, ont été révélés vendredi par la WDR, le Zeit, le Spiegel et Bild (articles en allemand). Ils indiquent que les policiers déployés dans le centre de Cologne, aux abords de la cathédrale et de la gare centrale, durant la nuit du Nouvel An ont procédé à 70 contrôles d'identité en raison de violences. Et la majorité des personnes qu'ils ont contrôlées avaient des documents attestant de leur enregistrement comme demandeurs d'asile auprès de l'Office fédéral pour immigration et réfugiés (BAMF). Ces personnes n'ont en revanche pas présenté de pièces d'identité, rapporte l'Express. 

Les policiers disent aussi avoir vu, dans la foule participant aux violences, des personnes dont l'apparence indique qu'elles viennent d'Afrique du Nord et de pays arabes, notamment la Syrie. "Je suis syrien, vous devez me traiter avec gentillesse ! Madame Merkel m'a invité", aurait même lancé un homme à un policier, selon le rapport cité par Bild et le Spiegel.

Un porte-parole du ministère de l'Intérieur a annoncé, vendredi, que la police fédérale est parvenue à identifier "31 suspects", dont "18 ont le statut de demandeur d'asile" : neuf Algériens, huit Marocains, quatre Syriens, cinq Iraniens, un Irakien et un Serbe. Deux Allemands, un Irakien, un Serbe et un Américain sont également soupçonnés. 

Mais il s'agit là de la liste des personnes suspectées d'avoir pris part aux vols et aux violences physiques. Les autorités fédérales n'ont pas évoqué de suspects concernant les agressions sexuelles, ni mentionné d'interpellations.

De son côté, la police locale a indiqué, vendredi, que deux voleurs à la tire, présents le soir des incidents, ont été arrêtés. Ils ont 16 et 23 ans et sont originaires de Tunisie et du Maroc. La chaîne publique de la région de Cologne, WDR, révèle que les policiers ont découvert, sur les téléphones portables de ces deux hommes, des images vidéo du soir du réveillon montrant des agressions de femmes, ainsi qu'une feuille de papier –un document révélé par Bild sur laquelle sont notées des traductions de termes sexuels de l'arabe à l'allemand.

Le gouvernement allemand affirme que les suspects identifiés à ce jour sont en majorité des réfugiés. Mais il n'est toutefois pas prouvé que les agressions sexuelles sont le fait de migrants fraîchement arrivés en Allemagne.

Un policier allemand fouille un suspect près de la gare centrale de Cologne (Allemagne) le 5 janvier 2016 après les violences commises durant la nuit de la Saint-Sylvestre. (MARIUS BECKER / DPA / AFP)

La police allemande a-t-elle minimisé les faits ?

Le 1er janvier, la police de Cologne publie un communiqué rassurant. Elle affirme que les festivités du Nouvel An se sont déroulées sans incidents. Quatre jours plus tard, le scandale éclate avec l'accumulation des dépôts de plaintes.

La police reconnaît alors avoir fait évacuer la place où se sont déroulées les agressions, à cause de tirs dangereux de feux d'artifice. Mais elle explique que les agressions ont débuté plus tard, sans qu'elle en prenne la mesure. 

Une semaine après les faits, les rapports de police dévoilés par la presse allemande vendredi, viennent contredire cette version officielle. Dans le procès-verbal, rédigé le 4 janvier et révélé par le Spiegel et Bild vendredi, un cadre de la police décrit des scènes de "chaos""Des femmes en pleurs ont rapporté les agressions sexuelles""des femmes, accompagnées ou pas, ont essuyé un harcèlement nourri indescriptible""des victimes et des témoins ont été menacés""des policiers et des passants ont pu empêcher que des viols" ne soient commis.
L'officier y fait même un aveu de faiblesse : la police "n'a pas pu maîtriser l'ensemble des événements, des agressions, des délits... parce qu'il y en a eu trop en même temps".

Des dizaines d'hommes rassemblés devant la gare centrale de Cologne (Allemagne) le 31 décembre 2015 pour la Saint-Sylvestre.

Des dizaines d'hommes rassemblés devant la gare centrale de Cologne (Allemagne) le 31 décembre 2015 pour la Saint-Sylvestre. (MARKUS BOEHM / DPA / AFP)

Sous le feu des critiques, le chef de la police de Cologne a été suspendu de ses fonctions. Il lui est reproché à la fois l'inaction de ses services le soir des faits et le manque d'informations délivrées ensuite sur l'ampleur des violences, puis le profil des suspects. Ces manquements ont en effet alimenté la confusion entre les enquêtes de la police locale et fédérale.

Cologne est-il un cas isolé ?

Durant la nuit de la Saint-Sylvestre, des violences similaires ont eu lieu dans une douzaine d'autres villes d'Allemagne, liste Focus. A Hambourg, 50 plaintes ont été déposées dont 38 pour des agressions sexuelles. A Düsseldorf, 40 femmes se disent également victimes. Le scénario est souvent le même : des groupes d'hommes apparemment arabes ou nord-africains les encerclent, parfois à 20 ou 30. Munich, Stuttgart, Berlin, Nuremberg et Francfort ne sont pas épargnées. Et l'Allemagne n'est pas le seul pays touché.

Des fleurs déposées devant la gare centrale de Cologne (Allemagne) après les agressions commises  le 31 décembre 2015 durant la nuit de la Saint-Sylvestre.

Des fleurs déposées devant la gare centrale de Cologne (Allemagne) après les agressions commises  le 31 décembre 2015 durant la nuit de la Saint-Sylvestre. (MAJA HITIJ / DPA / AFP) 

A Helsinki, la capitale finlandaise, des patrouilles de police ont constaté de "nombreux faits de harcèlement sexuel" sur une place centrale de la métropole, où 20 000 fêtards étaient réunis. Et trois agressions sexuelles ont été signalées dans la plus grande gare de la ville, où 1 000 demandeurs d'asile, pour la plupart irakiens, étaient rassemblés. Seules deux plaintes ont cependant été déposées. Trois demandeurs d'asile suspects ont été placés en détention.

"Il n'y a pas eu de tels cas de harcèlement lors de la nuit du Nouvel An de l'an dernier, ni en d'autres occasions... C'est un phénomène totalement nouveau à Helsinki", assure le chef adjoint de la police de la ville à l'AFP.

Les mêmes scènes de violence se sont déroulées à Zurich, en Suisse, alors que 120 000 personnes se pressaient autour du lac pour les célébrations du Nouvel An, selon le communiqué de la police locale diffusé jeudi.

La police zurichoise a d'abord enregistré 24 plaintes pour des vols. Au cours de l'enquête, plusieurs victimes ont alors confié aux policiers avoir également été encerclées et soumises à des attouchements, comme à Cologne. Une demi-douzaine d'entre elles parlent d'agressions sexuelles, perpétrées par "des groupes d'hommes à la peau foncée".

Le porte-parole de la police zurichoise souligne que le nombre des victimes est inhabituel pour la Suisse. La police a ouvert une enquête. Elle a lancé un appel à témoins et a demandé à d'éventuelles autres victimes de venir porter plainte.

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