Lettre au résident de l’Elysée…

Je n’ai pas regardé votre show télévisé hier au soir; vous fûtes parfait dit-on. Plutôt que frémir de rage devant mon écran, autant aller ouvrir les huitres du réveillon, non ? Mais les journaux m’en ont donné la teneur, insistant sur votre compassion pour la France et ceux qui ont encore la possibilité d’y vivre pour l’instant.

Vous avez eu une phrase:  « les drames que nous avons endurés nous ont changés…» et plus loin vous avez parlé de «la confiance dans l’avenir…» et c’est là que j’ai froissé mon journal de colère! Fier de nous, avez-vous osé dire en substance: sachez que pour ma part l’inverse ne saurait être vrai !

A ne pas pouvoir vous regarder nous étions au moins trois. Avec moi, il y avait Julien, 31 ans, et Elise, 24 ans. Ils étaient jeunes et peut-être avaient-ils "confiance dans l’avenir"» et dans les gens venus d’ailleurs; ils pensaient peut-être qu’après les horreurs commises sur notre sol, «les choses avaient changé». Hélas,ils se trompaient : ils ont été assassinés, étranglés et Elise violée.

Par qui ? Comment ? Où ? Ah, tu l’ignores ! Je ne sais pourquoi, (je suis naïf tu vas dire), LICRA, MRAP, SOS Racisme n’en ont pas parlé; pas un mot de la Ligue des droits de l’homme non plus! Il faut reconnaître qu’ils ne pouvaient être partout, ils avaient fort à faire à se consacrer à l’horreur commise par » l’extrême droite » en Corse! On doit les comprendre ces braves gens! Après tout, que pèsent le viol d’une d’une gosse de 24 ans et l’assassinat de son ami quand une salle de prière musulmane clandestine a été démolie par d’abominables «  émeutiers »?

Pourquoi suis-je amer? On peut trouver des raisons, dis-tu.  Soit.

Peut-être que l’expert qui en 2011 avait relevé des troubles psychotiques  avait mal fait son travail; peut-être que la fiche parlant d’un délinquant sexuel dangereux avait été mal rédigée; peut-être que l’interdiction de séjour prononcée s’était égarée dans les méandres des couloirs de l’administration….peut-être que…. peut-être que..! Peut-être qu’il y a beaucoup de silences qui s’achètent, tu ne crois pas?

Ah, tu protestes! C’est bon ça, mais es-tu sincère? Prouve-le et refais un discours, moins sirupeux, plus crédible…. Tiens, je te donne le début: «Moi résident à l’Elysée, je vais me battre pour que la loi du silence complice, du mensonge permanent, veule et courtisan des médias, cesse…. ». Use de ton pouvoir pour obliger toutes ces associations, tous ces journaux, tous ceux qui te servent la soupe sur nos écrans à être honnêtes …. (oui,je sais,je t’ai dit que j’étais naïf!).

Ou alors, fais au moins un geste, je sais que tu aimes ça. As-tu pensé à aller te recueillir dans l’appartement de la jeune Elise, c’est moins vaste que la cour des Invalides,il y aurait moins de caméras, mais ça étonnerait les foules! C’est à Vieux- Marché à Rouen, apporte des fleurs, ça fera bien. Pense aux bougies aussi, ça fera chic!

Essaye d’avoir un mot de compassion sincère pour deux familles qui pleurent.

Voilà, tu sais tout ! Non, j’oubliais qu’il manque l’essentiel : Jean-Claude NSENGUMUKISA. Mais nous connaissons tes difficultés d’élocution; ne te crois pas obligé de le nommer, dis simplement « le monstre rwandais »! Tout le monde comprendra que tu parles du meurtrier, du violeur, de l’assassin.

La correction voudrait, ici un mot de politesse… Hélas je suis naïf, peut-être, mais je  ne suis poli qu’avec mes amis.

EliseJulien

Jean-Paul Rebour

Rouen, un peu plus de quatre heures du matin, dans la nuit du 19 au 20 décembre. A la sortie d’un bar, une jeune femme essaie d’aider son ami, sérieusement éméché, qui peine à tenir debout. Et cela va être dur car il reste encore un kilomètre pour rentrer à l’appartement.

Qui peut-elle bien voir, la jeune Elise, dans cet homme qui propose son aide ? Imaginons. Un parfait inconnu, dont il faut se garder de lui accorder une confiance aveugle, ou un homme noir, un migrant, un réfugié, peut-être, en tous les cas, un « être humain comme moi « ? A quoi donne-t-elle la priorité, Elise : au plus élémentaire principe de précaution, qui consiste, face à un homme qu’elle ne connaît ni d’Eve ni d’Adam, à faire preuve de prudence, d’abord, et de sagesse, ensuite, en ne l’invitant pas chez elle ? Ou s’attache-t-elle plutôt à la couleur de peau de ce Rwandais ? Vingt ans passés sur les bancs de l’Education nationale dans une société qui a érigé l’antiracisme en religion, ne laisserait pas de traces ? Alors, Elise, 24 ans, n’est pas raciste et elle le prouve.

Parlons maintenant du «  bon Samaritain »,  le suspect présumé,  sur lequel pèsent d’accablants faisceaux de présomption. Condamné à huit ans de prison, en 2011 pour viol, assortis d’une interdiction définitive du territoire français – alors qu’il y effectue sa peine ! –  Jean-Claude Nsengumuzika, 34 ans, avait été remis en liberté, il y a trois semaines. En outre, il venait juste d’être arrêté, officiellement pour ne pas avoir signalé son lieu de domicile, comme son inscription au FIJAIS l’y obligeait, officieusement parce que la SRPJ – grâce aux caméras de vidéosurveillance, le soupçonnait d’être l’auteur du double-meurtre rouennais.

Récapitulons. Premièrement, libéré en novembre 2015 pour une peine de huit ans de prison prononcée en 2011, le violeur aura donc effectué exactement la moitié de la période requise. Deuxièmement : l’obligation faite à un détenu libéré de donner une adresse fixe peut ainsi être remplie… quand il se révélera impossible de le localiser, autrement dit, après sa sortie et non avant, comme le commanderait la logique. Troisièmement, il semblerait que l’avis de l’expert psychiatre quant aux troubles psychotiques et à l’altération de discernement au moment du premier viol, en 2009, n’ait pas été pris en compte par la justice. Auquel cas, s’il avait été hospitalisé au long cours dans le service médical concerné, Elise et Julien n’auraient pas été étranglés ni Elise violée.

Et le plus intolérable, dans cette tragédie ? Ce violeur Rwandais, arrivé en France en 2001, se trouve depuis toujours en situation irrégulière ! Pire, il aurait dû être expulsé, seulement 14 ans plus tard donc, dès sa sortie de prison, fin novembre 2015 !

Voilà ce qu’engendre la conséquence de l’aveuglement idéologique et de l’impéritie de la justice conjugués à l’effacement de l’instinct de conservation par réflexe pavlovien antiraciste. Et, à cause de cela, c’est deux familles de plus, cette année, qui pleurent ses êtres chers…

Caroline Artus

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source

suspecté d’être l’auteur du double meurtre de Rouen (Seine-Maritime), entre le samedi 19 et le dimanche 20 décembre 2015, dans un appartement de la place de la Pucelle, a été mis en examen, jeudi 31 décembre 2015, pour homicides volontaires aggravés, et écroué. Né en Ouganda et de nationalité rwandaise, le mis en cause, Jean-Claude Nsengumukiza, âgé de 34 ans, est soupçonné d’avoir étranglé un Rouennais de 31 ans, Julien T., et une Dieppoise de 24 ans, Élise F., qu’il a également violée. Il encourt la réclusion à perpétuité.
Déjà condamné à huit ans de réclusion en 2011 pour faits de viol, il venait de sortir de prison à la mi-novembre. Il devait être expulsé du territoire français mais les démarches n’ont pas abouti auprès des autorités consulaires du Rwanda, pays dont il a pris la nationalité.