En France, il ne reste de la démocratie que le décor

Derrière la façade des institutions et des discours qui nous abreuvent de leurs grands principes, la réalité d’une oligarchie accrochée à ses pouvoirs se fait de plus en plus pesante.

La France devient chaque jour davantage le village Potemkine de la démocratie. Derrière la façade des institutions et des discours qui nous abreuvent de leurs grands principes, la réalité d’une oligarchie accrochée à ses pouvoirs se fait de plus en plus pesante. Non seulement le décor résiste, mais dans ses coulisses, et lorsque le rideau du spectacle électoral tombe, la machinerie du pouvoir restreint un peu plus la vie démocratique. Le peuple, réduit au rôle de spectateur, a quitté la salle pour parcourir les marchés de Noël.

Les affiches commencent à annoncer le prochain spectacle, celui des présidentielles. Certains s’emploient déjà à repeindre les décors. Voulant oublier le premier tour des régionales, celui où l’on choisit, pour le second où on élimine en ramenant le « ni-ni » à un seul « non », on ressort la vieille lune du « grand groupe central » de Giscard.

Face à la montée de la colère d’un peuple qui n’en peut plus de se voir trahi, le racolage à droite toute façon Buisson-Sarkozy a fait son temps : ce sera désormais le bunker baptisé « républicain » qui résistera à l’assaut. Ses occupants n’en bougeront pas. Ils s’interrogent seulement sur leur chef. Que les vraies questions du pays, comme l’immigration, la destruction de la famille, la dérive européenne, la perte de compétitivité, l’incapacité de réformer, ne soient pas résolues leur importe peu.

Pour l’emporter, les relais dans la société civile sont puissants. Un triangle est particulièrement redoutable. Bien des vaisseaux y ont sombré qui portaient les couleurs de la liberté d’expression. Des associations politiquement orientées et militantes, mais néanmoins subventionnées, traînent le dissident devant la justice qui condamne éventuellement et la presse annonce le coupable dérapage puis sa juste condamnation. Elle se fait plus discrète lorsque des juges cessent d’être des censeurs pour être des défenseurs du droit.

Éric Zemmour, Renaud Camus et Christine Boutin, aujourd’hui même, figurent parmi les victimes de ce traquenard. J’y ai échappé en gagnant sept procès, mais en perdant mon siège parlementaire, et une bonne partie de mes économies. Marine Le Pen vient d’y essuyer un grain. Cette fois, la presse a occupé deux des angles. Bourdin a très clairement supposé une communauté de pensée entre le FN et l’État islamique. Assez logiquement, les responsables politiques insultés ont réagi en soulignant le caractère diffamatoire de la comparaison et en publiant des photos des atrocités de « Daech ». Immédiatement, le pouvoir a actionné la justice qui a ouvert une enquête.

Valls, qui doit être l’héritier de Don Bazile ou de Torquemada, a fulminé comme il l’avait fait contre… la Manif pour Tous avec un sens aigu de l’inversion des valeurs. Ce qui est monstrueux, selon lui, ce n’est pas d’écraser un homme sous un char ou de le brûler vif, ce n’est pas de comparer un parti qui réunit 7 millions de Français à un groupe terroriste, auquel le gouvernement français fait une guerre bien molle, non, c’est d’oser se défendre en montrant des photos. La presse dénonce, scandalisée, l’odieux dérapage. J’avais subi ce mot pour avoir dit la vérité.

Plus que jamais la démocratie et son pilier, la liberté d’expression, sont menacés en France.

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DÉMOCRATIE ! Késako ?

LA démocratie, rien d’autre qu’un infâme alibi au bénéfice de « l’empire ».

On en a tous plein la bouche de ce beau mot : DEMOCRATIE. « Le pire système de gouvernement à l'exception de tous les autres » disait Churchill.

Relisons ce qu'en disait Aristote, dans cette Grèce qui a inventé le concept : « Le principe de base de la constitution démocratique c’est la liberté (c’est, en effet, ce qu’on a coutume de dire parce que c’est seulement dans une telle constitution que les citoyens ont la liberté en partage ; c’est à cela, en effet, que tend, dit-on, toute démocratie). Et l’une des formes de la liberté, c’est d’être tour à tour gouverné et gouvernant. En effet, le juste selon la conception démocratique, c’est que chacun ait une part égale numériquement et non selon son mérite, et avec une telle conception du juste il est nécessaire que la masse soit souveraine, et ce qui semble bon à la majorité sera quelque chose d’indépassable [...] De sorte que dans les démocraties, il se trouve que les gens modestes ont la souveraineté sur les gens aisés ; ils sont en effet plus nombreux, et c’est l’opinion de la majorité qui est souveraine. [...] » On est loin de là...

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par VICTOR (son site)