Voyage, voyage…

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Nous sommes des Français comme les autres."

Combien de fois n'ai-je pas entendu cette phrase sortie de la bouche d'un membre de cette communauté que l'on appelle les "gens du voyage", puisqu'il apparaît que "romanichels", "gitans", "manouches", et autres appellations soient par trop stigmatisantes. Pourtant, l'actualité montre encore une fois que la notion de "Français comme les autres" ne semble pas avoir le même sens, dès lors que l'on est "de souche" ou "du voyage".

Ainsi donc, un jeune homme qui avait volé une voiture se tue dans un accident, fuyant le lieu d'un cambriolage qu'il venait de commettre avec ses complices. L'ensemble de la petite, moyenne et grande truanderie classerait ce fait dans la rubrique "accidents du travail", puis passerait à autre chose. Ceux qui ont conservé la capacité de réfléchir vous diraient que lorsque l'on joue, et bien il faut savoir accepter de perdre et payer la note sans barguigner. De même, celui qui vit par les armes s'attend à devoir mourir fauché par une balle. Il fut même un temps, pas si lointain, où ceux qui avaient fait le choix d'adopter le code vestimentaire de la voyoucratie ne se plaignaient pas d'être régulièrement contrôlés. Cela s'appelle l'esprit de responsabilité. Il est normal d'accepter les conséquences de ses choix, l'inverse l'est nettement moins.

Mais revenons à nos voyageurs. Ordoncques, le frère du décédé se trouve être en prison depuis trois ans. Il me semble important de préciser qu'il a écopé d'une peine de cinq ans pour vol, et qu'il a été, par le passé, condamné à six reprises. Ce n'est donc pas le gentil garçon dont on essaie de nous brosser le portrait. La mère de cette vertueuse progéniture demande donc à ce qu'une permission de sortie soit accordée à son taulard de fils afin qu'il puisse se rendre aux obsèques de son frère. Permission qui a été refusée. Aussitôt on assiste à une série de violences, mutinerie et incendie dans l’établissement pénitentiaire où le détenu purge sa peine, et à l'extérieur où des gens du voyage cassent et brûlent des voitures, coupent des routes, etc. Tout cela au nom de quel motif ? Laissons l'avocat nous l'expliquer : "La décision du juge d’application des peines est irrationnelle et inhumaine, donc on peut concevoir qu’elle entraîne une réaction inhumaine de la part des proches de mon client [...] On stigmatise les événements mais on ne stigmatise pas assez la décision qui a été prise [...] Il n’y avait aucune raison de refuser une permission à mon client. En trois ans, il n’a eu qu’un seul incident banal [...] Dans quel pays sommes-nous ?"  

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Oserai-je rappeler à cet avocat qu'un droit n'a aucun caractère automatique et qu'il peut être adossé à l'examen de la situation individuelle, de la personnalité, du passé de l'intéressé ? Quant à la mère, loin de vouloir apaiser la situation, ses propos sont clairs : "Je suis révoltée maintenant, il va y avoir du grabuge. Je n'ai plus rien à perdre [...] Si c'est refusé (la seconde demande de permission), on va faire ce qu'il faut faire." Elle a d'ailleurs été entendue par les siens, car des gens du voyage interrogés par je ne sais quel journal a déclaré : "On attend les ordres du juge, et si le juge ne lui donne pas l’autorisation, ça ne s’arrêtera pas car c’est une question de respect." Comment ne pas faire le rapport avec le langage tenu par ceux qui ont fait de certains quartiers des zones non pas de non droit mais où un droit alternatif s'est substitué à celui qui a normalement cours dans notre pays ? Comment ne pas voir que ces gens du voyage ne se pensent pas comme des citoyens français lambda mais comme des hommes et des femmes qui doivent bénéficier d'un traitement particulier en raison de leur origine ?

Les cerveaux de colibri objecteront que ce sont des citoyens français à part entière, comme vous et moi, mais la réalité est différente. L'histoire nous apprend que les aïeux de ces "voyageurs" sont arrivés en Europe vers le XVème siècle, après un long périple, que l'on pourrait intituler "la route du rom", qui les conduisit en Europe depuis le nord de l'Indus, à travers l'Iran, la Grèce, puis l'Empire byzantin. Depuis six siècles, ces gens ne se sont jamais mêlés aux populations européennes, conservant leur mode de vie nomade, leur langue, leurs coutumes et leur vision du droit. Quel que soit le pays dans lequel ils se sont installés, la conduite a été la même. De fait, cette phrase : "Nous sommes des Français comme les autres.", peut être regardée comme une pétition de principe, car quel Français peut se vanter de ne pas payer l'impôt, toucher le RSA sans condition de ressources (dans quelques départements), se voir octroyer des prêts à des taux inédits pour financer l'achat de leur domicile, ne pas être en mesure de produire une fiche de paie pour justifier de son train de vie ? Du coup, la devise qui est gravée aux frontons des bâtiments publics, notamment l'égalité, résonne comme une plaisanterie. Egalité en droits ? Mais où est-elle ? Surtout s'il s'agit de bloquer une autoroute, ou bien se mutiner, dégrader, brûler pour obtenir gain de cause ? Je n'ose imaginer avec quelle rigueur la force publique s'abattrait si, en lieu et place de gens du voyage, les auteurs de ces faits avaient été de bons petits Français de souche, cette espèce nauséabonde vouée à la disparition dans le grand métissage purificateur.mlo

Du coup, jurisprudence Morano obligeant, cette citation du général de Gaulle prend un sens particulier : "Si une communauté n’est pas acceptée, c’est qu’elle ne donne pas de bons produits, sinon elle est admise sans problème. Si elle se plaint de racisme à son égard, c’est parce qu’elle est porteuse de désordre." Il ne s'agit pas de discriminer, de stigmatiser, mais d'observer les faits et d'en tirer les conclusions qui s'imposent. Et cette réalité est simple. Voilà des individus qui entendent profiter de très coûteuses aires de repos financées par la communauté nationale sans rien donner en échange, ne serait-ce qu'une conduite exemplaire. Voilà des individus qui usent de la violence pour obtenir gain de cause alors que l'appareil judiciaire a tranché. A chacun de se faire son opinion.

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