Confessions d'un assassin economique John Perkins

 

Perkins soutient qu'une certaine élite aux Etats-Unis souhaite construire un empire global, défini par les présidents Lyndon Johnson et Richard Nixon. Pour ce faire, ils ont constitué un groupe de consultants qui utilisent les organisations financières internationales pour créer les conditions permettant d'assujettir des nations à cet empire par l'endettement économique auprès d'organismes comme le FMI et la Banque Mondiale. La tâche de ces consultants est de justifier et d'argumenter la conclusion par des États d'énormes prêts internationaux dont l'argent finira, déduction faite des sommes destinées à la corruption des élites locales, sur les comptes en banques de grandes sociétés d'ingénierie et de construction américaines.

Les besoins en liquidités ayant été au préalable surévalués par ces consultants, l'État se révèle incapable de payer sa dette et entre en sujétion vis-à-vis du créancier. 

Cette position de pouvoir permet ensuite au créancier d'exiger à l'état débiteur l'établissement de bases militaires, un vote favorable aux Nations Unies ainsi qu'une loyauté politique en général ou l'accès à d'éventuelles richesses pétrolières et autres ressources naturelles. Perkins qualifie ces méthodes de mafieuses.

Parfois ces prêts prennent la forme pernicieuse d'une aide au développement, ce que critique Perkins, car cette aide est motivée par la cupidité. Perkins s'attaque d'ailleurs au bien-fondé de l'idéal du développement universel, se demandant si le monde entier peut vivre avec le même train de vie que les États-Unis, sachant que les ressources globales sont limitées. Il exprime des doutes sur la viabilité et le suprématie du système dominant, si on considère sa piètre qualité de vie et les statistiques élevées de suicides, divorces, abus de drogues, dépressions et crimes divers.

Perkins désigne le  dollar comme la pierre angulaire de l'empire global ; c'est parce qu'il est la principale monnaie internationale que ce système est pérenne. Car tous ces prêts à fonds perdus provoqueraient la banqueroute de tout autre créancier. Mais les États-Unis impriment de l'argent qui n'est pas soutenu par l'étalon-or, juste par la confiance internationale dans l'économie américaine et, précisément, son empire global.

Les États-Unis peuvent ainsi accumuler une immense dette nationale (début 2003, 6 trillions de $). Il prévoit un possible effondrement de ce système si une nouvelle monnaie internationale devait remplacer le dollar comme monnaie de transaction et si les créanciers des États-Unis demandaient le remboursement de leur dette dans une autre monnaie, par exemple l'euro.

Il explique que lorsque les « assassins financiers » comme lui échouent dans leurs plans, des tueurs à gages font leur apparition, les « chacals », et assassinent les personnes faisant obstacle aux ambitions américaines. Puis, en dernier recours, si les assassins échouent aussi, des soldats américains sont envoyés au combat, suivant une stratégie d'impérialisme classique.

Pour Perkins, l'invasion de l'Irak en 1990 fut décidé avec la libération du Koweït comme prétexte, non comme but, le but étant de détrôner Saddam Hussein qui n'avait pas accepté de jouer un rôle de marionnette de cette stratégie de sujétion à l'empire global à cause de son nationalisme...

Source Wikipédia

jbjibief1

Mais pourquoi la Grèce accepte encore une tutelle aussi brutale ?

l’acceptation par Alexis Tsipras de l’accord de lundi amène à se demander pourquoi les Grecs peuvent donc bien accepter un tel plan, humiliant, inhumain et contraire aux deux derniers votes des citoyens.

10409588_10153422509770979_2394016667141253698_n1

 
Une double explication
 
Après tout, le plan auquel sont arrivés les dirigeants de la zone euro semble totalement aberrant. Il reprend très largement la logique des plans honnis, destructeurs et inefficaces du passé. Et outre le FMI, bien des économistes en dénoncent la logique. La raison pour laquelle Alexis Tsipras l’a accepté est simple : le refus de sortir de l’euro, alors que cela ne semblait pas poser de problème au camp adverse. Dès lors, le nouveau gouvernement jouait forcément perdant dans cette négociation. D’où l’aberration d’accepter un plan dont il sait pertinemment qu’il n’est pas tenable, tout cela parce qu’il craignait plus encore de sortir de l’euro, ce qui semble effarant tellement le pays a souffert depuis cinq ans et alors que tous les économistes qui ont étudié les fins d’union monétaire montrent que cela n’est pas compliqué.
 
Il faut dire que les choses ne sont pas uniquement du ressort du rationnel ici. Deux éléments fondamentaux semblent rentrer en compte pour les Grecs. D’abord, pendant une trentaine d’années, l’Europe a apporté des fonds et accompagné le pays dans son développement et la transition démocratique, d’où un préjugé sans doute extraordinairement favorable pour tout ce qui vient de Bruxelles. En outre, la Grèce est un petit pays qui fait face à un puissant voisin, bien plus grand et peuplé, la Turquie, avec lequel il a été en guerre à Chypre. D’où, outre un fort budget militaire, une probable nette préférence pour faire pleinement partie du premier cercle du club européen pour ne pas se sentir seul face à ce grand pays qui continue sans doute à inquiéter, d’autant plus que le régime en place est plus assertif.
 
Une capitulation prévisible
 
Tout ceci était malheureusement prévisible. Si Syriza dénonçait la tutelle de la Grèce et l’austérité, il se gardait bien de critiquer l’euro, annonçant vouloir y rester… au point, pour Alexis Tsipras, de préférer rester dans l’euro plutôt que de mettre fin à la tutelle et à l’austérité, en acceptant un plan jumeau des plans signés en 2010 et 2012, qu’il dénonçait alors… Malheureusement, les mêmes mécanismes qui expliquent les plans des années passées restent à l’œuvre. En mars 2010, débattant alors avec Roland Hureaux, j’écrivais que « le supplice de l’euro peut encore durer quelques années (2, 5, 10 ?) en Grèce  », du fait d’un contexte psychologique peu favorable à la rupture de la part d’Athènes.
 
 

En somme, quitte à être un peu caricatural, la Grèce est aujourd’hui un peu comme un enfant qui a été chéri et bien élevé par ses parents pendant une trentaine d’années et qui ne parvient pas à voir et à se rebeller contre ces parents devenus, depuis cinq ans, des tortionnaires autocratiques. Jusqu’à quand ?

source

grece allemagne occupation

Voir aussi : la-commission-europeenne-passe-90-de-son-temps-avec-les-lobbys-industriels