« Le pire des maux est que le pouvoir soit occupé par ceux qui l'ont voulu. »(Platon)

Les politiciens Français et le syndrome de la Tour de Pise…

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Nos politiciens adorent les trucs tordus.

Un peu comme la Tour de Pise dont, depuis des décennies, la dangereuse inclinaison oblige les autorités à dépenser un fric fou pour éviter son écroulement. En 1993, l’écartement du sommet avec la verticale faisait apparaître une inclinaison de 5,6° : je ne sais pas si vous voyez, mais en gros ça veut dire que le dernier étage, celui des cloches, dépassait carrément l’aplomb de 4,5 mètres : un vrai délire. Mais bon, les touristes adorent et donc, pour stabiliser la bestiole, ils ont dépensé des millions d’euros pour drainer les fondations, ajouter des armatures en acier à plus de 15 m de profondeur et couler des centaines de tonnes de béton… en veillant surtout bien à la conserver tordue. 

Moi, vous me connaissez, j’aurais carrément redressé la tour à la verticale pour la remettre parfaitement d’aplomb, mais d’après ce que je comprends, ça n’aurait pas été fun… Ce que le public veut en réalité c’est que la tour reste tordue : on risque l’écroulement, les touristes ne sont plus autorisés qu’à monter par petits groupes d’une trentaine de personnes mais ils sont heu-reux : ils peuvent faire des selfies devant un truc tordu et le tordu ils adorent. Moi évidemment ça me rend dingue mais j’ai été élevé à la vieille école des équerres et des niveaux à bulle et je ne suis donc plus tout à fait normal.

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Le “modèle Français” aussi ils le préfèrent tordu

Toute notre construction financière, économique et sociale — tout ce qu’ils appellent communément  “le-modèle-Français-que-le-monde-entier-nous-envie” — est à l’image de la tour de Pise : il est en déséquilibre permanent et s’affaisse inéluctablement depuis des décennies en s’enfonçant profondément dans la dette et les déséquilibres budgétaires. Les comptes publics et sociaux dérivent dangereusement et on frôle sans cesse l’écroulement et le dépôt de bilan. Mais les politiciens nous annoncent régulièrement un nième “plan de redressement” pour un soit-disant “retour à l’équilibre” qui ne vient évidemment jamais : le système reste désespérément déséquilibré et personne n’essaye vraiment de le remettre d’aplomb. Pire encore : je crois que nos dirigeants ont même renoncé à redresser vraiment les choses : ils préfèrent continuer à faire couler le béton de la dette et à dissimuler le danger et les risques d’affaissement… Il ne faut pas affoler les électeurs !

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Et puis surtout— comme les adeptes de la tour de Pise — ils pensent tordu et adorent le tordu - ça fait partie, parait-il, du “génie” Français. On colmate, on place des rustines, on rajoute des sparadraps, on stabilise temporairement – tout ça aux frais des contribuables évidemment – mais rien n’est jamais stabilisé durablement. La construction est toujours tordue, les comptes toujours en déséquilibre et la France toujours menacée d’écroulement et de faillite… De même qu’à Pise on mesure l’oscillation de la tour en degrés (5,6° en 1993), pour les comptes de la France nos ministres calculent la dérive en pourcentages (3% du PIB)… Ils promettent évidemment le retour à l’équilibre mais… pour plus tard, pour demain, pour la deuxième partie du quinquennat ou mieux à la fin du prochain… Mais ça reste désespérément tordu...suite

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