Asia Bibi va mourir, vous entendez ?

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Le 15 novembre 2014
Dans quelle mesure efficace va agir l'Elysée pour sauver une pauvre femme sans autre fortune que sa foi ?

Asia Bibi va mourir, et tout le monde s’en moque. Le monde, d’ailleurs, ne sait pas qui elle est. Oh ! bien sûr, la presse ne l’ignore pas complètement. Mais l’actualité, emplie de faits passionnants, ne laisse guère de place qu’en dernière page à celle qui, il faut dire le mot, pourrait bien devenir le prochain martyr. Quelle importance, quand l’incarcération d’une vulgaire starlette dispute la une à la dernière bourde d’un quelconque sous-ministre ?

Pour avoir bu de l’eau tirée d’un puits réservé aux musulmans, et pour s’en être justifiée, Asia a été condamnée à mort en 2010 par un tribunal pakistanais, accusée de blasphème envers le Prophète. Puis, le 17 octobre 2014, la haute cour de Lahore a confirmé la sentence. Cette mère de cinq enfants croupit en prison dans l’attente de son exécution. Elle peut saisir la Cour suprême, qui risque une fois encore, et définitivement, de l’envoyer à la potence. 

Le seul recours de cette malheureuse chrétienne est la grâce présidentielle. À condition que la communauté internationale fasse efficacement pression sur le pouvoir en place. Asia est chrétienne dans un pays où, il y a quelques jours, un couple a été brûlé vif parce qu’il professait sa foi dans le Christ. Dans l’assourdissant silence des habituelles ligues de vertu…

La République islamique du Pakistan, issue de l’Empire britannique des Indes, est née dans les massacres entre hindous et musulmans. C’est un État considéré avec prudence par la communauté internationale : non seulement il détient l’arme nucléaire, mais encore sa frontière commune avec l’Afghanistan, l’Iran et l’Inde en fait un partenaire incontournable dans cette région instable ; allié des États-Unis, le pays bénéficie de l’indulgence des Occidentaux qui ferment les yeux sur les persécutions touchant essentiellement les chrétiens.

Pour les chrétiens, Asia Bibi est un exemple à de nombreux titres : exemple de ce que les fidèles du Christ peuvent subir par leur seule appartenance au christianisme ; exemple de ce dont l’islam est capable envers les « infidèles » ; exemple de ce qui arrivera dans tous les pays où la charia est – ou sera – source du droit ; exemple de ce qui pourrait se passer un jour chez nous, sous le regard horrifié des âmes sensibles qui parlent de la religion de tolérance, de paix et d’amour ; exemple de l’ambiguïté des musulmans modérés, dont aucun représentant dans nos pays d’Europe n’a condamné solennellement cette loi inique et cette mort promise à une mère de famille.

Mais le sort d’Asia ramène à l’Évangile des Béatitudes : « Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on vous calomnie de toutes manières à cause de moi. Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux. » (Matt. 5, 3-12). Et quelle que soit l’action incessante que les chrétiens doivent mener pour sauver la vie d’Asia sur cette terre, jusqu’au bout de leurs possibilités, ils ne peuvent jamais renoncer à témoigner de l’espérance qui les anime. Si, par malheur, Asia devait être exécutée, il resterait aux chrétiens du monde entier cette formidable espérance qui triomphe de toute iniquité.

Cela impose de tout faire, ici et maintenant, pour sauver la vie d’Asia. Messieurs nos gouvernants, à part des protestations indignées, qu’avez-vous prévu ? Le sort d’Asia est entre vos mains.

Pour vous donner du courage, imaginez un instant qu’elle est musulmane et qu’elle vit dans la Russie de Poutine…

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