La liste des dépenses douteuses du parlement européen.

Audrey Duperron pour l’Express.be fait un point sur les dépenses de fonctionnement et le budget du parlement européen. On savait déjà que les élus européens étaient grassement rémunérés, mais cet article fait le tour des avantages et frais annexes. L’enveloppe globale est ainsi passée de 1.4 à 1.7 milliards d’euros en 5 ans, alors que dans le même temps les pays de la zone euro connaissent des politiques d’austérité et de déflation salariale…

BELGIUM-EU-SUMMIT

Malgré la crise, le budget du Parlement européen est passé de 1,4 milliard d’euros en 2008 à plus de 1,7 milliard d’euros aujourd’hui. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par le think tank Open Europe. Beaucoup de députés justifient cette augmentation avec l’augmentation de leur charge de travail à la suite du traité de Lisbonne.

35% de ce budget servent à payer les 5567 employés permanents et les 1140 employés temporaires du Parlement Européen (PE), y compris les députés européens et leurs propres employés.

11% vont à l’entretien des bâtiments du PE et de ses représentations dans les 28 États membres.

21% sont consacrés aux frais administratifs, y compris des éléments tels que les traductions, l’informatique et les télécommunications, tandis que 6% sont affectés aux activités des différents groupes politiques.

Des think tanks pro-européens, des médias et d’autres activités de promotion européenne comme le nouveau « Parlamentarium », un centre pour les visiteurs (20 millions), et le musée « Maison de l’histoire Européenne » (56 millions) en sont également bénéficiaires.

Le Parlement européen est connu pour son cirque ambulant : chaque mois, en effet, au sège de Bruxelles, les membres du parlement européen doivent empiler leurs dossiers dans des containeurs de plastique noir pour qu’ils soient emmenés à Strasbourg, quelque 450 km plus loin. Chaque mois, ce sont donc 8 camions qui embarquent les milliers de conteneurs correspondants, suivis par l’armée des quelque 4.000 eurocrates (les députés et les membres de leur personnel). Une semaine plus tard, tous se livrent au même ballet en sens inverse.

En outre, le Secrétariat général se trouve à Luxembourg. Le coût de maintenance de ces trois sites est estimé à 180 millions d’euros par an. Il est à noter qu’une majorité de députés ont voté contré un parlement avec deux sièges, mais seul le Conseil peut revenir sur cette décision, et pour cela, il faut obtenir l’unanimité. Or, le gouvernement français bloque toute tentative de remise en cause.

Il est connu que les politiciens savent bien prendre soin d’eux-mêmes. Les députés européens gagnent 96.246 euros par an et ils ont même droit à une allocation de dépenses généreuse exonérée d’impôt et à une pension.

Depuis 2009, une certaine forme de justification est devenue nécessaire lorsque les députés européens réclament le remboursement de dépenses. Néanmoins, ils peuvent bénéficier d’un montant de 51.588 euros par an au titre de «General Expenditure Allowance » sans avoir à fournir de reçus ou de factures. Les abus ne sont pas rares. L’année dernière, Tom Staal, l’animateur hollandais de GeenStijl TV, avait provoqué une véritable émeute lorsqu’il avait surpris des députés qui se présentaient furtivement au siège du Parlement le soir uniquement pour émarger la feuille de présence leur donnant droit à leur indemnité de subsistance de 306 euros par jour de présence.

Enfin, les partis politiques et leurs mouvements affiliés peuvent aussi bénéficier des largesses du PE pour leurs dépenses de fonctionnement. En 2012, ils ont reçu un total de 85 millions d’euros, dont près des trois quarts, soit 65 millions d’euros, sont allés aux trois plus grandes familles politiques des libéraux, des démocrates-chrétiens et des socialistes. Open Europe a calculé que si le mouvement anti-UE Alliance Européenne pour la Liberté de Geert Wilders et Marine Le Pen obtenait le 25 mai prochain un score conforme à celui que les sondages lui prédisent, il pourrait compter sur une subvention de fonctionnement de 4,4 millions d’euros pour l’année prochaine, soit 10 fois ce qu’il perçoit aujourd’hui.

Open Europe a également recueilli quelques exemples qui montrent que l’on peut parfois contester le caractère judicieux de la façon dont l’argent des contribuables est dépensé :

Limousines avec chauffeurs. Le Parlement a signé un contrat de 11,83 millions d’euros avec TMS Limousines, une société de location de voitures avec chauffeurs basée à Bruxelles. Selon la description de la prestation, il s’agirait de «Transport des Membres à Bruxelles», autrement dit, de conduire les eurodéputés… dans Bruxelles.

Voitures. En outre, le Parlement européen dispose de sa propre flotte de véhicules. En 2012, il a acquis quelques nouvelles voitures : une nouvelle Audi pour le président du Parlement européen (59.999 euros), une BMW pour le président du groupe socialiste au Parlement européen (57.106 euros), une nouvelle Jaguar (59.607 euros) et une autre BMW (58.177 euros) pour une utilisation par le Parlement européen.

L’eau du robinet. Le Bureau Veritas s’est vu attribuer un contrat d’une valeur de 1,48 million d’euros pour l’analyse de la qualité de l’air et de l’eau dans les trois sièges du Parlement européen (Bruxelles, Strasbourg et Luxembourg).

La collection d’art. 55.000 euros ont été alloués à une société portugaise pour la restauration des œuvres d’art de la collection de l’EP; 133.000 autres euros ont été payés à une société espagnole pour la « valorisation » de la collection.

De quoi ont peur les députés ? Un total de 671.394 euros a été accordé à 5 entreprises différentes au titre du « renforcement des défenses des murs extérieurs » du bâtiment Louise Weiss à Strasbourg. Sur cette somme, 277.861 euros ont été affectés à des travaux de serrurerie et des défenses antiémeutes.

Source : Express.be via Les Moutons Enragés

plantu2

Cambadélis, le strauss-khanien qui dirige le PS, affirme que le PS est contre le Grand Marché Transatlantique, alors que c’est un gouvernement PS-EELV qui a donné son accord pour que commence la négociation et que Hollande a souhaité qu’on accélère les négociations du GMT, le 11 février dernier à Washington, devant son seigneur et maître le Président US.

Le PS affirme que Martin Schulz, son candidat pour la présidence de la Commission européenne, est hostile au Grand Marché Transatlantique, alors que celui-ci a déclaré le 11 mai à Mediapart « oui, je suis favorable aux négociations ». Le PS (comme EELV et Nouvelle Donne) promet l’Europe sociale sans jamais s’engager à exiger la modification des traités européens existants et des arrêts de la Cour de Justice de l’UE qui rendent impossible toute Europe sociale. Cette duperie montre leur mépris des électeurs qu’ils se gardent bien d’informer, comme on le voit encore aujourd’hui sur la complicité du PS dans le silence et les mensonges concernant le Grand Marché Transatlantique.

Qu’on se souvienne de Jacques Delors en 1991 : « votez oui au traité de Maastricht et on fera l’Europe sociale tout de suite après ». On attend toujours. Comme aux élections européennes de 1995, 1999, 2004, 2009, le PS promet une nouvelle fois l’Europe sociale. Aujourd’hui, il dit que c’est à cause de la droite avec laquelle, au Parlement européen, il a voté 98 % des textes, qu’il n’y a pas d’Europe sociale. Mais de 1997 à 2002, quand il y avait 13 gouvernements sur 15 où les sociaux-démocrates étaient présents, ils n’ont rien fait pour rendre possible l’Europe sociale. Au contraire, même quand ils se sont trouvés dans l’opposition, ils ont soutenu le TCE, le Traité de Lisbonne, le Mécanisme européen de Solidarité, le Pacte budgétaire (TSCG) et toutes les propositions antisociales de la Commission européenne (Bolkestein, par exemple). Ils viennent d’exclure de leurs listes aux européennes deux députés européens (François Castex et Liêm Hoang Ngoc) qui avaient osé exprimer leur désaccord avec le GMT.

À ces gens qui ont déserté la gauche, mais qui ont l’impudence de se réclamer de Jaurès, rappelons les propos de ce dernier : «  Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; ce n’est pas de subir la loi du mensonge triomphant qui passe. »

À celles et ceux qui attendent une politique de gauche, il faut rappeler ce qui fut promis par le PS en 2012 et ce qu’il a fait depuis le premier jour qu’il dirige le pays et participe à la direction de l’Union européenne. Chacun s’en rend compte, ce n’est plus du PS qu’il faut attendre une politique de gauche.

Par Raoul Marc Jennar

jennar.fr