Je n’ai aucun regret et si c’était à refaire, je le referais.

Clément Weill-Raynal, vous êtes à l’origine, par le petit film que vous avez tourné dans les locaux du Syndicat de la magistrature, de l’affaire du « Mur des cons ». On a appris, vendredi, la mise en examen de la présidente du Syndicat de la magistrature Françoise Martres. Que vous inspire cette nouvelle ?

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C’est un juste retour des choses, si j’ose dire, même si je dois rester très neutre car je suis témoin dans cette affaire. C’est aussi un soulagement car on m’a accusé d’avoir volé, violé (un local syndical), d’avoir menti, d’avoir manipulé, d’avoir désinformé et d’avoir comploté… je n’exagère pas ! J’ai été traîné dans la boue par une campagne de presse menée par des journaux comme Le Monde, Libération ou encore Télérama et attisée par des syndicats de journalistes tels que la CGT et le SNJ. Il s’agissait d’un contre-feu pour faire croire à l’opinion que le scandale du Mur des cons était en fait un scandale Weill-Raynal.

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Un an après les faits, les choses se décantent. Madame Martres continue de m’accuser d’avoir volé des photos (encore dans un communiqué vendredi), mais c’est elle qui va devoir s’expliquer devant les tribunaux.

De cette affaire, vous avez fait un livre, Le fusillé du mur des cons (Plon), dans lequel vous montrez comment vous avez été montré du doigt et mué en accusé. Un an s’est écoulé, le Mur des cons vous colle-t-il toujours à la peau, quelles en ont été les conséquences à long terme ?

« Coller à la peau » ne sont pas les mots exacts. Avec le recul, de nombreux confrères prennent conscience que je n’ai, somme toute, fait que mon travail de journaliste en révélant l’existence de ce mur dont la présence était pour le moins problématique au siège du second syndicat de magistrats français. Quant à ceux qui m’ont accablé, ils se sont, à mon sens, déconsidérés.

Regrettez-vous de l’avoir fait connaître ou au contraire pensez-vous que la révélation de ce Mur des cons a changé quelque chose pour la justice de notre pays ?

Je n’ai aucun regret et si c’était à refaire, je le referais. La révélation de ce Mur des cons a été salutaire, on le voit aujourd’hui. Je tiens à préciser les choses : loin de moi l’idée de jeter le discrédit sur l’ensemble des magistrats de France qui, pour la plupart, remplissent leur mission avec honnêteté dans des conditions difficiles, mais cette affaire a révélé qu’une poignée d’entre eux se conduisent comme des commissaires politiques, et de tout cela il sera, j’espère, question lors du futur procès du Mur des cons.

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Bravo monsieur, vous êtes l'honneur de votre profession.

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