Paradoxe : il y a trois fois plus de logements vides que de sans-abris

Constatant la faillite du monde moderne, nous devrions avoir honte d’être des humains à cette époque de l’histoire. En effet, selon le quotidien britannique The Guardian, l’Europe compte plus de 11 millions de logements vides. Largement de quoi offrir un toit aux 4,1 millions de sans-abris qui dorment dehors. Pourtant, ces logements resteront vides jusqu’à ce qu’ils trouvent preneurs. De tout évidence, la gratuité ne dégage pas de profit, la pierre angulaire d’un système capitaliste où l’être humain a perdu sa place.

Avec plus de 11 millions de logements vacants, l’Europe aurait largement de quoi abriter les 4,1 millions de SDF qui dorment dans les rues. Selon les données rassemblées par le quotidien britannique The Guardian, il y aurait plus de 11 millions de logements vides au sein de l’Union Européenne, soit presque trois fois plus que le nombre de sans-abris. Par conséquent, nous possédons assez de logements pour accueillir l’ensemble des sans-abris qui meurent à petit feu en Europe et pour mettre à disposition des familles en situation précaire des appartements plus décents.

Sans-abris

L’accumulation des biens et des richesses

D’autres parts, les « logements fantômes » fleurissent en France. Il s’agit pour la plupart de résidences secondaires ou de propriétés acquises à titre d’investissement immobilier, et qui n’ont, pour certaines, jamais été occupées, note le journal anglais. Des centaines de milliers de ces maisons ont même été détruites. L’Espagne, par exemple, compterait ainsi 3,4 millions de « logements fantômes », la France 2,4 millions ; l’Italie entre 2 et 2,7 millions ; l’Allemagne 1,8 million.

Conséquences inévitables du capitalisme en Europe, où il fait des ravages. Ce système financier est à l’origine de notre déshumanisation. Au point que l’argent s’est retrouvé au centre de tout rapport social soumettant l’Homme à la matière. Nous sommes devenus complètement dépendants des banques qui contrôlent nos vies et déterminent à la fois le besoin et l’offre. La surproduction et l’accumulation des richesses pourraient aisément loger et nourrir l’ensemble de la population. Pourtant, le budget militaire mondial dépasse les 1 500 milliards de dollars alors qu’un investissement agricole de 45 milliards suffirait pour éradiquer la faim dans le monde. Plus c’est gros, plus ça passe : le paradoxe est tel qu’il est impossible à discerner.

Sans-abris

L’immoralité du marché de l’immobilier 

Devant ces chiffres à plusieurs zéros, les militants pour le droit au logement crient au scandale et parlent de « gaspillage choquant ». « Les maisons sont faites pour que les gens vivent dedans. Si personne ne les occupe, c’est qu’il y a un sérieux problème sur le marché de l’immobilier », dénonce David Ireland, directeur de l’association Empty Homes, qui milite pour que les logements vacants soient réattribués aux sans-abris. Si ces 11 millions de logements inoccupés ne sont pas toujours forcément la solution idéale pour régler le problème, « il y en a assez pour répondre aux besoins des sans-abris », estime-t-il.

La mondialisation continue de nous détruire. Elle fait de nous des sans-abris, des sans-familles, des sans-amis, parce qu’il y a toujours moins cher ailleurs. Nous nous sommes résignés à ce mode de vie car nous nous sommes convaincus qu’il ne peut pas être autrement. Un système social qui nous a complètement désolidarisé les uns des autres, nous rendant individualistes, sans repères et sans structures assez solide pour lui résister. Autrement, il n’existerait pas de sans-abris si nous avions pris conscience de nous-même. Il est inconcevable qu’1 % de la population détiennent 99 % des richesses mondiales. Aujourd’hui, cette idée parait répandue et il semblerait qu’elle se soit engouffrée dans la normalisation idéologique. Mais les principaux responsables de cette situation irréelle ne peuvent être que les 99 % de la population qui se sont laissés piller sans réagir pour le profit de multinationales qui les soumettent au pouvoir de l’argent.

Il n’est jamais trop tard pour sortir de notre sommeil programmé !...suite

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