Les français retenus au Qatar

Le journal Le Parisien du 24 août dernier relatait les déboires d’un entrepreneur français, Jean-Pierre Marongiu, retenu au Qatar et qui n’a revu ni la France, ni sa famille depuis deux ans.

Depuis, le sujet a été évoqué sur les ondes de France Inter, puis a fait l’objet le 28 août de la visite de son avocat sur le plateau du Grand Journal de Canal + et d’une interview sur skype avec un joueur de foot retenu lui aussi, et le 8 septembre d’un reportage dans Stade 2 sur France 2.

Jean-Pierre Marongiu

Jean-Pierre Marongiu

Jean-Pierre Marongiu, chef d’entreprise français, qui avait investi dans une société au Qatar, dit avoir été escroqué par son sponsor qatarien, qui détenait 51% du capital de son entreprise, comme le veut la loi locale. | (DR.)

Car le cas de Jean-Pierre Marongiu n’est pas isolé, et l’avocat Franck Berton compte déposer  plainte contre les employeurs ou partenaires qatariens de quatre français retenus au Qatar et victimes selon lui d’escroquerie et de chantage.

Les autres ressortissants français concernés sont Zahir Belounis, footballeur franco-algérien, Stéphane Morello, entraîneur de football, et Nasser Al-Awartany, chef d’entreprise.

Un système d’escroquerie bien rôdé

Parce qu’un citoyen étranger ne peut pas être actionnaire majoritaire dans une société au Qatar, il doit consentir à ce que son associé qatarien le sponsorise et détienne 51 % des parts.

Lorsque l’affaire prospère, le « généreux » sponsor associé n’a plus qu’à demander à récupérer la société.

Mais si l’entrepreneur imagine faire une plus-value juteuse sur le fruit de son travail et de son investissement, il déchante vite car il est remercié dans tous les sens du terme !

S’il renonce à son salaire et à ses dividendes, il peut espérer quitter librement le Qatar avec l’aval de son « parrain » qui seul, peut lui octroyer son visa de sortie.

Les  fausses dorures d’un royaume honteusement esclavagiste 

Si les ressortissants occidentaux peuvent encore croire à une libération assortie de la perte de leurs avoirs, il n’en va pas de même pour les milliers de travailleurs étrangers réduits en esclavage, qui meurent par centaines chaque année d’épuisement sous une chaleur torride que la météo nationale a choisi de bloquer à 49° parce qu’à partir de 50° les ouvriers seraient autorisés à cesser le travail selon un hypothétique code du travail local.

Et ils n’ont pas fini de mourir ces esclaves pour préparer le pays à accueillir la coupe du monde de football en 2022. Car, malgré le témoignage de sportifs et entraineurs d’origine maghrébine ayant fait les frais du miroir aux alouettes de cet émirat, la FIFA, pourtant alertée, ne risque pas de renoncer à de substantielles retombées financières au prix de vies humaines.

Le Qatar, pays à peine plus grand que la Suisse, moins riche que Dubaï ou les Emirats Arabes, mais pesant quand même 50 milliards de $ compte 200 000 ressortissants pour  1 600 000 travailleurs étrangers, essentiellement pakistanais, philippins, indiens, népalais et iraniens.

Le Qatar ou une machine à corrompre qui inquiète.

Lorsque les journalistes Georges Malbrunot et Christian Chesnot, ex-otages en Irak et libérés en 2004 au terme de 124 jours de captivité, sortent en mars 2013 leur livre intitulé Qatar : les secrets du coffre-fort , l’émir au pouvoir est encore Hamad ben Khalifa Al Thani et le premier ministre Hamad ben Jassem Al Thani.

Ce dernier, sorte de Talleyrand des temps modernes, sans scrupules et convaincu que tout pouvait s’acheter, même les hommes,  possédait  un hôtel particulier non loin de l’Elysée et conseillait Nicolas Sarkozy.

On lui doit le rapprochement avec la Syrie et l’achat du PSG, juste retour d’ascenseur à la France qui avait appuyé la candidature du Qatar à la coupe du monde de football, moyennant une confortable rétribution de 15 millions d’€ à Zinedine Zidane.

Il était à Paris toutes les trois semaines et supervisait toutes les manœuvres diplomatiques et industrielles de son pays.

Le Qatar aurait investi  pas moins de 120 milliards d’€ en France et projetterait d’en investir encore autant dans les dix prochaines années, sans compter 25 milliards dans l’armement militaire.

psg-02

En juin 2013, l’émir a abdiqué au profit de son fils Tamim ben Hamad Al Thani et le premier ministre a été remplacé par Abdallah ben Nasser ben Khalifa al-Than.

Mais les interrogations restent les mêmes.

C’est un coffre-fort entouré d’ennemis qui a été traumatisé par l’invasion du Koweït par Saddam Hussein et qui cherche à nouer des relations et des alliances avec tous les pays qui pourraient le protéger.

Les qatariens ont une tradition diplomatique du carnet de chèques et de l‘obole bédouine.

Leurs largesses ont déjà attiré Rachida Dati, Eric Besson, Thierry Mariani et Dominique de Villepin.

Notre classe politique, toute tendance confondue, a des conflits d’intérêt avec ce pays et la manne financière qui en arrive ne peut qu’amplifier le phénomène.

Cela a fini par agacer l’Elysée, et à l’arrivée de François Hollande l’emballement s’est calmé.

Sans compter que le Qatar finance les Frères Musulmans et que son implication dans les banlieues françaises laisse craindre le développement d’une islamisation radicale.

Un manque cruel de cerveaux

N’ayant pas de nécessité à travailler ou à entreprendre, la jeunesse qatarienne est majoritairement fainéante et oisive.

Conséquence, l’émirat doit faire appel à des cerveaux extérieurs pour mettre en œuvre sa politique d’investissement.

En inondant les banlieues françaises de ses subsides, le Qatar poursuit donc un double objectif :

  • Donner des gages aux conservateurs qui s’offusquent des frasques du souverain,
  • Créer une filière de recrutement et attirer de jeunes magrébins français.

Il est à craindre que les candidats à l’émigration ne connaissent le même sort que nos infortunés entrepreneurs français.

Par Pascale Davidovicz – JSSNews Sources : www.leparisien.fr – www.rtl.fr – www.europe1.fr

coupedumondefootqataresclavage

es-qatar.jpg

C’est un petit pays mais il fait beaucoup parler de lui. Le Qatar achète en France hôtels, entreprises de luxe et clubs de foot. Mais peut-on travailler au Qatar lorsque l’on est français ?

Ils sont quatre à être retenus là-bas faute d’obtenir un visa de sortie des autorités. Pour ces deux hommes d'affaires et ces deux anciens sportifs, le rêve qatari a viré au cauchemar. Après les avoir accueillis, l'Émirat leur interdit de quitter le territoire. Car au Qatar, le droit du travail est régi par la « kefala », autrement dit le « sponsorship ».

En clair, tout étranger qui désire investir au Qatar doit avoir un sponsor qatari, c'est-à-dire un associé propriétaire à 51 % des parts de l'entreprise. Au Qatar, le sponsor a tous les pouvoirs, et surtout il détient le sésame : la possibilité ou non de permettre aux étrangers de quitter de l'Émirat. Un système qui laisse la porte ouverte à toutes les dérives...

La face cachée du Qatar

   Diffusé dans l'émission Envoyé Spécial  du  24/10/2013