La guerre des missiles a-t-elle été perdue par les États-Unis face à la Russie ?

 

Poutine a clairement tout gagné avec ce conflit. En image, en crédibilité, en puissance et même en sympathie.
Si l'analyse émise par cette article se confirme, c'est un gros coup de maître pour la Russie. On a beaucoup moqué l'armée Soviétique après la campagne d'Afghanistan et la guerre de Tchétchénie.

Mais depuis 2001 les armées Occidentales n'ont pas fait mieux lors de conflits similaires.

Le 13 septembre 2013, le journal libanais As-Safir vient de présenter une version inédite de l’affaire des 2 missiles américains tirés en Méditerranée orientale le 3 septembre dernier.

Rappel des événements du 3 septembre 2013

Selon la version officielle qui avait été donnée le jour même par les agences de presse, c’est la Russie qui avait détecté le lancement de ces deux missiles balistiques en Méditerranée, lesquels étaient ensuite « tombés en mer ».

Si l’on résume leurs différentes dépêches et communiqués, les agences de presse russes et le ministère russe de la Défense avaient précisé :

que « le lancement, qui a eu lieu à 10H16 de Moscou (06H16 GMT), a été détecté par les stations radar à Armavir (sud de la Russie)» ;

que « les engins ont été lancés de la partie centrale de la Méditerranée vers la côte est » ;
qu’il « y a eu en effet deux lancements, ils sont tombés dans la mer » ;

que « le ministre de la Défense Sergueï Choïgou a informé le président russe Vladimir Poutine, commandant en chef des armées ».

Selon les agences de presse occidentales, ce n’est que « un peu plus tard » que « le ministère israélien de la Défense a[vait] annoncé avoir mené avec succès dans la matinée un tir de missile radar dans le cadre d’un exercice militaire israélo-américain ».


Encore un peu plus tard dans la journée, et cette fois-ci de nouveau de Russie, l’agence de presse russe Interfax indiquait que, « selon une source militaro-diplomatique russe, il pouvait s’agir de tirs visant à affiner les relevés météorologiques », et citait une autre source russe affirmant qu’il était « possible que les destroyers de la 6e flotte de la Marine américaine aient tiré à blanc ou des leurres pour tester l’efficacité du système de la défense antimissile syrien. Ces tirs pourraient avoir pour but d’intimider le peuple syrien et désorganiser la communauté internationale ».

Les informations (non confirmées) du 13 septembre 2013


Selon les informations parues 10 jours après dans le journal libanais As-Safir (journal dont le titre signifie “L’Ambassadeur”), la réalité aurait été bien différente de cette présentation :
les deux missiles auraient été tirés par les États-Unis contre la Syrie depuis une base de l’Otan en Espagne ;
les radars russes les auraient détectés immédiatement ;

les systèmes de défense anti-missile russes auraient alors été déclenchés, détruisant l’un des deux missiles en plein air et déviant l’autre de sa trajectoire de façon à ce qu’il s’abime en mer” ;
aussitôt après la neutralisation des 2 missiles, les services du renseignement russe auraient contacté leurs homologues américains pour leur dire que “toute attaque contre Damas est comme si Moscou était pris pour cible ” ;

Obama et les dirigeants militaires américains auraient alors pris toute la mesure, à la fois de l’efficacité du système de défense anti-missile russes et de la détermination de Poutine à aller jusqu’à un conflit planétaire si nécessaire pour empêcher Washington de parvenir à ses buts ;
les Américains auraient alors demandé au gouvernement israélien de revendiquer le double tir de missile Anchor comme un “test”, ce qu’Israël aurait fait pour éviter à Washington une perte irréparable de crédit sur ses capacités militaires.

Obama aurait réalisé qu’il n’avait plus le choix que d’être contraint à la volte-face diplomatique spectaculaire à laquelle on a assisté. Il se serait mis d’accord avec Moscou sur une tactique de sortie de crise : le gouvernement russe aurait caché la vérité pour éviter l’humiliation aux États-Unis, en échange de quoi Washington aurait donné son accord préalable au scénario consistant à demander à Damas de placer ses armes chimiques sous contrôle international et se signer la Convention de l’ONU sur leur interdiction.

L’avenir dira si cette version des événements est réelle ou si elle est en tout ou partie enjolivée. Force est néanmoins de constater que si ce succès militaire russe se révélait exact, il permettrait d’un seul coup :
a)- de comprendre le revirement américain à 180°,

b)- de mesurer mieux encore les erreurs dramatiques de la diplomatie française,

c)- de comprendre pourquoi une partie du Moyen-Orient semble actuellement sur le point de basculer dans l’orbite russe :

la Syrie ne peut désormais plus rien refuser à Moscou ; il est même probable que, si Moscou l’exige, Bachar-El-Assad sera contraint de céder le pouvoir dans le cadre d’un plan de paix global ;

l’Iran, qui espère que la Russie va lui livrer des missiles S-300, vient de demander l’aide de Moscou sur la crise nucléaire, et cela d’autant plus que le gouvernement russe semble prêt à signer avec Téhéran un accord pour construire un deuxième réacteur dans la centrale iranienne de Bouchehr

Chypre, pourtant membre de l’UE, regarde de plus en plus vers la Russie, dont elle vient d’obtenir une renégociation très favorable de ses emprunts, ce qui constitue un message implicite à ses “partenaires européens” enfin, l’Égypte elle-même, semblant renouer avec l’époque révolue des années Nasser, vient d’annoncer qu’elle « veut renouer des relations privilégiées avec la Russie ».

Tous ces événements, mis bout-à-bout, semblent indiquer qu’un changement géopolitique majeur est en cours au niveau mondial.

L’époque de l’hyper-hégémonie américaine est irrésistiblement en train de céder la place à une nouvelle époque, pour le plus grand bénéfice de Moscou et de Pékin.

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Ici, c’est la cour des Grands, il n’y a pas de place pour Merkel, Cameron ou Hollande. C’est à ce genre de photo, et au marchandage géopolitique qu’elle révèle, que l’on comprend à quel point les États-Unis sont parvenus à faire disparaître les puissances européennes de la scène mondiale, en les engluant dans une Tour de Babel ingérable à leur botte.

 



Quant à la France, au lieu de tenir le rôle traditionnel d’équilibre qui est le sien et qui lui aurait pu lui valoir un retour en force de son influence dans la région et dans le monde, elle poursuit dans sa stratégie suicidaire.

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Devenue une colonie américaine par Union Européenne interposée, dirigée par une caste qui se vautre dans la servilité à Washington, s’apprêtant à disparaître davantage encore dans le “Grand Marché Transatlantique”, notre pays fait tout bonnement le choix de lier son sort à la puissance américaine en déclin.
Puissance américaine qui, de surcroît, traite la France comme un larbin dont les avis comptent  pour zéro, comme elle vient de le montrer avec une cinglante désinvolture sur cette affaire syrienne.

Le blog de François Asselineau 

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