Ce monde sans mystère, sans suggestion, ces gens qui parlent au téléphone dans la rue, inattentifs à ce qui les entourent, rivés à eux-mêmes, ces écouteurs sur les oreilles pour ne rien voir de l’imprévu, de l’inattendu, du différent, ces « confessions » publiques et publiées, cette apothéose du « moi » infantile et sans intérêt, ce cucul porté aux nues du sentiment le plus positif, ce manque de profondeur, de vrai intérêt pour l’humain, ce « zapping », ce « surf », cet égoïsme, cette désolante obsolescence de l’abnégation, ce que l’on nomme « amour » et qui n’est que narcissisme ou satisfactions anesthésiantes d’angoisses, ce manque de lucidité, d’exigence, tout cela me navre, me blesse car notre humanité est là toute entière, celle qui nous rend curieux et respectueux de la différence.
Nous ne gardons de notre humanité que le pire !

Où est passé la poésie ?

Qu'est l'humain devenu, lui qui de si loin est venu ...

Voici un petit chef d'oeuvre de la littérature amoureuse (et de mystification littéraire). Cette missive codée a malicieusement été attribuée à George Sand (et supposée avoir été adressée à Alfred de Musset). Il s'agit en fait d'un canular rédigé à la fin du 19e siècle ou avant la première guerre mondiale (dixit l'association des amis de George Sand).

Par contre cette lettre, de Musset à George, elle, est authentique. La réponse de George Sand l'avait parfaitement entendue : "Cette insigne faveur que votre coeur réclame Nuit à ma renommée et répugne à mon âme."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alfred de Musset à George Sand

Toi qui me l'as appris, tu ne t'en souviens plus
De tout ce que mon coeur renfermait de tendresse,
Quand, dans nuit profonde, ô ma belle maîtresse,
Je venais en pleurant tomber dans tes bras nus !

La mémoire en est morte, un jour te l'a ravie
Et cet amour si doux, qui faisait sur la vie
Glisser dans un baiser nos deux coeurs confondus,
Toi qui me l'as appris, tu ne t'en souviens plus.

 

George Sand et Alfred de Musset Une correspondance codée...

Voici les lettres codées qu'échangèrent jadis ces deux grands écrivains, lettres dont l'objet est une invitation très libidineuse, et dont l'ingéniosité peut nous laisser rêveurs, à notre époque de téléphonie portable... Le code est assez facile à deviner pour la première lettre, et très facile pour les deux courtes réponses qui s'ensuivent (si vous séchez, voici le code). 

Lettre de George Sand à Alfred de Musset :

 

sand

Cher ami, 

Je suis très émue de vous dire que j’ai
bien compris l’autre soir que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais que ce soit
là une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à vous montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, si vous voulez me voir aussi
vous dévoiler sans artifice mon âme
toute nue, venez me faire une visite.
Nous causerons entre amis, franchement.
Je vous prouverai que je suis la femme

sincère, capable de vous offrir l’affection
la plus profonde comme la plus étroite
en amitié, en un mot la meilleure preuve
dont vous puissiez rêver, puisque votre
âme est libre. Pensez que la solitude où j’ha-
bite est bien longue, bien dure et souvent
difficile. Ainsi en y songeant j’ai l’âme
grosse. Accourez donc vite et venez me la
faire oublier par l’amour où je veux me
mettre. 

George Sand


musset

Réponse d'Alfred de Musset :

 

Quand je mets à vos pieds un éternel hommage,

Voulez-vous qu'un instant je change de visage ?

Vous avez capturé les sentiments d'un coeur

Que pour vous adorer forma le créateur.

Je vous chéris, amour, et ma plume en délire

Couche sur le papier ce que je n'ose dire.

Avec soin de mes vers lisez les premiers mots,

Vous saurez quel remède apporter à mes maux.

Alfred de Musset


 

La réponse de George est une merveille de concision :

Cette insigne faveur que votre coeur réclame

Nuit à ma renommée et répugne à mon âme.

George Sand

Correspondance entre Sand et Musset : le code

Pour décoder la première lettre, il vous suffit de lire entre les lignes, c'est-à-dire de lire une ligne sur deux, à partir de la première.

Pour décoder la seconde, comme Musset prend soin de l'indiquer, il faut lire le premier mot de chaque vers successivement.

La troisième obéit aussi à ce second code.  

 

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Vous pouvez aussi voir ce que ça donne en décodé (mais c'est moins amusant)