Quand on sait combien chaque contribuable paie pour le cinéma français, on ne peut que trouver Gérard Depardieu bien ingrat.

Cyrano Depardieu déserte la France !

Décidément Gérard Depardieu vieillit bien mal. Sa décision de devenir résident fiscal en Belgique pour échapper à l’impôt dans notre pays me dégoûte. Cyrano de Bergerac n’est plus : sans fanfare ni trompette, il a déserté la France !

Quand on sait combien chaque contribuable paie pour le cinéma français, à travers de multiples aides autant encensées que décriées, on ne peut que trouver Gérard Depardieu bien ingrat.

Ce sont aussi, que je sache, les Français qui, par leur présence dans les salles obscures, lui ont permis d’acquérir une envergure de star internationale et de gagner tant d’argent.

En fin de compte, tous ceux qui se comportent en déserteurs de notre Nation, me font de la peine. Mesurent-ils une seconde la petitesse de leur (in)conduite ? Ils devraient relire l’Avare de Molière.

Reconnaissons aussi que la France témoigne d’un flagrant excès d’indulgence. Tous ces exilés fiscaux ne se gênent pas pour venir passer leurs vacances dans notre pays, faire la promotion de leur film, de leur livre, d’un parfum ou d’un article de mode, ou pour se faire soigner dans les meilleurs hôpitaux parisiens.

Pendant ce temps-là les classes moyennes travaillent de plus en plus dur pour colmater les brèches et payer les impôts dont ce « beau monde » s’exonère sans scrupule ni regret.

Aux Etats-Unis, chaque citoyen même résident fiscal à l’étranger doit payer un impôt de nationalité américaine sous peine de ne pas entrer sur le territoire américain.

Durant la campagne présidentielle, j’ai proposé la transposition en France de cette mesure de justice et de bon sens. Si j’ai bonne mémoire, d’autres l’ont fait aussi mais se sont empressés de l’oublier ensuite…

D’une manière générale, on ne peut que s’interroger sur le laxisme de Bercy à l’égard de l’évasion fiscale, encouragée il est vrai par le laxisme plus grand encore de l’Union européenne en la matière. Je prépare au nom de la Commission des Affaires Etrangères avec mon collègue Alain Bocquet, Député du Nord, un rapport sur les paradis fiscaux et ce que je découvre est proprement ahurissant. Quand le fisc américain poursuit avec acharnement UBS (Union des Banques Suisses) nos services fiscaux se heurtent à une véritable omerta.

Je recommande à tous, à cet égard, le livre d’Antoine Peillon : « Ces 600 milliards qui manquent à la France » (Editions Seuil).

A la fin d’Obélix et Cie, le fameux livreur de menhirs renonce au démon de l’argent qui est en train de détruire le village gaulois. Gérard Depardieu, qui vient une nouvelle fois d’incarner ce personnage à l’écran, aura-t-il cette sagesse ?

Par Nicolas Dupont-Aignan le lundi, décembre 10 2012

blog.nicolasdupontaignan

Montant de son salaire mensuel: 295 000 €

Gérard Depardieu et le crédit d'impôt cinéma

Quel timing ! Alors que les députés ont voté, vendredi, le renforcement d'une niche fiscale pour rapatrier les tournages de films en France, Gérard Depardieu, lui, prend le chemin de l'exil fiscal... Les députés ont expliqué à l'Assemblée nationale que le dernier Astérix et Obélix chez les Bretons n'avait pas été tourné en France, mais dans trois pays fiscalement plus avantageux : à Malte, en Hongrie (pour les scènes intérieures) et en Irlande pour les bords de mer. "Alors même que le Centre national de la cinématographie [CNC] a subventionné sa production, déplorait le député PS Pierre-Alain Muet. Si nous ne mettons pas à jour nos crédits d'impôt, nous allons donc aboutir à cette situation aberrante dans laquelle le CNC subventionne des productions françaises qui ne comptent pas un seul jour de tournage en France." Et bientôt avec des stars françaises qui n'habitent plus l'Hexagone ?

 

Pour y remédier, l'Assemblée a renforcé le crédit d'impôt : les producteurs délégués bénéficieront, pour 20 % de certaines dépenses effectuées en France, d'un crédit d'impôt dont le plafond a été relevé à 4 millions d'euros au lieu de 1 million d'euros jusqu'ici. Ce relèvement du plafond se veut une réponse à l'amélioration des dispositifs fiscaux concurrents en Belgique, au Luxembourg, en Allemagne... La France essaie de combler un déficit de "compétitivité". Actuellement, 70 % des films français dont les budgets dépassent 10 millions d'euros sont tournés chez nos voisins...suite

 
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Caricature by Patrick Dea

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