L' Élysée.

...René Dosière s'est aperçu que pendant les douze années Chirac, les dépenses de palais ont crû de 465%. Cette équation n'est pas tout à fait de "bonne foi" car l'Élysée a dû réintégrer, au fil des ans des privatisations, des charges qui auparavant étaient payées par les entreprises publiques comme les PTT. Reste qu'en douze ans, les députés de trois législatures différentes -dissolution comprise- de droite et de gauche ont continué à voter chaque année un budget de quelque 30 millions d'euros sans s'apercevoir de cette croissance. En tout cas, sans poser la moindre question ! Et pour cause. Ce sont Matignon et les ministères qui ont, à chaque fois, accordé des rallonges dans la plus grande opacité.

Ainsi les dépense de l'Élysée ont progressé de façon exponentielle tout au long de la Vème république. En 1969, lorsque De Gaulle quitte l'Élysée, le budget officiel se monte à 2,5 millions d'euros d'aujourd'hui. A la fin du premier septennat de Jacques Chirac, le budget officiel est multiplié par huit (17,20 millions d'euros). L'ancien maire de Paris termine son deuxième quinquennat en faisant exploser les compteurs : plus de 30 millions de budget. Au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, les comptes de l'Élysée connaissent une nouvelle hausse vertigineuse, due en partie -il est vrai- à la réintégration de dépenses jusqu'alors "invisibles" : la facture s'élève à 112 millions d'euros, soit une hausse qui donne le tournis : plus de 4000% par rapport au budget de l'austère de Gaulle !

... Lorsque De Gaulle pris possession des lieux, il ne les considéraient ni pratiques ni à la hauteur de l'Histoire. De plus, de mauvaise habitudes advient été prises. Il avait fallu faire le ménage. Philippe De Gaulle raconte : " On a dû demander à une soixantaine de personnes d'abandonner le logement qu'elles occupaient indûment dans les dépendances présidentielles, quai Branly ou ailleurs, ou même à l'intérieur du palais, avec femme, parenté ou maîtresses parfois célèbres : anciens ministres, anciens collaborateurs présidentiels, fonctionnaires en retraite, personnalité du monde des arts et des lettres, actrices notoires, amis politiques.

A l'intérieur du palais de l'Élysée, le couple imprime son style. Il évite le luxe et les grandes dépenses. De Gaulle réclame un appartement sans fioritures et des fauteuils avant tout confortables : " Je me fiche de savoir si Napoléon le premier ou le troisième s'est assis dedans". Le premier président de la Vème république s'attache à établir une frontière très nette entre sa cassette personnelle et celle de l'État. " Je ne veux rien leur devoir, pas même une retraite ou une pension " avait-il coutume de dire. A l'Élysée -l'anecdote est connue et véridique-, le fondateur de la Vème République a fait installer un compteur électrique séparé du réseau du palais pour payer sa propre consommation. Il fermait la lumière en sortant de son bureau. Ses enfants venaient avec leur propre voiture rendre visite à leur père rue du Faubourg-Saint-Honoré. A La Boisserie, son domicile, il n'employait jamais le personnel de l'Élysée. Les responsables des garages étaient priés de ne pas se procurer des pneus pour leur voiture personnelle en utilisant les tarifs préférentiels réservés par les grandes marques à l'Élysée... Des règles que ses successeurs ont rapidement oubliées...

L'argent des politiques, Les enfants gâtés de la République (Christophe Dubois Marie-Chrisitne Tabet)

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