Les tentatives de la France ou de l'Union Européenne resteront vaines tant que Washington et Londres ne voudront pas d'une réglementation de la finance de l'ombre et ces risques, lorsqu'ils se traduiront par un crack majeur qui revêtira des proportions encore bien plus énormes qu'en 2008. Les gouvernements n'auront plus d'argent pour sauver le système car ils ont déjà tout donné à la finance spéculative et à cette élite de la finance. Il n'y aura donc plus d'argent nulle-part cette fois, mais l'austérité pourrait devenir encore plus sévère...

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Les nouveaux chiffres sont sortis le 18 novembre. La finance de l'ombre, ou "shadow banking", continue de croître au su et au vu des régulateurs. Sa taille atteint aujourd'hui 67'000 milliards de dollars, soit une taille égale à l'ensemble de l'économie mondiale. On peut la définir comme un système financier parallèle au système bancaire réglementé. Le shadow banking se compense essentiellement de spéculateurs sophistiqués. Son rôle dans les crises de 2002 (Enron, Worldcom) et 2008 (subprime) est avéré. Et pourtant, les gouvernements, en procédant au sauvetage de l'ensemble du système financier en 2008, ont récompensé l'échec de la finance spéculative et incité les spéculateurs déréglementés à poursuivre leurs activités, qui ont augmenté de 5000 milliards depuis la crise! En cause également, le lobbying efficace à Washington qui met en échec les velléités actuelles de la France et de l'UE de réglementer le shadow banking.

Plus concrètement: des fonds spéculatifs d'importance systémique, ou des banques à haute intensité spéculative (Goldman, Morgan, Deutsche Bank) peuvent connaître un krach soudain révélé suite à des risques trop élevés accumulés ces dernières années sur ces transactions hors bilan, non répertoriées, opaques, utilisant les instruments dérivés traités hors bourse (et valorisés en montant notionnel à 640'000 milliards de dollars!! Voir lien ci-contre: https://www.bis.org/publ/otc_hy1211.htm ). Une crise d'illiquidité survenant sur un marché spéculatif (dérivés sur obligataire immobilier, sur devises, ou sur matières premières ou autre) peut déstabiliser la planète financière, qui à son tour déstabilisera la planète de l'économie réelle. On pourrait alors vivre un "bis repetita" amplifié des crises précédentes... Qui sauvera alors le système?

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