"L’étrange histoire de Benjamin Button" : Quand la fiction rejoint la réalité…

La maison des Clark, parents de deux enfants, ressemble à une maison ordinaire. Un train miniature s’élance sur les rails en plastique d’un parcours improvisé, tandis que la télévision crache les images colorées d’un énième dessin animé… Pourtant, aucun enfant à l’horizon.

Malgré les apparences, la famille Clark n’est pas une famille ordinaire. En effet, Matthieu et Michael, les deux fils de Tony et Christine Clark, ont respectivement 39 et 42 ans. Au fil de nombreux examens, les experts ont diagnostiqué chez les deux hommes une forme terminale de leucodystrophie. Cette maladie génétique très rare attaque la myéline, la moelle épinière et le cerveau. Dans le cas des enfants de la famille Clark, elle altère non seulement leurs capacités physiques, mais aussi leurs états émotionnels et mentaux. De jour en jour, les deux hommes « rajeunissent » mentalement. Des transformations qui ne sont pas sans rappeler la célèbre nouvelle de F. Scott Fitzgerald, portée à l’écran par David Fincher en 2008, avec Brad Pitt et Cate Blanchett dans les rôles principaux.

« L’étrange histoire de Benjamin Button » raconte la vie d’un homme né vieillard, et qui passe le reste de sa vie à rajeunir, jusqu’à redevenir un enfant. Bien sûr, une telle histoire est impossible sur le plan physique, mais dans des considérations plus « émotionnelles », c’est cette situation que vivent les frères Clark depuis quelques années.

Il y a encore six ans, les deux frères avaient chacun un emploi et une famille. Michael a notamment servi dans la Royal Air Force avant de devenir ébéniste, tandis que Matthieu œuvrait dans une usine et s’occupait de sa jeune fille et de sa femme. Mais la maladie a fini par provoquer des bouleversements dans le quotidien de tous leurs proches. Aujourd’hui, Matthieu et Michael habitent chez leurs parents, et passent le plus clair de leur temps à jouer à Mr Patate ou à se disputer autour d’une partie de Monopoly. De rares moments de lucidité, douloureux et insupportables, ponctuent des journées faites principalement de rire et de légèreté.

Une maladie dégénérative incurable

Matthieu et Michael, bien qu’avoisinant la quarantaine, ont désormais l’âge mental d’enfants de 10 ans. Une régression qui semble ne plus avoir de fin, comme le confie leur mère : « Comme les petits enfants, ils se réveillent beaucoup pendant la nuit. Rien que la nuit dernière, j’ai dû me lever sept fois pour aller à leur chevet. Il y a quelques semaines, ils pouvaient utiliser une fourchette et un couteau pour manger, mais cela devient de plus en plus difficile pour eux ». Agés de soixante ans, Tony et Christine Clark formaient un couple de retraités heureux jusqu’à la découverte de la maladie. Ces britanniques étaient partis couler des jours heureux en Espagne avant de décider, peu après le diagnostic, de revenir vivre au Royaume-Uni pour s’occuper de leurs deux enfants.

La leucodystrophie concerne une naissance sur 625.000. C’est une maladie génétique héréditaire qui peut prendre différentes formes. Considérée comme une maladie rare, la visibilité et la recherche restent les meilleurs moyens de développer des réponses médicales et psychologiques pour les familles concernées. Le quotidien des frères Clark a inspiré un documentaire, « L’étrange histoire des frères Clark », diffusé il y a quelques jours sur une chaine nationale au Royaume-Uni. Une opportunité de sensibiliser le grand public sur ces malades qui tentent, malgré les difficultés, de trouver leur place dans notre société.

"L'Etrange Histoire de Benjamin Button" : à la rencontre du temps perdu

"Curieux destin que le mien..." Ainsi commence l'étrange histoire de Benjamin Button, cet homme qui naquit à 80 ans et vécut sa vie à l'envers, sans pouvoir arrêter le cours du temps. Situé à La Nouvelle-Orléans et adapté d'une nouvelle de F. Scott Fitzgerald, le film suit ses tribulations de 1918 à nos jours. L'étrange histoire de Benjamin Button : l'histoire d'un homme hors du commun. Ses rencontres et ses découvertes, ses amours, ses joies et ses drames. Et ce qui survivra toujours à l'emprise du temps...
L’Étrange histoire de Benjamin Button, amène à réfléchir sur le temps, la mort et la perception de sa vie (comment concilier, au moment présent, qui l’on est aujourd’hui, avec qui on a été et qui on sera?).

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Le scénario adapte en la transformant (beaucoup) une courte nouvelle de Francis Scott Fiztgerald narrant la vie de Benjamin, né vieil homme, qui rajeunit au cours des années qui passent jusqu’à devenir nourrisson et disparaître (donc sans mourir?).

L’horloge de Monsieur Gâteau

Cette inversion du temps de la vie de l’homme (un déroulement narratif dans le temps présent du personnage qui simultanément recule physiquement vers le passé) est croisée avec la notion de l’écoulement du temps comme mémorial d’une vie humaine (disparue ou qui va disparaître). Cette double lecture du souvenir et de la mort est symbolisée dans le film par une horloge particulière, celle de la gare de la Nouvelle-Orléans.

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Histoire étonnante de cette horloge monumentale de la gare de la Nouvelle Orléans, qui aurait été construite par un horloger aveugle, Monsieur Gâteau, après la mort de son fils soldat.

Cette horloge est particulière : ses aiguillent tournent à l’envers et indiquent à son lecteur présent un temps qui s’écoule vers le passé au lieu de marquer l’instantanéité de sa marche vers le futur immédiat, proche, lointain...