Grèce, le gouvernement des banques

Il s'en est fallu de peu, la coalition de gauche Syriza arrive en seconde position des législatives grecques, derrière le parti conservateur Nouvelle Démocratie, et ce après une campagne marquée par les menaces répétées d'une sortie de la zone euro. Ce sont donc les responsables de l'état désastreux du pays qui sont appelés à gouverner et à appliquer les mêmes mesures de casses sociales dramatiques. L'histoire se répète...

C'est avec un immense soulagement des dirigeants européens que les résultats des élections grecques ont été accueillis. Bien évidement, on ne pouvait rien attendre de mieux de la part de MM. José Manuel Barroso, président de la Commission Européenne et Herman Van Rompuy, président de l'Union Européenne. Là où le bas blesse, c'est lorsque des personnalités dites « de gauche » se réjouissent d'une victoire de la droite et de l'austérité en Europe. Ainsi, Mme Najat Vallaud-Belkacem, porte parole du gouvernement français, s'est déclarée heureuse « qu'ils [les grecs] aient choisi l'euro ». Serait-il nécessaire de lui rappeler que le maintient de la Grèce dans la zone euro était bien présent dans le programme de Syriza ? Plus tôt, c'était MM. François Hollande et Daniel Cohn Bendit qui appelaient le peuple grec à « tenir ses engagements », et donc à voter pour l'un des deux partis favorables à l'austérité imposée par la Troïka.

Le peuple grec semble maintenant condamné à s'enliser dans une situation pour le moins inacceptable : 1,2 millions de chômeurs, salaire minimum à 480€ mensuels, baisse des allocations chômage, retraite et des dépenses de santé. La dernière mesure phare avancée par le gouvernement étant le plafonnement l'imposition à 35 %. Le gouvernement ne trouve donc rien de mieux que de réduire volontairement ses recettes les plus lucratives en faisant porter tout le poids de la crise aux classes sociales les moins aisées. Ce qui se passe aujourd'hui en Grèce n'est qu'un prémisse de ce qui sera appliqué prochainement au reste des peuples européens. Le « Pacte sur l'euro plus », gravant dans le marbre l'austérité et la rigueur budgétaire et instaurant la création d'une entité supranationale, non élue et intouchable juridiquement, est d'ailleurs en ce moment même en court de ratification.

Derrière la belle image de paix qu'était l'Europe se dessine de plus en plus l'ombre de l'austérité, de la compétition entre les nations et de l'asservissement des peuples aux capitaux.

Auteur de l'article

Philippe Katz

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