Sortie de route de la Ferrari ?

Mais qu'est-ce qui a bien pu lui passer dans la tête à la Laurence ? Comme vous j'ai été surpris - agréablement ou pas, je ne le dirais pas - par la question qui tue, Khadafi et le financement de la campagne présidentielle de 2007, de la présentatrice vedette du 20h00 de Tf1.

Comment cette charmante jeune femme blonde qui passe pour une "pauvre conne" (enfin pauvre surement pas, conne ? Je ne le crois pas non plus) à côté des cadors du journalisme que sont les Elkabach, Pernod (je sais ça s'écrit pas comme ça mais si j'ai envie), Joffrin, Plenel et autres, a-t-elle pu trouver le courage de bousculer l'Homme à la Rolex®, le Bombardier hongrois, le Géant des Carpates, j'ai nommé Nicolas Sarkozy. J'ai rarement vu Nicolas Sarkozy déstabilisé aussi facilement, il est vrai que dire du mal de quelqu'un, que l'on a invité á planter sa tente dans son propre jardin quelques mois auparavant, n'est pas chose aisée.

J'ai pensé à Laurence toute la nuit, enfin en tout bien tout honneur, à sa prestation face au Président. Et j'ai échafaudé plusieurs scénarios. A propos, pourquoi Paroles de candidats au pluriel ? Parole au singulier est bien plus melioratif. On dit par exemple je te donne ma parole pas mes paroles et Dalida chantait avec l'air désabusé d'un électeur moyen Paroles et paroles.
 
1- Le complot gauchiste. Pendant la préparation de l’émission et alors qu'elle était en tain de chauffer la salle (la personne en charge de cette tache ne pouvant rejoindre à temps Boulogne-Billancourt suite à une prise d'otage par "une certaine catégorie de personnel" de la RATP), un journaliste encarté au SNJ-CGT a échangé le carton sur lequel Nonce Paolini avait inscrit les questions à poser, questions qui lui avaient été communiqué la veille par le service de presse de la présidence, par un faux rédigé un de ses amis du Parti de Gauche.
 
2- La méthode Don Corleone. Le clan Bouygues ne pari que sur les chevaux gagnants. 10 points d'écart en faveur de Hollande même avec quelques handicaps (DSK, Fabius, Lang, son ex), on peut dire que c'est plié, le trésor c'est la concession que l'Etat a attribué à TF1 et qui court jusqu’à 2022. Si cette hypothèse est vérifiée, Nonce devrait penser sérieusement à passer de l'autre côté de la caméra, car sa scène de la réprimande de la pauvre Laurence va entrer dans les classiques de l'Actors studio.
 
Et si tout simplement Laurence Ferrari avait fait son job ? Un mélange de sursaut de fierté et de conscience professionnelle. A partir d’aujourd’hui les Mélenchon, Bayrou et le Le Pen ne pourront plus utiliser l'argument de la connivence avec le Chef de l'Etat quand ils seront face à elle.

Les accusations de financement de la campagne présidentielle 2007 de Nicolas Sarkozy par Kadhafi dans une note évoquée par Mediapart ont été reprises dans de nombreux pays, du Canada à l’Autriche, de la Malaisie à la Finlande. Mais comme le souligne Mediapart, qui a fait le décompte de quelques reprises internationales, l’info n’a pas franchement bouleversé la campagne en France, alors qu’elle est parue dans le monde entier.

"La police enquête pour savoir si le Président français a touché 50 millions d’euros du tyran libyen Mouammar Kadhafi", titre aujourd’hui le quotidien finlandais Iltalehti.

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Le taulier

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"Kadhafi « a mis 42 millions de livres dans la campagne présidentielle de Sarkozy »", assure le britannique Daily Mail, en utilisant des guillemets, pour bien souligner que les accusations sont sourcées. "Sarkozy et Kadhafi - une amitié à 50 millions d’euros", affirme aussi, sans prendre de précautions particulières, Nezavisimaya Gazeta (Russie). 

"Un secret libyen sorti de la tombe vient hanter Sarkozy", titre en page 3 le réputé Globe and Mail (Canada), en précisant qu’aucune preuve ne vient pour l’instant étayer ces accusations, avant de citer la réponse de Sarkozy à Laurence Ferrari sur TF1 : "S’il a financé, je ne lui en ai pas été reconnaissant", en faisant allusion à l’intervention militaire, menée notamment par la France, contre le régime de Kadhafi. L’article canadien se termine par une mention de l’affaire Karachi, ces rétrocommissions sur la vente de sous-marins au Pakistan qui auraient pu financer la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995.

The Star (Malaisie), reprend lui aussi le démenti de Sarkozy, et affirme carrément entre guillemets, en titre  : "Pas de financement de Kadhafi".

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