Le scandale du temps de parole

Cette semaine, nous aurons encore droit à une indigestion de bipartisme avec le second Des Paroles et Des Actes de François Hollande et le Face aux Français de Nicolas Sarkozy. Comment ne pas être scandalisé par les temps de parole de cette période sensée être l’équité ?
 
UMP, PS en entrée, plat et dessert
 
Normalement, de janvier au 19 mars, nous aurions du être en période d’équité des temps de parole. Mais quand on examine les temps de parole, on se demande bien en quoi la répartition est équitable. Nicolas Sarkozy a eu droit à 30 à 38% du temps de parole dans tous les grands médias, soit plus que ce que lui donnent tous les sondages, plus que François Hollande, sans que l’on puisse comprendre pourquoi le président sortant a droit à 20% de temps de parole supplémentaire.
 
Les quatre candidats suivants ont droit à 5 à 10% du temps de parole sans que l’on sache bien pourquoi Eva Joly a droit à autant de temps que des candidats qui rassemblent beaucoup plus de sondés. En outre, l’écart entre ces candidats et les deux premiers est totalement anormal quand on voit les écarts dans les sondages. Pire encore, les « petits » candidats ont été extrêmement mal servis, ne leur permettant absolument pas d’émerger et de se faire connaître.
 

Du silence comme acte 

 
L’UMP et le PS auront donc eu droit à cinq heures de prime time avec leurs DPDA, sans compter les émissions spéciales ou les journaux télévisions. En tout, 300 à 400 minutes pour exposer leurs idées, que tout le monde connaît. En face, les « petits » candidats n’ont eu droit qu’à des miettes. Nicolas Dupont-Aignan n’est plus passé depuis le 9 décembre. Il aurait au moins du avoir droit à 15 minutes minimum. Et l’équité aurait exigé une durée bien supérieure encore.
 
De l’équité et de l’égalité
 
En cette période d’équité, on ne pouvait pas forcément demander à France Télévisions d’accorder une émission complète de Des Paroles et Des Actes à tous les candidats présumés, mais une édition spéciale d’au moins 30 minutes aurait été beaucoup plus juste et plus proche de l’équité qui était sensé être la règle pendant ces deux mois et demi. Au  lieu de cela, on nous sert PS et UMP matin midi et soir, comme cette semaine avec Nicolas Sarkozy lundi et François Hollande mardi.
 
A partir du 19 mars, deux options justes se présentent au service public. La première consisterait à organiser 10 DPDA pour chacun des candidats. On peut comprendre néanmoins que cela ferait beaucoup en cinq semaines, encore qu’en campagne présidentielle, cela semblerait juste. L’autre option, plus légère, consisterait à organiser cinq émissions qui seraient partagées par deux candidats avec éventuellement un débat entre ces deux candidats au milieu.