Un article du mardi 13 septembre 2011


Offensive de l’Etat pour rassurer les déposants des banques. Comme pour Tchernobyl ou Fukushima, comme sur le pont du Titanic, il faut rassurer pour éviter la panique. Il vaut mieux mourir noyé tranquillement que écrasé lors d’une émeute.

Tous ceux qui protègent le système bancaire ont été mobilisés. Même l’AFUB est intervenue à la télé pour rassurer les épargnants : « vos dépôts sont garantis ».

C’est bien ça de garantir les dépôts, mais qui, nom de Dieu, est assez riche pour garantir des centaines de milliards de dépôts ? Les banques ? Non, elles s’écroulent. Les assurances ? Non plus. Un mystérieux fonds de garantie ? Oui, mais il ne peut garantir que 1 ou 2% de la masse.

En fait, cette garantie, tel un caisson étanche sur un navire, ne peut garantir que les dégâts causés par un petit choc, pas contre une bombe à hydrogène.

Comment en est-on arrivés là ? Rappel historique.

1973 : La loi Pompidou, directeur général d’une grande banque et accessoirement Président de la République, promulgue une loi. Celle-ci interdit l’Etat à emprunter à sa banque centrale. Il ne peut se financer qu’en passant par les banques commerciales.
Au lieu d’emprunter à 1% à lui-même il doit passer par le système bancaire pour emprunter à 6%. Pour disposer des fonds, le système bancaire emprunte alors à la banque centrale à… 1%.
Résultat, le même que pour le surendettement des particuliers, l’Etat a une dette de 1.950 milliards dont seulement 10% représente le capital.

1984. Jacques Delors, Ministre des finances et accessoirement père de Martine Aubry, supprime la distinction entre les banques d’affaires et des banque de dépôts.
Les banques recevant les dépôts des particuliers ne pouvaient pas spéculer cet argent sur les marché. Grâce au ministre de Fabius, c’est maintenant possible.

1997 : Dominique Strauss-Kahn, Ministre des finances et accessoirement… achève le programme de privatisation du secteur public bancaire.
Les citoyens sont comme l’Etat, complètement livrés au secteur privé.

2008 : Nicolas Sarkozy, Président de la République, donne la garantie de l’Etat aux banques, les prémunir des pertes éventuelles.
Les banques sont très engagées en Grèce et vont perdre des milliards. Ce sont donc les contribuables français qui vont les renflouer et ainsi essayer de combler le « trou noir » de la Grèce.

Je reviens à la question du départ, mais qui va garantir les dépôts des épargnants.

Réponse, les épargnants eux-mêmes.

« Mais à part ça, Madame la Marquise, tout va très bien, tout va très bien »

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Le "subprime souverain" grec est sur le point de faire défaut sur 107 milliards d'euros de créances auprès de ses débiteurs. Comme convenu lors du énième sommet de la toute toute toute dernière chance. Dans 24 heures, soit le 8 mars 2012 à 20h00 GMT, l'avenir du maillon faible de la chaîne d'alpinistes des banquiers européens suicidaires risque d'être fortement compromis puisque 107 milliards d'euros de dette grecque seront effacés des comptes... Qui se retrouvera debout quand le tango du jeu de la chaise musicale s'arrêtera à cet instant précis ? A moins que cela soit pire...

 
Bon du Trésor grec à 1 an : 1102 % !
Ce chiffre est tout simplement GROTESQUE et la press-titution "officielle" n'en touche pas un mot (à contempler sur Bloomberg) !
 
Trouvé ici chez Charlotte: panier-de-crabes