Aujourd'hui bronzé et reposé, Karl Rabeder ne regrette rien de son ancienne vie.
Aujourd'hui bronzé et reposé, Karl Rabeder ne regrette rien de son ancienne vie.

Un homme d'affaires autrichien a renoncé à son entreprise et à sa fortune pour vivre avec 1000 euros par mois dans une cabane. Un choix radical qui lui apporte le bonheur.

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Il y a un an, il habitait une luxueuse villa dans les montagnes autrichiennes. Un immense garage abritait sa limousine, cinq avions étaient à sa disposition. A 48 ans, Karl Rabeder était un homme d'affaires riche, reconnu et malheureux. Aujourd'hui il vit avec 1000 euros par mois dans une cabane de 20m2 sans confort, et il est , dit-il, «plus heureux qu'il n'a jamais été».

«Quand on voit la photo prise de moi il y a un an devant mon chalet, j'ai l'air d'avoir dix ans de plus, fatigué et triste», dit Rabeder au magazine Spiegel . C'est un voyage en Amérique du Sud qui lui a ouvert les yeux : «J'ai réalisé que la plupart des gens pauvres qui vivent là bas sont beaucoup plus heureux que l'Européen moyen», explique-t-il. «La publicité nous dit qu'il faut posséder le dernier jean de marque ou une grande maison, mais les gens qui possèdent tout cela n'ont pas l'air plus joyeux». En janvier 2010, l'homme d'affaires, qui a fait fortune dans les accessoires de décoration, prend une décision radicale : il choisit de se séparer de toutes ses possessions et de se retirer dans un chalet d'alpage.

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Une vie idyllique sans possession matérielle

Pour se débarrasser de sa magnifique villa en bois et verre construite dans une verdoyante vallée tyrolienne, Rabeder imagine une méthode originale. Au lieu de la mettre en vente, il organise une loterie. 22.000 personnes achètent un billet à 99 euros dans l'espoir de remporter la maison, son jardin paysagé, son spa et son terrain de beach volley. C'est une Bavaroise qui remporte le gros lot. Les 2,2 millions d'euros récoltés vont rejoindre la fortune gagnée grâce à la vente de son entreprise et de ses biens dans un fonds caritatif consacré au micro-crédit dans les pays en développement.

Depuis un an, l'ex-millionnaire, divorcé en 2003 après 17 ans de mariage, a réalisé son rêve : il vit dans une petite maison de bois. Sa vie lui semble désormais idyllique. «Le matin je me réveille quand mon corps se réveille. Puis je me demande ce que j'ai envie de faire. Parfois j'écris pendant dix heures d'affilée, parfois je pars simplement marcher en montagne.» Maintenant qu'il est pauvre, les relations avec les gens sont plus faciles: «Avant les gens que je rencontrais me prenais pour une tirelire. Désormais, quand quelqu'un s'intéresse à moi, ce n'est plus à cause de l'argent, le contact est beaucoup plus facile». De sa maison et de sa vie passée, il n'a rien emporté. La seule chose qu'il regrette, «c'est le temps. Pendant vingt ans j'ai senti que je menais une vie qui ne me convenait pas». Il ne veut rien changer à son nouveau bonheur : «Les possessions matérielles ne représentent rien. Je suis plus heureux aujourd'hui, parce que je vis enfin comme j'aurais toujours dû vivre.»

Par Caroline Bruneau

    Figaro

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