Chez tous les dirigeants européistes et au sein même du PS grec, c'est aujourd'hui haro contre le Premier ministre Papandreou.

Ces nombreuses réactions confortent mon analyse immédiate d'hier soir : je continue à penser que M. Papandreou a décidé ce référendum par un sursaut d'honneur et pour sauver son image face à l'Histoire de sa patrie. C'est une façon pour lui de prendre sa revanche contre les humiliations, les diktats et les oukases à répétition que lui font subir les dirigeants euro-atlantistes.

Au risque de surprendre, j'ai indiqué hier soir ici même que je pensais que c'était le même type de motivation secrète qui avait été celle de Jacques Chirac en 2004 lorsqu'il avait décidé de soumettre la Constitution européenne au référendum des Français.

Je sais que cette interprétation peut surprendre. Mais si l'on y réfléchit bien, le recours au référendum était LA SEULE solution possible dont disposait Jacques Chirac pour faire capoter un projet qu'il approuvait officiellement, mais qu'il désapprouvait peut-être totalement en son for intérieur.

LE SYSTÈME MAFFIEUX EURO-ATLANTISTE PLONGE LES DIRIGEANTS D'EUROPE DANS LA SCHIZOPHRÉNIE

Car il faut bien comprendre le système dans lequel nous sommes : les "dirigeants" européens ne sont plus des "dirigeants". Ce ne sont plus que de simples "exécutants" d'une politique décidée par une oligarchie euro-atlantiste qui fait et défait leur carrière par grands médias interposés. Seuls peuvent faire carrière politique ceux qui acceptent ce pacte digne de Faust : "grâce à mon contrôle total des grands médias, je manipule les masses pour te faire élire ; mais ensuite tu ne seras plus que ma marionnette". Un pacte faustien qui n'est en fait qu'un contrat maffieux.

Mon interprétation est que certains se vautrent dans ce rôle de larbin du système avec un cynisme sans limite : MM. Barroso ou Sarkozy sont de ceux-là.

Mais d'autres, parfois, ont des mouvements d'humeur et des remords. Ils éprouvent de la honte, des colères froides et rentrées, contre le personnage ignoble qu'on les oblige à jouer et contre la destruction du pays de leurs ancêtres sur laquelle ils fondent leur carrière infâme.

Comme ils ont un revolver sur la tempe, ils ne sont pas libres de leurs mouvements et de leurs déclarations. Mais ils se saisissent du moindre élément pour tenter de déjouer ce qui est exigé par leurs "parrains" maffieux.

Je pense que MM. Chirac et Papandreou sont de ceux-là : leur recours à des référendums extrêmement périlleux ne s'explique, au fond, pas autrement que par l'espoir secret que leur peuple rejetterait ce que les "parrains" les forcent à promouvoir.

Ainsi, tout le monde se rappelle encore la contre-performance incroyable de Jacques Chirac devant un public de "jeunes" à la télévision quelques semaines avant le référendum du 29 mai 2005. La presse avait glosé sur sa contre-performance. Mais qui peut lire dans les reins et les cœurs ? Qui sait si Jacques Chirac n'avait, justement, pas joué une comédie subtile, en faisant tout pour obtenir cet échec ?

Si je lance cette interprétation, c'est parce qu'elle explique bien des bizarreries, et notamment ce référendum grec. Et aussi parce qu'elle est conforme à ce que j'ai constaté lorsque je fréquentais les allées du pouvoir il y a une quinzaine d'années : tous nos responsables politiques ne sont pas tous des crétins. Ils savent ce qui est en train de se passer. Et ils en ont parfois des sueurs froides.

François Asselineau - Union Populaire Républicaine