Des réseaux financiers criminels pilotent la crise de l’euro

Article placé le 15 sept 2011, par Horizons & Débats (Zürich)

Une des causes profondes de l’actuelle crise financière est le fait que la Réserve fédérale américaine (FED) détient la souveraineté en matière de monnaie tout en étant un établissement privé appartenant à 13 banques dont la plupart font partie des groupes de la haute finance les plus importants du monde. Grâce à la FED, ces banques ont la possibilité de créer de l’argent et elles ont, au cours des 35 dernières années, multiplié par 40 la masse de dollars bien que le volume des biens ait seulement quadruplé.

L’escroquerie monétaire mondiale des propriétaires de la FED

Avec cet argent, elles ont pu acheter les matières premières mondiales (pétrole, métaux, etc.), acquérir la plupart des participations majoritaires des grandes sociétés de capitaux, des monopoles dans des secteurs entiers de la production, des services et des médias et, grâce à leur argent et au pouvoir du gouvernement américain, régner sur – le cas échéant faire chanter – la plupart des banques centrales du monde occidental, orienter la politique des pays satellites et organiser des révoltes destinées à éliminer les gouvernements rétifs (Afrique du Sud, Ukraine, Géorgie et maintenant Afrique du Nord).

La FED peut ainsi spéculer sur les taux d’intérêt et accorder sans limites des crédits. Dans leur avidité, les banques propriétaires de la FED ont créé de plus en plus de produits douteux et criminels non couverts et les ont vendus, la plupart du temps au travers de fonds, dans le monde entier pour que le volume monétaire en augmentation ne provoque pas d’inflation aux Etats-Unis. Ainsi, la bulle financière en dollars s’est produite pour 80% à l’étranger et a entraîné dans le monde entier un boom apparent et un excès de liquidités.

Cela rappelle les traites de cavalerie. Ces traites sont de plus en plus nombreuses, de plus en plus importantes et de plus en plus répandues, mais jamais honorées. Les gagnants ont été ceux qui les ont émises, les groupes américains de la haute finance et leurs banques, telle Goldman-Sachs. (cf. notre ouvrage Der Welt-Geld-Betrug, Unna, 2010).

Protection des banques frauduleuses par leurs serviteurs politiques

Lorsque la grosse bulle financière américaine commença sous forme de crédits immobiliers non couverts et que la première banque (Lehman-Brothers) s’est effondrée, le ministre américain des finances Paulson, qui avait auparavant dirigé pendant dix ans la banque suspecte Goldman-Sachs, évita à ses collègues banksters (banquiers gangsters) le remboursement des produits financiers douteux en annonçant un plan de sauvetage de 700 milliards de dollars en faveur de leurs banques qui accordait ainsi la garantie de l’Etat à la crise financière, c’est-à-dire en faisait une crise financière publique. Il exigea des Etats vassaux qu’ils fassent de même, si bien qu’en Europe également un «plan de sauvetage» reprit les dettes toxiques des banques en les plaçant dans des «bad banks» ou grâce à des payements directs aux banques devenues insolvables. Depuis lors, on ne parle plus, dans le monde, de banques peu sérieuses responsables de la crise financière ou de crise bancaire mais de crises d’Etat et de dettes souveraines. Les grandes banques internationales ont évité la faillite en exerçant un chantage sur les politiques dociles pour qu’ils reprennent leurs dettes sur le dos des citoyens. Depuis lors, les dettes des banques sont nos dettes.

Après la signature de la loi sur le plan de sauvetage, l’ex-président allemand Köhler a démissionné de honte. Les autres politiques ne connaissent pas la honte et se soumettent docilement aux ordres de Washington ou de New York. Et on escroque les citoyens. On leur impose la rigueur (augmentation des allocations Hartz IV de 5 euros seulement) alors que l’on a dépensé des centaines de millions d’euros pour sauver les banksters internationaux, et cela uniquement pour gagner du temps.

La crise du dollar devient la crise de l’euro

En fait, la création de dollars par la FED était un problème américain. Les Etats-Unis avaient besoin chaque année de plus de 400 milliards de dollars pour financer leurs guerres, leur empire mondial et leur empire financier mondial. Lorsque la nouvelle se répandit peu à peu que les dollars n’étaient absolument pas couverts (fiat money) et que d’importants pays exportateurs de matières premières (p. ex. la Russie) n’acceptaient plus le dollar comme contre-valeur de leurs biens précieux, lorsque, en outre, l’abandon du dollar profita à l’euro, les Etats-Unis durent stopper ce mouvement de désaffection. Ils provoquèrent, au plus fort de ce mouvement, des crises de l’euro, c’est-à-dire qu’ils firent annoncer par leurs banques et les agences de notation qui leur appartiennent des crises de l’euro en dégradant des pays endettés de la zone euro (Grèce, Irlande, Portugal). Ainsi, ils détournèrent l’attention de la crise du dollar et la crise de l’euro se trouva au centre des problèmes financiers et le scénario de crise se déplaça des Etats-Unis vers l’Europe.

Des réseaux financiers criminels pilotent la crise de l’euro

Le surendettement de la Grèce n’est pas récent. Elle était déjà surendettée lors de son entrée dans la zone euro. A l’époque, la banque américaine Goldman-Sachs avait établi des bilans falsifiés et confirmé frauduleusement la solidité financière du pays. Depuis, la Grèce était devenue une des plus importantes bénéficiaires des subventions de l’UE sans que sa situation ne s’améliore le moins du monde. Le fait qu’on ait pris subitement conscience de son surendettement est dû à une manœuvre de Goldman-Sachs et de ses agences de notation visant à mettre un terme à la désaffection envers le dollar au profit de l’euro en faisant apparaître l’euro comme aussi peu solide que le dollar. Depuis, en Europe, s’accumulent les violations de statuts, de lois pénales, de traités et de constitutions commises sur l’ordre d’une puissance supérieure et sans conséquences pour les responsables:

– A l’automne 2010, la FED, grâce à la création illégale de 600 milliards de dollars destinée à compenser l’absence d’apport de dollars en provenance du monde, a sauvegardé la solvabilité des Etats-Unis. Cet argent est perdu.

– En septembre 2010, la Banque centrale européenne, «à l’initiative» du gouvernement américain et de la FED, a assuré l’apport nécessaire de dollars jusqu’en avril 2011 en rachetant illégalement 500 milliards de dollars et évité ainsi les pressions sur le dollar. En réalité, il s’agissait là d’une malversation aux dépens de l’euro car chacun sait que le dollar ne vaut plus rien. Quand on échange de l’argent sans valeur contre de l’argent qui a de la valeur, on est complice d’une escroquerie ou on la commet directement. Axel Weber, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, n’a pas pu empêcher cela et a protesté en démissionnant.

– La Grèce avait plus de 360 milliards d’euros de dettes surtout auprès de banques françaises et américaines. Des assurances américaines couvraient encore le défaut de payement. C’est pourquoi Obama, Trichet et Sarkozy ont contraint agressivement Merkel à assumer la responsabilité partagée des dettes de la Grèce par le biais du «plan de sauvetage» afin d’éviter aux banques de devoir faire une croix sur leurs créances. Par conséquent, l’aide apportée à la Grèce était destinée aux banques. La Grèce ne s’en trouvait pas libérée de ses dettes. Sans ce chantage, Merkel et le gouvernement allemand n’auraient jamais osé commettre cette violation de la Constitution consistant à se porter garant de dettes étrangères et ils n’auraient pas imposé cela au peuple.

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– Les banques françaises étaient les principaux créanciers de la Grèce et savaient que leurs crédits ne valaient plus rien. C’est pourquoi le président français a incité son ancien collègue bankster Trichet à racheter par la BCE pour 60 milliards d’euros d’emprunts grecs alors que c’était interdit par l’article 123 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne et constituait une escroquerie au préjudice des propriétaires de la BCE car ceux-ci ne sauraient que faire de titres sans valeur. La plainte que j’ai déposée contre Trichet n’a malheureusement pas pu être prise en compte par le Parquet car Trichet jouit de l’immunité. Il a même été récompensé de ses magouilles criminelles par le Karls-Preis à Aix-la-Chapelle et le Weltwirtschaftspreis à Kiel...suite

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