Pour le retour à un Etat fort

Sombre moment pour nos démocraties. Alors que la France perd jour après jour, sa souveraineté, son indépendance, et sa voix sur la scène internationale,alors que plus rien ne fonctionne à l’intérieur même de notre pays, que nos services publics sont bradés, que les injustices s’accroissent, nos dirigeants qu’ils soient de droite ou de gauche s’obstinent à nous amener droit dans le mur. 

Pour échapper au chant des sirènes, dont les talents de musiciennes séduisaient les navigateurs et leur faisaient perdre le contrôle de leur navire qui se fracassaient sur les récifs, Ulysse eut l’ingénieuse idée de verser de la cire dans les oreilles de ses compagnons, et s’attacha lui-même au mat de son bateau pour résister à la tentation.

Qui a détaché les cordes de nos dirigeants qui se sont laissé entrainés par le chant lugubre et lancinant, des sirènes euro-atlantistes ? Le navire français n’est pas loin de se briser contre le récif européen, avec à son bord tout ce qui fait la fierté de notre pays aux yeux de nos concitoyens mais également aux yeux des citoyens du monde.

La France va mal ? Ca nous le savons ! Les Français ne travaillent pas assez ! Ca on nous le répète sans cesse, pour nous culpabiliser !

Mais d’où vient le problème ? Quelles solutions y apporter ?

La vérité est que nous assistons en Europe à une véritable déconstruction des souverainetés nationales. La France a progressivement perdu ses pouvoirs régaliens. La création monétaire a été abandonnée au profit des banques commerciales, la France a délégué ses pouvoirs les plus fondamentaux à l’Union Européenne, qui détient une compétence exclusive dans des domaines primordiaux, ne nous laissant ainsi aucune marge de manœuvre en matière de politique économique et sociales (voir à ce sujet la brillante intervention de Monsieur François Asselineau). L’Europe actuelle est seulement un grand marché commun, où les capitaux circulent aussi libre que l’air, au grand bonheur des financiers. Peu à peu la France est vidé de sa substance, de son essence, de ses qualités intrinsèques. Une coquille vide me dirait vous ? Probablement. Ce qui est sur c’est que nous sommes les dindons de la farce.

J’ai été éduqué selon l’idée que l’Europe était notre avenir. Je grandis avec l’impression qu’elle sera notre perte. Votons nous pour Monsieur Trichet, Monsieur Barroso, ou Monsieur Van Rompuy ? La réponse est non. Pourtant ces gens sont ceux qui façonnent actuellement notre pays. Nous demandent-ils notre avis. Fort peu souvent. Et quand nous disons Non à la Constitution européenne, la machinerie technocratique se met en branle pour nous pondre un nauséeux frère jumeaux adepte lui du passage en force.

Que faire ? Nombreux sont ceux qui se sentent impuissants. Néanmoins quand le péril nous guette à ce point, que de nombreuses horreurs sont commises au nom de la France, donc en notre non (pensons ici à la guerre en Lybie profondément illégale et trompeuse), il est temps de se questionner.

Qu’est-ce que la France ? Qu’est-ce donc d’être Français ?

La France est une terre libre, indépendante, puissante. Un territoire où nous ne laissons pas à la marge les plus faibles, où nous garantissons un service public garant d’une justice sociale, où nous luttons au mieux pour réduire les inégalités. C’est ce que les autres pays nous envient. C’est ce que nous sommes en train de détruire par omission, et par indifférence. Car il existe aussi un côté obscur de la France, celui de Louis XVIII, celui de Laval, celui de notre classe politique actuelle, qui se bornent à se vendre à l’étranger, plutôt que de servir l’intérêt de nos concitoyens. Car là est bien tout le problème. Le vaisseau Français navigue en eaux troubles. De tous les cotés, les chants des sirènes retentissent. Qu’elles soient hedgefundiennes, européistes, ou atlantistes, aucun de nos hommes politiques n’y résiste. Où est Ulysse ? Où est notre capitaine de bateau solidement attaché au mat français, le mat garant d’un Etat fort, d’une France forte, d’une France juste. Il y en a un qui émerge en la personne de Monsieur François Asselineau. Encore faudrait-il qu’il ne soit pas boycotté par tous les médias « institutionnels ».

Sortons les ornières, replaçons les sujets essentiels sur la scène publique, car la lumière est au bout du tunnel et éblouira l’ensemble du monde. Comme l’a déclaré le général de Gaulle à Londres le 11 novembre 1942, « il y a un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde ». Hissons nous à la hauteur des enjeux.

Auteur de l'article sur Agoravox:

Maurice