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Une seule “règle d’or” : virer ce ramassis de prétentieux incapables cyniques et dangereux.

Entre deux faits-divers, les médias se sont emparés du dernier  vocable pondu par les ateliers de propagandistes gouvernementaux : la “règle d’or” du budget équilibré, que Sarkozy veut, ultime pitrerie d’un quinquennat qui restera de ce point de vue une référence, inscrire… dans la Constitution.

Sarkozy qui donne des leçons d’équilibre budgétaire, c’est effectivement, comme l’a dit Ségolène Royal (imprimez-le bien, hein, c’est pas tout les jours que je vais citer Ségolène Royal !), “un conducteur qui a fait un excès de vitesse et qui vient donner des leçons de bonne conduite”.

Je serais même allé bien plus loin : Sarkozy qui donne des leçons d’équilibre budgétaire, c’est carrément DSK qui donne des leçons de chasteté.

Pourtant, même si les réactions politiques sont toutes dans ce registre, le pire n’est pas là. Sarkozy, comme la plupart des dirigeants occidentaux, n’est qu’un petit soldat du libéralisme, qui n’a eu de cesse de défendre pendant les cinq ans qu’il a passés à nous pourrir la vie, les intérêts des riches et des puissants contre ceux du peuple. Le pire, c’est que son (sa) successeur(se) ne pourra que continuer le boulot. En s’en vantant s’il (elle) est de droite, en ayant (de moins en moins) honte s’il (elle) est de “gauche”.

Il n’y a rien à faire dans ce système économique qui court après la croisssance infinie et met les États sous l’éteignoir des banksters, sinon en sortir comme on s’évaderait de Guantanamo.

Tout le monde n’est pas expert-comptable. Heureusement, d’ailleurs. Mais comprendre la base d’un budget, c’est donné à tout le monde. La preuve, Valérie Pécresse, qui n’est pas comptable mais baratineuse professsionnelle, a été bombardée ministre du budget… Un budget, c’est en gros deux colonnes : les dépenses et les recettes. Pour que le système soit durable, il est préférable que les dépenses et les recettes s’équilibrent. C’est même le leitmotiv simpliste de la “Règle d’or”.

Un ménage qui dépense en permanence plus que ce qu’il gagne ne va pas très loin. Pourtant, c’est le cas de la majorité des gens. Il y a même des tas d’officines qui nous harcèlent pour nous prêter de l’argent. Pour de bonnes ou mauvaises raisons, d’ailleurs. Ça peut être pour s’équiper de matériel plus ou moins coûteux, d’une télé, d’une bagnole… Ça peut aussi être pour acheter son logement. Dans ce cas, on notera que l’endettement du ménage dépasse très largement les 100% de son PIB annuel, que l’on considère pourtant comme critique pour un pays !

En fait, les problèmes commencent lorsque le ménage contracte un crédit chez un usurier patenté… pour en rembourser un autre. Ce que les pays font en permanence pour engraisser les banksters!

Mais revenons-en à nos deux colonnes. Il y a en fait deux manières de déséquilibrer un budget. La première, la plus connue, c’est d’être trop dépensier. Dépenser plus que son salaire. C’est connoté très négativement, on parle de “vivre au-dessus de ses moyens”. Mais dans un monde totalement vampirisé par la publicité, il ne faut pas s’étonner que certain(e)s veuillent à tout prix s’offrir le dernier iPhone et/ou le dernier 4x4. D’autant que les salaires stagnent, les prix augmentent, tout comme le chômage et la précarité.

On essaie de nous faire croire que l’État, c’est pareil. Il vivrait au dessus de ses moyens. Escroquerie intellectuelle !  Car si le salarié dépend entièrement de ses revenus (dans la plupart des cas, son seul salaire) et qu’il doit y adapter son train de vie, l’État possède un privilège indéniable : il peut “ajuster” son salaire par les différents impôts et taxes.

Or l’impôt a de plus en plus chez nous comme un goût de repoussoir. Par une espèce de “pernautisation” de la société, on en vient à ressembler aux épouvantables “Tea parties” américains, partisans des dogmes fondamentaux du libéralisme : impôts=caca, beurk, pas de ça chez moi. impôt=communisme. L’impôt anéantit le “pouvoir d’achat” du particulier et l’empêche d’acheter son iPhone ou son 4x4. L’impôt empêche l’entrepreneur (génuflexion !) d’être compétitif et de créer des zemplois.

C’est ainsi que l’État est saisi depuis les années 80 d’une espèce de folle frénésie suicidaire qui consiste à baisser les impôts, taxes, cotisations (alias charges). Exactement comme un salarié qui demanderait à son patron de baisser son salaire (ce qu’il accepterait tout de suite évidemment) et geindrait ensuite qu’il n’arrive pas à joindre les deux bouts.

Contrairement à ce qu’on essaie de nous faire croire (nous sommes trop dépensiers, il va falloir se serrer la ceinture), ce ne sont pas les dépenses qui sont en cause, mais bien les recettes, sabotées à dessein, et qui ont par exemple créé le célèbre “trou de la Sécu”.

L’exemple du chômage est significatif : depuis qu’on “baisse les charges pour créer des zemplois®”, c’est-à-dire au moins 30 ans, le chômage n’arrête pas de monter ! Xavier Bertrand, tout piteux, le déplorait ce matin, et se dédouanait en bredouillant quelque chose comme : “c’est la faute à qu’y a pas assez de croissance”. Mais comment peut-on encore tolérer pareils incapables ?

Évidemment, pour compenser le manque de recettes,il faut rogner sur les dépenses. On annonce des priorités sur l’emploi, la sécurité, la santé, l’éducation, et en séquence, on lamine les effectifs de Pôle Emploi, des flics, des hôpitaux, et des écoles ? Et personne ne s’interroge sur la santé mentale de ceux qui prennent ces décisions incroyables ?

Sarkozy a battu tous les records : l’affaire Bettencourt n’a pas seulement montré la proximité du pouvoir et des grandes fortunes. Elle nous a aussi appris que l’État français, en faillite, reversait tous les ans 30 millions d’euros à la femme la plus riche de France, qui à 88 ans ne sait absolument plus quoi faire de sa fortune. Pire, devant la fronde à propos de ce “bouclier fiscal” inepte, Sarkozy le supprime pour le remplacer par un allègement de l’ISF qui fera faire encore plus d’économies à Madame Bettencourt et à ses semblables, et donc plus de déficit à l’État… Savez-vous que grâce à la complicité de politiciens inqualifiables, les mêmes qui couinent après les déficits, Madame Bettencourt ne paie l’ISF que sur à peine plus de 2 milliards sur les 17 de sa fortune ?

Dans le même style, nous avons appris que la société Total, la plus riche de France et même l’une des plus riches du monde (plus de 10 milliards de profits chaque année), ne paie pas un radis d’impôts chez nous.

Franchement, “ça aurait été des Belges, on se serait foutus de leur gueule un moment®”. Mais non, c’est bien chez nous que ça se passe.

On continue à entretenir une armée à l’ampleur totalement dépassée dans un monde où la principale menace n’est plus une attaque de tanks ou de bombes atomiques soviétiques, mais le terrorisme qui arrive à faire la nique à toutes les armées du monde avec des moyens dérisoires… Plutôt que d’aller faire tuer POUR RIEN (quoi qu’en dise Sarkozy) des soldats en Afghanistan ou envoyer des bombardiers coûteux et inutiles bombarder inutilement la Libye, ne pourrait-on pas mutualiser toutes les armées européennes et diviser le budget militaire de chaque pays par deux (pour commencer) ?

A quoi sert le Sénat ? A ça ? A ça ? Qui peut me citer un truc concret qui prouverait l’utilité de ce machin sur les 3 dernières décennies, sinon à engraisser de vieux notables inutiles et prétentieux, déjà bien replets ? Désolé, je ne vois pas.

Avez-vous constaté une baisse du prix des repas au resto (si vous avez les moyens d’y aller) ? Non évidemment. Alors, pourquoi on leur a baissé la TVA à 5.5%, à ces réchauffeurs de plats insipides sous vide ? Ça coûte 3 milliards par an ! Après tout, s’ils ont tant besoin de pognon, pourquoi ils ne font pas payer leurs clients, qui font statistiquement partie de la tranche favorisée de la société ? Clientélisme…

Savez-vous pourquoi on augmente le prix de la consultation médicale, alors que la sécu est en déficit croissant depuis des années ? Clientélisme, encore.

Pendant ce temps-là, on fait crever le “SAMU social”, au point de dégoûter son dirigeant, pourtant ancien ministre d’un gouvernement de droite, qui a désormais compris qu’il ne s’agissait que de marketing, et que les miséreux étaient le dernier souci de Sarkozy.

On peut fort bien souhaiter un budget en équilibre. Mais pourquoi vouloir l’écrire dans la Constitution ? Pour s’enlever volontairement toute marge de manœuvre ?

A quoi va donc servir cette “règle d’or” ? C’est pourtant simple. Vous ne croyez tout de même pas que nos gouvernants vont renoncer au libéralisme,  enfin comprendre l’utilité des zimpôts et combler fissa ce gouffre béant ? Non ? Alors la solution devient limpide : il s’agit simplement de poursuivre et d’amplifier la mise en place des théories libérales, de détruire tout ce qui est Public, c’est à dire de privatiser, de virer des fonctionnaires, et de continuer à tirer sur la ficelle du chômage, de la Sécu, de l’éducation, des retraites, des Services Publics, des associations… Être moins indemnisé, moins longtemps, être moins remboursé, payer l’école plus cher, travailler plus longtemps… Air connu…

Reaganiser, Thatchériser, Paliniser la France… Lui faire subir un traitement de choc, “à la grecque”

Mais attention, à chaque nouveau recul, à chaque nouveau coup bas, à chaque fois qu’il faudra à nouveau traire les pauvres pour engraisser les riches, nos gouvernants brandiront ce nouvel argument, comme les gamins brandissent leur “increvable” au “Mille Bornes” : on n’a pas le choix (There is No Alternative®), c’est la règle d’or…

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