[L'EDITORIAL] de Laurent Joffrin : "Sauvons Kadhafi !"

Enfin la diplomatie traditionnelle respire. Enfin les partisans de la realpolitik se rétablissent. Enfin les partisans de l'ordre sont rassurés. Enfin les principales puissances démocratiques ont décidé avec éclat de ce qu'elles allaient faire pour la démocratie en Libye : rien.

Après une intense campagne d'hésitation, une courageuse salve de communiqués, une volontariste série de renoncements, un impressionnant déploiement d'impuissance, l'Onu, l'Otan, l'Union européenne et les grandes puissances ont décidé avec une fière unanimité qu'il était urgent de laisser Mouammar Kadhafi restaurer sa dictature. Ainsi est conjuré le principal danger qui nous menaçait : voir les démocrates agir pour la démocratie.

On dira que la situation militaire était complexe, que l'aviation ne pouvait pas intervenir à la légère, que les opposants n'avaient pas de capacité militaires. Et comme il eût fallu une unité de vue entre les puissances, un accord américain, un blanc-seing de l'Europe, une résolution des Nations Unies, une bénédiction des dictateurs chinois et une bulle du Pape, les chances d'action étaient minces. Certes les objections techniques n'étaient pas dénuées de pertinence et on ne recourt pas à la force sans réflexion minimale. Mais comme on avait décidé d'avance qu'on n'agirait pas sans remplir une multitude de conditions, il était clair que la détermination de ne rien faire l'emporterait avant même toute étude des possibilités d'aide aux insurgés.

Kadhafi va pouvoir rétablir son régime d'oppression ubuesque, éliminer dans le sang ceux qui ont eu la naïveté de croire à nos principes, rétablir avec notre consentement torture, exécutions sommaires et propagande. Ses congénères dictateurs en seront tout ragaillardis et les révolutions arabes soudain découragées. L'ordre règne à Tripoli. Ouf !

Laurent Joffrin

Pour une fois je dois saluer le courage de notre président qui aura proposé de soutenir les oposants au régime Kadhafi. Il semble que seul contre tous, avec la Grande-Bretagne, il ne lui soit pas possible d'intervenir. Quel honneur s'il s'était engagé envers et contre tous. Malheureusement il y a tellement de tenants et d'aboutissements dans cette participation à aider le peuple Libyen que personne n'a osé porter l'estoquade au dictateur sanguinaire et à son fils.

«La première chose que l'on demande à ce clown, c'est de rendre l'argent au peuple libyen», lance Seïf al-Islam. Seïf al-Islam affirme que Tripoli a financé la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 et se dit prêt à dévoiler des preuves «prochainement». L'Élysée dément ces allégations.

Je n'en voudrait pas à Nicolas Sarkozy, si l'affaire était vraie. Prendre de l'argent pour sa campagne présidentielle à quelqu'un qui vole allègrement son pays, on ne peut appeler ça du vol. Traiter un président de clown alors qu'on est un monstre, assoiffé de pouvoir et croulant sous les milliards de dollars volé à son propre peuple c'est un peu fort comme donneur de leçons. Les libyens sont des rats pour lui, ces deux là le père et le fils, sont-ils des être humains ?   

Bichau